Fiche arbre

Reconnaître un frêne (Fraxinus excelsior), avec ou sans feuilles

Des feuilles composées opposées et des bourgeons noirs : à eux deux, ces signes suffisent presque toujours, été comme hiver.

Illustration du frêne élevé : feuille composée, rameau d'hiver à bourgeons noirs opposés, grappe de samares et écorce
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour reconnaître un frêne élevé, cherchez deux signes. Les feuilles sont opposées et composées : 20 à 40 cm, une foliole terminale et 5 à 7 paires de folioles dentées. Les bourgeons sont d'un noir velouté, opposés eux aussi, et se voient tout l'hiver. Les fruits sont des samares étroites qui pendent en grappes et restent souvent sur l'arbre jusqu'au printemps.

  • Bourgeons noirs et opposés : en hiver, c'est le signe le plus sûr du frêne élevé.
  • Sorbier et noyer ont des feuilles composées alternes ; l'ailante a des samares torsadées ; le robinier, des rameaux épineux et des gousses.
  • La chalarose, due à un champignon venu d'Asie, a été détectée en France en 2008 et progresse d'environ 60 km par an selon l'INRAE.

Les critères en un coup d'œil

Nom scientifique
Fraxinus excelsior
Famille
Oléacées (famille de l'olivier)
Type
Feuillu, caduc
Feuilles
Opposées, composées (pennées), 20 à 40 cm, glabres et vert sombre : une foliole terminale et 5 à 7 paires de folioles dentées en scie, pointues.
Bourgeons
Gros, d'un noir velouté, opposés. Visibles tout l'hiver au bout de rameaux noueux.
Fleurs
En mars-avril, avant les feuilles : petits paquets sans pétales ni sépales, aux étamines rouge violacé.
Fruits
Samares pendantes, longuement pédonculées, à aile étroite échancrée au bout, en grappes qui restent souvent jusqu'au printemps.
Écorce
Lisse, parfois marbrée chez le jeune arbre ; claire et finement craquelée chez le vieil arbre.
Taille
Grand arbre, jusqu'à 35 m selon Maurice Reille ; l'un des derniers à ouvrir ses feuilles au printemps.
Où le voir
Bois, haies, ravins et bords de cours d'eau, dans toute la France et en Corse, jusqu'à 1 500 m en montagne.

Le frêne élevé, ou frêne commun, est l'un des arbres les plus faciles à reconnaître en toute saison, pourvu de regarder au bon endroit : la disposition des feuilles et la couleur des bourgeons. Ses sosies, sorbier, noyer, ailante et robinier, ont tous des feuilles composées ; leurs feuilles, leurs fruits ou leurs rameaux les trahissent.

Les deux signes qui suffisent

1. Des feuilles opposées et composées. La description de Maurice Reille sur eFlore donne des feuilles opposées, comme celles des érables, grandes (20 à 40 cm), glabres et vert sombre, composées d'une foliole terminale et de 5 à 7 paires de folioles latérales, au bord denté et à l'extrémité pointue. Coste comptait 7 à 13 folioles ovales-lancéolées, dentées en scie. L'ONF précise que chaque paire de feuilles pousse à angle droit avec la précédente.

2. Des bourgeons noirs. Coste parle de « gros bourgeons d'un noir velouté », l'ONF de « gros bourgeons noirs » portés par des rameaux noueux et tortueux. Opposés, comme les feuilles, ils se voient de novembre à avril et suffisent presque toujours à nommer l'arbre.

Avec ces deux signes, vous avez votre réponse. Les autres confirment :

  • Les fleurs, en mars ou avril, longtemps avant les feuilles : des paquets globuleux sans pétales ni sépales, aux étamines rouge violacé (Reille). L'ONF note que le frêne est l'un des derniers arbres à ouvrir ses feuilles.
  • Les samares, longuement pédonculées, à aile étroite échancrée au bout, en longues grappes pendantes qui restent souvent sur l'arbre jusqu'au début du printemps.
  • L'écorce, lisse et parfois marbrée au début, puis claire et finement craquelée sur les vieux arbres, ce qui rappelle selon Reille l'écorce de l'érable plane.

