Arbres par région
Les arbres de Belgique, indigènes et plantés
Ce que mesure l'inventaire forestier wallon, quelles essences sont vraiment indigènes, lesquelles ont été introduites, et comment les reconnaître en Ardenne, en Famenne ou en Basse-Belgique.

En bref
Les arbres de Belgique les plus présents en forêt wallonne sont l'épicéa, les chênes pédonculé et sessile et le hêtre. Selon l'inventaire forestier wallon (IPRFW, mesures 2008-2023), les pessières couvrent environ 115 000 ha, les chênaies 79 000 ha et les hêtraies 44 000 ha. Mais l'épicéa n'est pas indigène : il a été introduit, et le genévrier est le seul conifère réellement indigène du pays.
- Les pessières (épicéa) restent le premier type de peuplement wallon, mais elles ont perdu environ 38 000 ha entre 2001 et 2016.
- Les feuillus occupent 56 % des zones forestières productives wallonnes en 2019, contre 50 % en 1982.
- Le genévrier commun est le seul conifère réellement indigène de Belgique ; épicéa, mélèze, douglas et pin sylvestre ont été introduits ou réintroduits.
La Belgique n'a pas un seul inventaire forestier mais un par région. Cette page s'appuie sur celui de la Wallonie, l'Inventaire permanent des ressources forestières de Wallonie (IPRFW), qui mesure environ 11 000 points en zone forestière, et sur le guide de terrain de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. Elle répond à deux questions qui reviennent souvent : quels arbres poussent le plus dans les forêts belges, et lesquels sont vraiment indigènes. Pour chacun, un indice permet de le reconnaître sur le terrain.
Une règle d'abord, valable pour toute la page : ne mangez jamais une baie, une noix, une graine ou une gousse sur la foi d'une page web ou d'une application ; vérifiez auprès d'un connaisseur local.
Les peuplements des forêts wallonnes
Le tableau classe les types de peuplement par surface, d'après la présentation de Jérôme Perin (ULiège) et André Thibaut (IPRFW, SPW) sur l'évolution récente des forêts wallonnes (2025). L'année de référence 2016 résume les mesures de 2008 à 2023, sans les peuplements linéaires. Un peuplement porte le nom d'une essence quand elle y domine nettement : selon les définitions de l'inventaire, l'épicéa doit faire au moins 80 % de la surface terrière d'une pessière, les chênes ou le hêtre plus des deux tiers d'une chênaie ou d'une hêtraie.
| Rang | Type de peuplement | Surface en 2016 (ha) | Surface en 2001 (ha) | Indice pour reconnaître l'essence |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Pessière (épicéa) | 114 933 | 152 750 | Aiguilles piquantes, cônes pendants, sous-bois nu |
| 2 | Chênaie (chênes indigènes) | 79 133 | 84 350 | Feuilles lobées, glands ; feuilles sèches en hiver sur les jeunes chênes |
| 3 | Feuillus nobles en mélange | 67 667 | 59 750 | Frêne, érable sycomore, merisier, orme mêlés au chêne et au hêtre |
| 4 | Autres peuplements feuillus | 66 133 | 55 050 | Dont 13 333 ha de boulaies (bouleaux à écorce blanche) |
| 5 | Hêtraie | 43 800 | 43 150 | Écorce lisse gris cendré, bourgeons longs et pointus |
| 6 | Autres peuplements résineux | 36 733 | 25 750 | Mélanges de résineux |
| 7 | Douglasière | 23 467 | 13 750 | Aiguilles souples à odeur balsamique, cônes pendants de 6 à 10 cm |
| 8 | Pineraie | 7 867 | 12 100 | Aiguilles par deux ; 6 867 ha de pin sylvestre |
| 9 | Mélèzière | 7 800 | 7 500 | Aiguilles en bouquets, tombées en hiver |
| 10 | Peupleraie | 6 533 | 8 650 | Alignements de grands peupliers en fond de vallée |
Au total, l'inventaire classe 454 067 ha. La pessière reste en tête avec environ un quart de cette surface, mais elle a perdu près de 38 000 ha en quinze ans, tandis que la douglasière a presque doublé et que les mélanges de feuillus progressent. Sur l'ensemble des zones forestières productives, les feuillus sont passés de 50 % de la surface en 1982 à 56 % en 2019 (264 400 ha contre 203 600 ha de résineux).
