Guide de saison

Reconnaître les arbres en hiver

Bourgeons opposés ou alternes, forme et couleur, cicatrices foliaires, écorce, fruits et feuilles sèches restés sur l'arbre, puis quatorze arbres de France reconnus sans leurs feuilles.

Illustration de rameaux d'hiver : gros bourgeon de marronnier et cicatrices en fer à cheval, bourgeons d'érable, bourgeons groupés du chêne et bourgeons fusiformes du hêtre
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour reconnaître les arbres en hiver, lisez les rameaux. Regardez d'abord si les bourgeons sont opposés ou alternes, puis leur forme, leur couleur et leurs écailles : noirs et veloutés chez le frêne, longs et fusiformes chez le hêtre, gros et collants chez le marronnier, groupés au bout du rameau chez le chêne. Complétez avec les cicatrices foliaires, l'écorce, les fruits et les feuilles sèches.

  • Les bourgeons gardent la disposition des feuilles : opposés chez les érables, le frêne et le marronnier, alternes chez presque tous les autres.
  • Le frêne commun a des bourgeons d'un noir velouté : la Ville de Paris les présente comme les seuls bourgeons noirs de ce type en France.
  • Des feuilles sèches accrochées tout l'hiver aux branches basses signalent souvent un chêne ou un charme : on les dit marcescentes.

En hiver, un arbre n'a pas perdu ses indices : il les a déplacés. Les bourgeons occupent la place des feuilles, dans la même disposition ; chaque feuille tombée a laissé une cicatrice ; l'écorce, les fruits et quelques feuilles sèches complètent le tableau. Ce guide donne l'ordre d'observation, puis quatorze arbres de France reconnus sans leurs feuilles.

Bourgeon par bourgeon : 14 arbres de France

Les descriptions viennent de la clé d'hiver de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB), qui couvre le nord de la France, de la page de la Ville de Paris sur les bourgeons et de la flore de Coste publiée par Tela Botanica.

Bourgeons opposés

  • Frêne commun. Bourgeons d'un noir velouté, posés sur des coussinets saillants ; le terminal est gros et pyramidal. Rameaux gros, lisses, vert grisâtre. La Ville de Paris présente ces bourgeons « noir charbon » comme les seuls de ce type en France, et Coste fait du « gros bourgeon d'un noir velouté » le premier caractère de l'espèce (Tela Botanica). Voir la page frêne.
  • Marronnier d'Inde. Très gros bourgeons brun acajou, pointus et très visqueux, sur des rameaux brun clair « café au lait ». Sous chacun, une énorme cicatrice foliaire en croissant porte 5 à 7 points et ressemble à un fer à cheval (IRSNB).
  • Érables. Bourgeons ovoïdes et pointus, à 4 à 8 paires d'écailles, au-dessus de cicatrices en croissant ou en V. Ceux du sycomore sont ronds et verts, avec quelques écailles sombres et pointues (Ville de Paris) ; ceux de l'érable champêtre sont plus petits et plus clairs (IRSNB).

Bourgeons alternes, sur un seul plan

  • Hêtre. Le bourgeon le plus facile : long de plus de 1 cm, mince, fusiforme, très pointu, couvert de nombreuses écailles brun-rouge luisantes, nettement écarté du rameau. Sur les rameaux courts, les cicatrices laissées par les écailles forment des anneaux serrés (IRSNB, Ville de Paris).
  • Charme. Bourgeons de moins de 1 cm, bruns, minces, un peu arqués et plaqués contre le rameau ; leur pointe cède sous la pression du doigt (IRSNB). Plus petits que ceux du hêtre, selon la Ville de Paris. La page charme ou hêtre détaille la comparaison.
  • Châtaignier. Bourgeons courts, brun-rouge à brun mat, peu écailleux, un peu décalés sur le côté de la cicatrice en croissant ; rameaux droits à écorce verte et petites lenticelles (IRSNB).
  • Tilleul. Bourgeons ovoïdes, globuleux, rougeâtres, écartés du rameau, avec deux écailles apparentes inégales qui les rendent « bossus » (IRSNB). Coste sépare les deux tilleuls indigènes : bourgeons glabres à 2 écailles chez le tilleul à petites feuilles (Tela Botanica), velus à 3 écailles chez le tilleul à grandes feuilles (Tela Botanica).

