Fiche arbre
Reconnaître un chêne : les chênes de France et la clé pédonculé ou sessile
Un chêne se reconnaît à ses glands. Le plus difficile est de dire lequel : la longueur du pédoncule du gland et celle du pétiole de la feuille tranchent presque toujours.

En bref
Pour reconnaître un chêne en France, cherchez d'abord le gland dans sa cupule, puis regardez les queues. Chêne pédonculé : gland porté par un long pédoncule, feuille presque sans pétiole (4 à 8 mm) avec deux oreillettes à la base. Chêne sessile : gland collé au rameau, feuille au pétiole long (13 à 17 mm) et à base en coin. Les chênes vert et liège gardent leurs feuilles l'hiver.
- Les deux queues sont inversées : le pédonculé a le gland à longue queue et la feuille sans queue, le sessile l'inverse.
- De décembre à juillet il n'y a plus de glands : la feuille (pétiole, oreillettes, nervures) prend le relais.
- Un chêne aux lobes terminés en pointe est un chêne rouge d'Amérique, planté, pas un chêne indigène.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Quercus robur et Quercus petraea
- Famille
- Fagacées (famille du hêtre et du châtaignier)
- Type
- Feuillu, caduc
- Fruit
- Le gland, assis dans une cupule. Aucun autre arbre de France n'en porte : un gland suffit à dire « chêne ».
- Feuilles
- Alternes, lobées chez les chênes à feuilles caduques ; le chêne pédonculé compte 8 à 12 lobes arrondis selon l'ONF.
- Pédonculé
- Gland au bout d'un long pédoncule ; feuille au pétiole court (4 à 8 mm, moins d'1 cm) et à deux oreillettes à la base.
- Sessile
- Gland fixé directement sur le rameau, en amas ; feuille au pétiole long (13 à 17 mm, 1 à 2 cm selon les fiches) et à base en coin.
- Nervures
- Pédonculé : plus de 3 nervures saillantes aboutissent au creux d'un lobe. Sessile : moins de 3.
- Bourgeons
- Pédonculé : bourgeon ovoïde globuleux, arrondi. Sessile : bourgeon ovoïde pointu.
- Écorce
- Pédonculé : larges plaquettes profondes séparées par un sillon plus clair, orangé. Sessile : lanières étroites, plaquettes peu profondes, plus foncées.
- Hauteur
- Jusqu'à 40 m pour le chêne pédonculé selon l'ONF ; le chêne vert reste entre 2 et 15 m.
- Où le voir
- Pédonculé et sessile dans presque toute la France ; pubescent sur sols secs et calcaires ; vert et liège dans le Midi ; tauzin dans l'Ouest.
Un gland suffit à dire « chêne » : aucun autre arbre de France n'en porte. La vraie question est de savoir lequel. L'ONF compte en France une huitaine d'espèces de chênes, et les deux plus répandues, le chêne pédonculé et le chêne sessile, se ressemblent au point d'avoir été longtemps confondues. Voici la clé qui les sépare, puis les cinq autres chênes que vous croiserez.
La clé pédonculé ou sessile : deux queues inversées
Retenez une seule chose : les queues sont inversées. Le chêne pédonculé porte ses glands sur une longue queue et ses feuilles presque sans queue ; le chêne sessile fait l'inverse. Le mot « sessile » vient du latin et veut dire assis : le gland est assis sur le rameau.
1. Le gland, si vous en trouvez. Selon la fiche Distinguer les chênes sessile et pédonculé du CNPF, c'est le critère le plus sûr sur le terrain.
- Chêne pédonculé : le gland et sa cupule pendent au bout d'un long pédoncule. Le gland est allongé, presque cylindrique. Quand plusieurs glands partagent un pédoncule, ils sont nettement séparés.
- Chêne sessile : glands et cupules sont fixés directement sur le rameau, groupés en amas. Le gland a la forme d'un œuf, plus large à la base.
2. La feuille, le reste de l'année. De décembre à juillet, les glands ont disparu ou ne sont pas encore visibles. Le CNPF propose alors trois points à observer sur la feuille :
| Critère | Chêne pédonculé (Quercus robur) | Chêne sessile (Quercus petraea) |
|---|---|---|
| Pétiole | 4 à 8 mm (CNPF Pays de la Loire), moins d'1 cm (CNPF Île-de-France) | 13 à 17 mm (CNPF Pays de la Loire), 1 à 2 cm (CNPF Île-de-France) |
| Base du limbe | Deux oreillettes | En coin, souvent sans oreillettes |
| Nervures au creux des lobes | Plus de 3 nervures saillantes | Moins de 3 |
| Disposition | Feuilles groupées en bouquets, imbriquées | Feuilles bien réparties, faciles à séparer |
| Limbe | Souvent ondulé, plus large au tiers supérieur | Plan ou peu ondulé, plus large au milieu |
| Bourgeon | Ovoïde, globuleux | Ovoïde, pointu |
Les deux fiches du CNPF ne donnent pas exactement les mêmes longueurs de pétiole ; elles s'accordent sur l'essentiel : moins d'un centimètre pour le pédonculé, plus d'un centimètre pour le sessile. Prenez une dizaine de feuilles du même arbre, pas une seule : le CNPF prévient que les feuilles atypiques sont fréquentes dans les peuplements mélangés.