Reconnaître un frêne en hiver, sans feuilles

L'hiver est le meilleur moment pour apprendre le frêne. Sur un rameau nu, cherchez la paire de bourgeons noirs, face à face, et le gros bourgeon terminal noir au bout. Puis levez la tête : les grappes de samares sèches pendent souvent encore.

Un piège : le frêne oxyphylle (Fraxinus angustifolia). Coste le décrivait comme une variante du frêne élevé, à bourgeons bruns, à folioles plus petites, étroites et longuement pointues, aux dents écartées, et moins élevé. Si les bourgeons sont bruns et non noirs, c'est lui qu'il faut envisager.

Le guide reconnaître les arbres en hiver montre les bourgeons des feuillus les plus courants, côte à côte.

Frêne, sorbier, noyer, ailante ou robinier

Quatre arbres courants ont aussi des feuilles composées de folioles. La disposition des feuilles et les fruits les séparent du frêne.

Arbre Feuilles Folioles Fruits Signe de terrain
Frêne élevé Opposées, 20 à 40 cm 5 à 7 paires + 1, dentées Samares en grappes Bourgeons noir velouté
Sorbier des oiseleurs Alternes 7 à 10 paires + 1, dentées Petits fruits rouges Bourgeons velus
Noyer commun Alternes 5 à 9, entières, aromatiques Noix dans un brou vert Écorce lisse, blanchâtre
Ailante 40 à 60 cm 4 à 12 paires, entières, dents glanduleuses près de la base Samares torsadées, graine au milieu Feuille très longue
Robinier faux-acacia Pennées 3 à 10 paires, ovales, entières Gousses de 4 à 10 cm Rameaux épineux

Les données viennent de Reille pour le sorbier, de Coste pour le noyer, et de la Flora Helvetica publiée par Info Flora pour l'ailante et le robinier. L'ailante est le sosie le plus trompeur : Info Flora décrit ses samares « semblables à celles des frênes, mais torsadées ». Comptez les folioles et cherchez les petites dents glanduleuses à la base de chacune ; et regardez si les feuilles partent deux par deux, ce qui signe le frêne.

L'érable negundo, enfin, a des feuilles opposées et composées, mais seulement 3, 5 ou 7 folioles ; la fiche érable le présente.

La chalarose, en contexte

Si vous cherchez un frêne, vous verrez peut-être des arbres aux cimes clairsemées. Selon l'INRAE, la chalarose est due à un champignon venu d'Asie, Hymenoscyphus fraxineus (ou Chalara fraxinea), qui a atteint la France en 2008, en Haute-Saône, et progresse d'environ 60 km par an. Ses signes les plus visibles sont des descentes de cime et des extrémités de branches qui dépérissent. L'INRAE précise que ce n'est pas une maladie qui tue tous les frênes : certains arbres, génétiquement tolérants, montrent peu de symptômes, et les frênes hors forêt (haies, bords de route ou de rivière) sont moins touchés que ceux des forêts, plus humides et plus fraîches.

Dans le Pas-de-Calais et le Nord, la maladie touchait 6 500 hectares de frênaies en 2021 ; l'ONF y abat les arbres malades et prévoit d'y replanter deux millions d'arbres sur 20 ans. Cette page ne donne aucun conseil de traitement : pour un arbre précis, surtout près d'un chemin ou d'une maison, consultez un professionnel.

Où le voir, et comment s'aider d'une photo

Coste le dit présent dans les bois, les haies et les ravins de toute la France et en Corse ; l'ONF le décrit comme une essence pionnière qui colonise tous les espaces, surtout le long des cours d'eau de montagne jusqu'à 1 500 m, et conseille les Hauts-de-France, la Champagne-Ardenne et la Franche-Comté pour le croiser.