La fiche indicateur du SPW sur les prélèvements de bois, mise à jour le 2 avril 2026, donne l'autre mesure, le volume. Sur la période 2015-2023, la Wallonie compte près de 117 millions de m³ de bois sur pied. En forêt publique, il est fait à 52 % de feuillus et à 48 % de résineux, dont 34 % d'épicéa ; en forêt privée, à 43 % de feuillus et 57 % de résineux, dont 43 % d'épicéa. Le chêne et le hêtre font 42 % du volume en forêt publique et 25 % en forêt privée.
Les arbres indigènes et les arbres introduits
Plusieurs des arbres les plus visibles des forêts belges n'y poussaient pas à l'origine. Le guide Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France de Louis Debot (IRSNB, 7e édition 2003) fait le tri.
- Épicéa : introduit. Il n'est pas spontané en Belgique ; introduit il y a quelques siècles, il n'a été planté largement qu'après 1850.
- Mélèze : introduit vers le XVIIIe siècle, beaucoup planté en Basse et Moyenne-Belgique.
- Pin sylvestre : réintroduit. Il formait jadis de grandes forêts en Basse-Belgique, a presque disparu à l'époque romaine et n'a été réintroduit qu'au XVIe siècle.
- Douglas : introduit d'Amérique du Nord. Il convient particulièrement à l'Ardenne, où il remplace l'épicéa.
- Sapin pectiné : planté surtout comme arbre de parc ; c'est une essence de montagne, peu utilisée en boisement en Belgique.
- Châtaignier : non spontané. On le voit surtout isolé près des maisons.
- Chêne rouge d'Amérique : introduit, il ne supporte pas les terrains calcaires.
Côté conifères, Debot est net : le genévrier commun est le seul conifère réellement indigène, rare, dans les landes sèches de Basse-Belgique comme dans les tourbières de Haute Ardenne. Ses aiguilles sont groupées par trois, courtes et très piquantes. L'if, d'origine montagnarde, ne se rencontre que très rarement à l'état spontané.
Les feuillus indigènes forment l'essentiel du reste. Le catalogue 2023 du Centre Nature Botrange, qui propose des plants indigènes pour les haies, cite comme arbres de haut jet le charme, le chêne pédonculé, l'érable champêtre, le hêtre, le merisier, le pommier sauvage et le sorbier des oiseleurs. Il rappelle qu'un chêne pédonculé accueille environ 450 espèces d'insectes, contre 13 pour le chêne rouge d'Amérique, et déconseille l'érable champêtre en Ardenne et le merisier en moyenne et Haute Ardenne.
Les chênes, le hêtre et le charme
Les deux chênes indigènes ne se partagent pas le pays de la même façon. Selon Debot, le chêne pédonculé est le plus répandu en Basse-Belgique et exige un bon sol, tandis que le chêne sessile se mêle au pédonculé en Moyenne-Belgique, en Famenne et en Fagne et accepte des terrains plus pauvres. Le piège classique tient aux noms : le pédonculé porte ses glands au bout d'un long pédoncule mais a des feuilles presque sans pétiole ; le sessile a des glands collés au rameau mais des feuilles nettement pétiolées. La page chêne montre ce test en images.
Le hêtre se reconnaît de loin à son tronc droit et cylindrique, couvert d'une écorce lisse gris cendré, et de près à ses bourgeons longs, fusiformes et très pointus, qui s'écartent du rameau. Ses feuilles sont ovales, entières, au bord légèrement ondulé. Il est décrit en détail sur la page reconnaître un hêtre.
Le charme est l'arbre des taillis : il forme la base de la plupart des taillis belges et se voit plus souvent en cépée qu'en grand arbre. Il ne dépasse guère 20 m. Son tronc n'est jamais parfaitement cylindrique, souvent cannelé, et ses feuilles doublement dentées sont gaufrées le long des nervures. C'est le meilleur moyen de ne pas le confondre avec le hêtre, dont la feuille est lisse et entière.
Les résineux plantés de l'Ardenne
En Ardenne, le paysage est souvent fait de plantations de résineux, et trois essences se ressemblent de loin. Pour les séparer, prenez un rameau en main.