Bourgeons alternes, en spirale

  • Chênes. Plusieurs bourgeons à écailles nombreuses, groupés au bout du rameau autour du bourgeon terminal, chacun au-dessus d'une cicatrice en demi-lune ; rameaux courts, tordus et noueux (IRSNB). Chez le chêne pédonculé, la Ville de Paris décrit des bourgeons brunâtres aux écailles à bout duveteux et argenté. Voir la page chêne.
  • Bouleau. Bourgeons petits et pointus sur des rameaux fins, souples et retombants ; ceux du bouleau verruqueux sont allongés, brun-rouge, sur des rameaux rugueux. L'écorce blanche du tronc suffit souvent.
  • Platane. Bourgeons rougeâtres, coniques, à pointe souvent courbée, enveloppés d'une seule écaille côtelée ; rameaux qui changent de direction à chaque bourgeon ; boules de fruits suspendues tout l'hiver ; écorce en plaques (IRSNB).
  • Aulne glutineux. Bourgeons gros, obtus, violacés, couverts d'une fine poussière bleutée, portés sur un petit pédoncule et légèrement visqueux. Les petits cônes brun-noir restent sur l'arbre défeuillé (IRSNB).
  • Saules. Bourgeons petits, coniques, plaqués contre le rameau, enveloppés d'une seule écaille comme d'un capuchon ; rameaux droits et très flexibles, jaunes ou orangés (IRSNB). Tela Botanica rappelle que l'écaille unique est un caractère des salicacées.
  • Peupliers. Bourgeons visqueux : glabres et très visqueux chez le peuplier noir, selon Coste (Tela Botanica), avec une cicatrice en triangle à 3 points ; pointus, bien coniques et non piquants chez le tremble (IRSNB).
  • Merisier. Bourgeons pointus et piquants, qui résistent à la poussée du doigt ; écorce satinée, grise ou rougeâtre, qui se détache en minces anneaux (IRSNB).

Étape 1 : opposés ou alternes

Comme les feuilles, les bourgeons sont opposés (deux par nœud, face à face) ou alternes (un seul par nœud). L'IRSNB divise encore les alternes en deux : distiques, quand tous les bourgeons sont dans un même plan, comme chez le hêtre, le charme ou le tilleul ; spiralés, quand ils tournent autour du rameau, comme chez le chêne ou le peuplier.

Examinez plusieurs rameaux. Il arrive qu'un seul bourgeon subsiste au bout d'une tige ; la même clé rappelle que les cicatrices et les coussinets foliaires indiquent alors où se trouveraient les autres.

Étape 2 : forme, couleur, écailles

Décrivez le bourgeon comme un objet : long ou globuleux, pointu ou obtus, noir, vert, rouge ou brun, plaqué contre le rameau ou écarté, collant ou sec. Comptez les écailles visibles : une seule chez les saules et le platane, deux chez le tilleul à petites feuilles et le noyer, beaucoup chez le hêtre et le chêne.

Touchez-le aussi. L'IRSNB utilise ce test pour séparer le charme, dont la pointe cède sous le doigt, du merisier, dont la pointe pique et résiste.

Étape 3 : cicatrices foliaires et rameaux

Sous chaque bourgeon, la feuille tombée a laissé une cicatrice foliaire, marquée de petits points là où passaient les vaisseaux. Sa forme est un indice à part entière : fer à cheval à 5 à 7 points chez le marronnier, demi-lune chez le frêne et le chêne, triangle à 3 points chez le peuplier noir, en cœur à 3 points chez le noyer (IRSNB).

Le rameau lui-même parle. L'IRSNB note que les rameaux de l'orme sont minces et souples, ceux du hêtre minces et rigides, ceux de l'érable robustes et recourbés au bout, ceux du marronnier gros, longs et lisses, ceux du chêne courts, tordus et noueux. Fendez un rameau de noyer en long : sa moelle est cloisonnée, comme une pile de disques.

Étape 4 : feuilles marcescentes, fruits et écorce

Certains arbres gardent leurs feuilles sèches une partie ou la totalité de l'hiver : elles sont dites marcescentes. Selon l'IRSNB, les chênes conservent les leurs très avant dans la saison froide, et les branches basses et les pieds buissonnants les gardent jusqu'à ce que le vent les arrache. Le Parc national de forêts décrit aussi les feuilles du charme comme marcescentes, ce qui se voit bien dans les haies taillées, les charmilles. Une feuille sèche lobée signale un chêne ; une feuille ovale, dentée et plissée, un charme. Dans la clé d'hiver de l'IRSNB, la feuille morte encore attachée aide même à séparer les deux chênes : pétiole court chez le pédonculé, de 2 à 3 cm chez le sessile.