Pour une photo utile, cadrez un rameau entier avec ses bourgeons ou une feuille complète, pas une foliole seule : Tree Identifier identifie un arbre à partir d'une seule photo et n'affiche pas de liste de sosies, donc c'est à vous de vérifier ensuite la disposition opposée et la couleur des bourgeons. Les autres feuilles composées et simples sont expliquées dans reconnaître un arbre à ses feuilles.

Espèces proches et comment les distinguer

Frêne oxyphylle (Fraxinus angustifolia)

Regardez la couleur des bourgeons : bruns chez le frêne oxyphylle, noir velouté chez le frêne élevé. Ses folioles sont aussi plus petites, plus étroites et longuement pointues, et l'arbre est moins élevé.

Sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia)

Regardez la disposition : les feuilles du sorbier sont alternes, celles du frêne opposées. Le sorbier porte des bourgeons velus et, en automne, des grappes de petits fruits rouge vif qui restent l'hiver.

Noyer commun (Juglans regia)

Feuilles alternes à 5 à 9 folioles entières, sans dents, aromatiques. Le noyer porte une noix dans un brou vert ; le frêne, des samares ailées.

Ailante (Ailanthus altissima)

Feuilles très longues, 40 à 60 cm, à 4 à 12 paires de folioles entières avec quelques dents glanduleuses espacées près de la base. Ses samares ressemblent à celles du frêne mais sont torsadées, avec la graine au milieu.

Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia)

Touchez les rameaux : ceux du robinier portent des épines. Ses folioles sont ovales, entières, terminées par un petit mucron, et ses fruits sont des gousses de 4 à 10 cm, pas des samares.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Le frêne oxyphylle et des formes intermédiaires rendent les bourgeons et les folioles moins tranchés : Coste décrivait déjà le frêne élevé comme une espèce polymorphe.
  • Une photo ne permet pas de dire si un frêne est malade ni s'il est dangereux : la chalarose se juge sur l'arbre entier, par un professionnel.
  • Sur une photo d'une feuille isolée, on ne voit pas si elle était opposée ou alterne : photographiez un rameau entier avec ses bourgeons.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un frêne sans feuilles ?

Regardez les bourgeons : gros, d'un noir velouté et opposés deux à deux. Cherchez aussi les grappes de samares sèches, qui restent souvent sur l'arbre jusqu'au début du printemps. L'écorce est lisse chez le jeune frêne, claire et finement craquelée chez le vieux.

Comment reconnaître un frêne en hiver ?

Les bourgeons d'un noir velouté, opposés deux à deux, sont le signe le plus sûr. Si les bourgeons sont bruns, pensez au frêne oxyphylle, que Coste décrit à bourgeons bruns. Les samares pendantes encore accrochées confirment.

Comment reconnaître un frêne malade ?

Cette page ne pose pas de diagnostic. Selon l'INRAE, les signes les plus visibles de la chalarose sont des descentes de cime et des extrémités de branches qui dépérissent, avec des nécroses de l'écorce. Pour un arbre précis, surtout près d'un chemin ou d'une maison, faites appel à un professionnel.

Quelle est la différence entre un frêne et un sorbier ?

Les deux ont des feuilles composées de folioles dentées. Le frêne a des feuilles opposées et des bourgeons noirs ; le sorbier des oiseleurs a des feuilles alternes, des bourgeons velus et, en automne, des grappes de petits fruits rouge vif. Le sorbier est aussi bien plus petit.

Sources

  1. Fraxinus excelsior L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
  2. Le Frêne — Office national des forêts
  3. La chalarose du frêne : un champignon invasif sous surveillance — INRAE
  4. Pas-de-Calais et Nord : face à la chalarose du frêne, l'ONF replantera deux millions d'arbres — Office national des forêts
  5. Sorbus aucuparia L. (eFlore, description de Maurice Reille) — Tela Botanica
  6. Juglans regia L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  7. Ailanthus altissima (Mill.) Swingle (description Flora Helvetica) — Info Flora
  8. Robinia pseudoacacia L. (description Flora Helvetica) — Info Flora

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les arbres. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les animaux : demandez à un spécialiste local.