- Épicéa. Aiguilles isolées, piquantes ; cônes pendants. La pessière est si sombre qu'aucun sous-bois n'y subsiste, note Debot : sol nu, couvert d'aiguilles et de cônes.
- Douglas. Aiguilles isolées, plates et molles, d'un vert plus clair que celles du sapin, au sommet non échancré, avec une odeur balsamique quand on les froisse ; cônes pendants de 6 à 10 cm.
- Mélèze. Le seul des trois qui perd ses aiguilles chaque année ; tronc à écorce brun-rouge creusée de profonds sillons.
Le douglas est celui qui progresse : la surface des douglasières wallonnes est passée de 13 750 à 23 467 ha entre 2001 et 2016. La fiche douglas détaille ses cônes, et la page sapin ou épicéa le test des aiguilles.
Reconnaître un arbre en Belgique
La méthode générale se trouve dans le guide pour reconnaître un arbre. En Belgique, la région donne un premier indice : en Ardenne, pensez d'abord aux plantations d'épicéas et de douglas ; en Famenne et en Fagne, au chêne sessile mêlé au pédonculé ; en Basse-Belgique, au chêne pédonculé. En hiver, un jeune chêne de taillis garde souvent ses feuilles sèches, un détail que Debot recommande d'observer.
Si une feuille est hors de portée, une photo peut aider. Tree Identifier, une application iPhone, propose un nom commun et un nom scientifique à partir d'une seule photo de la feuille, de l'écorce, d'un cône ou de l'arbre entier. Elle ne montre ni score de confiance ni liste d'espèces voisines : confirmez le nom avec l'indice du tableau. Le chêne pédonculé, le hêtre, le charme, l'épicéa, le douglas, le mélèze d'Europe et le sorbier des oiseleurs figurent dans la collection de Tree Identifier.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les chiffres viennent de l'inventaire wallon : ils ne décrivent ni la Flandre ni Bruxelles, qui ont leurs propres données, ni les parcs, haies et jardins.
- Une photo donne l'espèce, pas son statut : elle ne dit pas si un pin ou un mélèze a été planté ou s'il s'est semé seul.
- L'inventaire classe des peuplements, pas des arbres isolés : un hêtre dans une chênaie compte dans la chênaie.
Questions fréquentes
Quel est l'arbre le plus répandu en Belgique ?
En forêt wallonne, l'épicéa : les pessières couvrent environ 115 000 ha selon l'IPRFW (mesures 2008-2023), et l'épicéa fait 34 % du volume de bois en forêt publique et 43 % en forêt privée. Parmi les feuillus, ce sont les chênes et le hêtre.
Quels sont les arbres indigènes de Belgique ?
Le Centre Nature Botrange cite comme arbres indigènes de haut jet le chêne pédonculé, le hêtre, le charme, l'érable champêtre, le merisier, le pommier sauvage et le sorbier des oiseleurs ; le chêne sessile est aussi indigène. Côté conifères, seul le genévrier commun est réellement indigène, et l'if n'est que très rarement spontané.
L'épicéa est-il un arbre indigène en Belgique ?
Non. D'après le guide de l'Institut royal des Sciences naturelles, l'épicéa n'est pas spontané en Belgique : il a été introduit il y a quelques siècles et son usage en boisement ne s'est généralisé qu'après 1850.
Le châtaignier pousse-t-il naturellement en Belgique ?
Non. Selon Louis Debot, il n'est pas spontané en Belgique. On le voit surtout isolé près des habitations ; en forêt, il est rare et prend plus souvent la forme de cépées de taillis que d'un grand arbre.
Sources
- État des lieux des évolutions récentes de la composition et de la structure des forêts wallonnes (J. Perin, ULiège, et A. Thibaut, IPRFW, SPW ARNE) — ULiège, Gembloux Agro-Bio Tech et Service public de Wallonie (dépôt ORBi, 2025)
- Prélèvements de bois (fiche indicateur RESS 5, mise à jour du 2 avril 2026) — État de l'environnement wallon, SPW
- Composition du peuplement (définitions de l'inventaire forestier wallon) — SPW, environnement.wallonie.be
- Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France (Louis Debot, 7e édition 2003) — Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
- Achat groupé de plants de haie, catalogue 2023 — Centre Nature Botrange
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