Cherchez ensuite les fruits : boules du platane, petits cônes de l'aulne, samares du frêne, qui ne se dispersent qu'en hiver et au début du printemps (IRSNB), glands, bogues et faînes au pied des arbres. Chez les conifères, Tela Botanica rappelle que « le mélèze se déshabille en hiver » : c'est le seul conifère d'Europe à perdre ses aiguilles, et ses petits cônes restent sur les rameaux.

L'écorce, enfin, est la même en toute saison. Le guide des écorces donne les indices du tronc : blanc du bouleau, plaques du platane, gris lisse du hêtre, cannelures du charme.

En hiver, la photo du rameau plutôt que de la silhouette

Une silhouette d'arbre nu photographiée de loin donne peu d'indices. Pour Tree Identifier, une application iPhone qui identifie un arbre à partir d'une seule photo grâce à un modèle d'IA en ligne, photographiez plutôt le bout d'un rameau avec deux ou trois bourgeons, de près et sur un fond uni, ou une feuille sèche restée sur l'arbre. L'application demande une connexion Internet et n'affiche ni score de confiance ni liste d'espèces voisines : vérifiez son résultat avec les étapes ci-dessus.

Si vous avez autorisé la localisation, la Carte des arbres de Tree Identifier garde l'emplacement de l'arbre : revenez au printemps, quand les feuilles confirment ce que les bourgeons suggéraient.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • En hiver, une photo de rameau doit être nette à quelques centimètres : un bourgeon flou ne permet ni de compter les écailles ni de voir une cicatrice foliaire.
  • Les bourgeons des arbustes de haie (cornouiller, viorne, troène) ressemblent à ceux de jeunes arbres, et une photo isolée peut les confondre.
  • Les feuilles sèches restées sur l'arbre peuvent venir d'une plante grimpante ou d'un arbre voisin : vérifiez qu'elles tiennent bien au rameau observé.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un chêne en hiver ?

Cherchez plusieurs bourgeons groupés au bout du rameau autour du bourgeon terminal, chacun posé sur une petite cicatrice en demi-lune. Les rameaux sont courts, tordus et noueux. Sur les branches basses et les chênes buissonnants, des feuilles sèches lobées restent souvent accrochées tout l'hiver, et des glands traînent au pied.

Comment reconnaître un frêne sans feuilles ?

À ses bourgeons opposés d'un noir velouté, posés sur des rameaux gros, lisses et vert grisâtre. Le bourgeon terminal est gros et pyramidal. Les samares, ailes allongées en grappes, restent souvent sur l'arbre en hiver. L'écorce du tronc est finement gerçurée, à crevasses serrées.

Comment reconnaître un érable en hiver ?

Ses bourgeons sont opposés, ovoïdes et pointus, couverts de 4 à 8 paires d'écailles. Ceux du sycomore sont ronds et verts avec quelques écailles sombres ; ceux de l'érable champêtre sont plus petits et plus clairs. Les rameaux, d'abord retombants, se redressent au bout comme les branches d'un lustre.

Que veut dire marcescent ?

Une feuille marcescente se dessèche sur l'arbre sans tomber et y reste une partie ou la totalité de l'hiver. Le chêne et le charme sont les exemples les plus courants en France, surtout sur les branches basses, les pieds buissonnants et les haies taillées.

Quel arbre a des bourgeons collants ?

Le marronnier d'Inde, dont les très gros bourgeons brun acajou sont très visqueux. Les peupliers noir et tremble ont aussi des bourgeons visqueux, plus petits et pointus, et les bourgeons de l'aulne glutineux sont légèrement collants.

Sources

  1. Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France (Louis Debot, 2003) — Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
  2. Et si on vous apprenait à reconnaître les arbres grâce à leurs bourgeons ? — Ville de Paris
  3. Les beaux arbres du Parc national de forêts : connaître et reconnaître les principales essences forestières — Parc national de forêts
  4. Fraxinus excelsior L. (frêne commun), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
  5. Tilia platyphyllos Scop. (tilleul à grandes feuilles), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
  6. Tilia cordata Mill. (tilleul à petites feuilles), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
  7. Populus nigra L. (peuplier noir), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
  8. Bingo botanique : les arbres communs en France — Tela Botanica (avec le soutien de l'Office français de la biodiversité)

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

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