3. Les indices de confirmation. La fiche du CNPF Île-de-France Centre-Val de Loire ajoute des indices plus subjectifs. Le pédonculé a un houppier irrégulier aux branches tortueuses et une écorce en larges plaquettes profondes séparées par un sillon orangé ; le sessile a un houppier régulier et une écorce en lanières étroites, plus foncée. Au sol, les feuilles de l'année du pédonculé gardent un aspect ondulé, celles du sessile se posent bien à plat. Pris seuls, rappelle le CNPF, ces critères ne sont pas toujours fiables : le gland et la feuille restent les juges.
Si les feuilles sont hors de portée, une photo du rameau ou d'un gland tombé suffit pour que Tree Identifier vous donne un nom. L'application n'affiche ni score de confiance ni liste de sosies : vérifiez sa réponse avec les deux queues avant de la retenir.
Les chênes de France en un tableau
L'ONF, dans sa revue RDV techniques, compte principalement 8 espèces de chênes en France ; les quatre chênes blancs à feuilles caduques (pédonculé, sessile, pubescent, tauzin) s'hybrident facilement. Voici les sept que vous rencontrerez le plus, avec le chêne rouge d'Amérique planté en forêt.
| Chêne | Feuillage | Signe qui le trahit | Où |
|---|---|---|---|
| Pédonculé | Caduc | Gland à longue queue, feuille à oreillettes | Partout sauf le Sud-Est |
| Sessile | Caduc | Gland collé au rameau, feuille à long pétiole | Large bande Nord-Est, Centre-Est, Nord-Ouest |
| Pubescent | Caduc | Dessous des feuilles poilu, glands agglomérés | Presque partout sauf le quart nord-est ; sols secs et calcaires |
| Tauzin | Caduc | Jeunes pousses blanc argenté, feuilles veloutées dessous | Landes siliceuses de l'Ouest |
| Vert (yeuse) | Persistant | Feuilles coriaces, grises feutrées dessous | Midi, Ouest jusqu'en Bretagne, Corse |
| Liège | Persistant | Écorce spongieuse très épaisse | Pyrénées-Orientales, Var, Alpes-Maritimes, Corse |
| Rouge d'Amérique | Caduc | Lobes terminés en pointe, gland en 2 ans | Planté, notamment en Sologne et en pays d'Yvelines |
Les aires de répartition viennent de l'ONF pour les chênes blancs, du CNPF pour le chêne rouge et de la Flore de Coste, publiée sur Tela Botanica, pour les chênes vert, liège et tauzin. Coste décrit le chêne vert comme un arbre ou arbrisseau de 2 à 15 m, aux feuilles persistant 2 ou 3 ans, et le chêne-liège comme un arbre de 5 à 15 m à l'écorce « spongieuse-subéreuse, très épaisse ».
Le chêne pédonculé et le chêne sessile sur le terrain
Les deux ne poussent pas sur les mêmes sols, ce qui aide quand les feuilles sont ambiguës. Selon le CNPF, le pédonculé est une essence de pleine lumière qui exige un sol riche, profond et bien alimenté en eau toute l'année ; il craint les fortes sécheresses estivales et se trouve le plus souvent en fond de vallon et en bas de versant. Le sessile est plus frugal : il s'accommode de sols plus acides et plus secs, supporte la concurrence et se développe sur les plateaux et les pentes faibles.
L'ONF décrit le pédonculé jusqu'à 40 m de haut, avec des feuilles découpées en 8 à 12 lobes arrondis, et le dit absent des Alpes du Sud et du pourtour méditerranéen. Son test de terrain est le même que celui du CNPF : prenez deux glands et comparez leurs queues.
Le chêne rouge d'Amérique et le chêne pubescent
Le chêne rouge d'Amérique est le seul chêne de forêt française dont les lobes se terminent en pointe. La fiche du CNPF le décrit avec des glands mûrissant en 2 ans, une écorce gris sombre et lisse, de grandes feuilles et un gland assez gros à cupule plate « en béret basque ». Introduit en Europe dès la fin du XVIIe siècle comme arbre de parc, il rougit à l'automne, d'où son nom.
Le chêne pubescent se reconnaît au toucher. Le CNPF le décrit avec des feuilles glabres dessus et pubescentes dessous, des glands agglomérés à queue courte et une cupule grise à écailles pubescentes, et une écorce noirâtre, profondément fissurée. Il supporte bien les sols calcaires et superficiels, et le CNPF note qu'il progresse naturellement en Île-de-France et en Centre-Val de Loire, accompagnant le réchauffement climatique.
Ce qu'il faut retenir avant de nommer un chêne
- Un gland : c'est un chêne. Des feuilles en hiver : chêne vert ou chêne-liège.
- Des lobes pointus : chêne rouge d'Amérique.
- Des poils sous la feuille et sur les rameaux : pensez au chêne pubescent.
- Sinon, comparez la queue du gland et la queue de la feuille sur plusieurs rameaux.
Pour la méthode générale, celle qui marche sur n'importe quel arbre, lisez reconnaître un arbre. En hiver, les bourgeons prennent le relais : le guide reconnaître les arbres en hiver détaille ceux des feuillus courants. Le calculateur d'âge d'un arbre estime l'âge à partir de la circonférence mesurée à 1,30 m ; il couvre le chêne rouge d'Amérique, pas encore les chênes pédonculé et sessile, pour lesquels aucun facteur de croissance publié n'a été trouvé. Si vous voulez retrouver un chêne remarquable pour revenir voir ses glands, Tree Identifier place chaque identification localisée sur une carte de vos découvertes.
Espèces proches et comment les distinguer
Chêne pubescent (Quercus pubescens)
Retournez la feuille : le dessous du chêne pubescent est pubescent, c'est-à-dire couvert de poils fins, alors que le dessus est glabre. Ses glands sont agglomérés sur une queue courte, dans une cupule grise aux écailles poilues.
Chêne rouge d'Amérique (Quercus rubra)
Touchez la pointe des lobes : chez le chêne rouge, chaque lobe se termine en pointe ; ceux des chênes indigènes sont arrondis. Son gland a une cupule plate « en béret basque » et mûrit en 2 ans.
Chêne vert (Quercus ilex)
En plein hiver, il est encore vert : ses feuilles coriaces, vert sombre dessus et grises ou blanches feutrées dessous, persistent 2 ou 3 ans. Elles sont souvent dentées-épineuses, mais entières sur les vieilles branches.
Chêne-liège (Quercus suber)
Enfoncez l'ongle dans l'écorce : celle du chêne-liège est spongieuse, très épaisse et crevassée. Ses feuilles persistent aussi, mais l'écorce suffit à le séparer du chêne vert.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les chênes pédonculé, sessile et pubescent s'hybrident : le CNPF prévient que les cas atypiques ne sont pas rares dans les peuplements mélangés. Une photo d'une seule feuille ne tranche pas ; il faut une dizaine de feuilles du même arbre.
- Le critère le plus sûr, le pédoncule du gland, n'est disponible qu'une partie de l'année : de décembre à juillet, les glands ont disparu ou ne sont pas encore visibles, et certaines années les chênes ne fructifient pas.
- Une photo écrase les mesures : la longueur du pétiole (4 à 8 mm contre 13 à 17 mm) se lit mieux avec une règle qu'à l'écran.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un chêne sessile ?
À son gland fixé directement sur le rameau, sans queue, souvent en amas. Sans glands, regardez la feuille : pétiole long (13 à 17 mm selon le CNPF), base en coin sans oreillettes, moins de 3 nervures dans le creux des lobes, feuilles bien séparées sur le rameau.
Comment reconnaître un chêne en hiver ?
Cherchez des restes de cupules et de pédoncules au pied de l'arbre, puis regardez les bourgeons : arrondis chez le pédonculé, pointus chez le sessile. Les chênes vert et liège restent feuillés tout l'hiver.
Chêne sessile ou pubescent : comment les distinguer ?
Retournez une feuille : celle du chêne pubescent est nettement poilue dessous. Ses glands sont agglomérés, à queue courte, dans une cupule grise aux écailles poilues ; ceux du sessile sont groupés sans queue. Les chênes blancs s'hybrident facilement : des arbres intermédiaires existent.
Comment reconnaître un chêne rouge ?
Ses lobes se terminent en pointe, ses grandes feuilles rougissent en automne et son gland, gros, a une cupule plate en béret basque ; il mûrit en 2 ans. Son écorce reste gris sombre et lisse longtemps. C'est un arbre américain, introduit en Europe dès la fin du XVIIe siècle.
Quel âge a mon chêne ?
Seul le comptage des cernes donne un âge exact. Notre calculateur d'âge propose un facteur publié pour le chêne rouge d'Amérique, mais aucun pour les chênes pédonculé et sessile, faute de source fiable : pour eux, il faut saisir un facteur tiré d'une table que vous jugez sûre.
Sources
- Distinguer les chênes sessile et pédonculé — CNPF, délégation Bretagne Pays de la Loire
- Chêne pédonculé ? Chêne sessile ? Chêne pubescent ? (Fiche Essence 1) — CNPF Île-de-France Centre-Val de Loire
- Le chêne rouge d'Amérique (Fiche Essence 7) — CNPF Île-de-France Centre-Val de Loire
- Le Chêne pédonculé — Office national des forêts
- Conserver les ressources génétiques du chêne sessile en France : pourquoi, comment ? (RDV techniques n° 23-24) — Office national des forêts
- Quercus ilex L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
- Quercus suber L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
- Quercus pyrenaica Willd. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica