Guide des indices
Quel arbre a des samares ? Lisez l'aile avant la feuille
Comptez les ailes, regardez où se trouve la graine, puis l'angle entre les deux ailes. Ces trois gestes suffisent pour la plupart des arbres à « hélicoptères » de France, de Belgique, de Suisse et du Québec.

En bref
Un arbre à samares doubles, deux graines soudées portant chacune une aile, est toujours un érable : ailes alignées à plat chez l'érable champêtre, en angle obtus chez l'érable plane, en angle aigu chez l'érable de Montpellier. Une samare simple et allongée en grappe pendante signale un frêne ; une samare ronde et plate, graine au centre, un orme ; une samare torsadée, l'ailante.
- Deux ailes soudées : un érable. Une seule aile par graine : frêne, orme, ailante ou ptérocaryer.
- Chez l'érable sycomore, l'angle des ailes varie trop pour conclure : ouvrez la samare, son intérieur est poilu, alors qu'il est glabre chez l'érable plane (Tela Botanica).
- Le « samare rouge » d'un parc est souvent l'ailante, dont les fruits ailés virent à l'orange-rouge, ou un érable rouge planté.
Une samare est un fruit sec muni d'une aile membraneuse qui le fait tourner en tombant : ce sont les « hélicoptères » que les enfants lancent en l'air. La forme de l'aile change d'un genre d'arbre à l'autre, ce qui en fait un indice très fiable, et elle reste visible longtemps, parfois tout l'hiver. Ne mangez jamais une graine, une baie ou une gousse sur la foi d'une page web ou d'une application, et demandez à un expert local. Ce guide sert à nommer l'arbre.
Les arbres à samares en un coup d'œil
| Ce que vous tenez | Arbre probable | Le détail qui tranche |
|---|---|---|
| Deux graines soudées, deux ailes alignées à plat | Érable champêtre (Acer campestre) | Coques peu renflées, lisses ; petites feuilles à lobes arrondis |
| Deux ailes en angle obtus, graines très aplaties | Érable plane (A. platanoides) | Intérieur de la samare glabre ; pétiole à suc laiteux |
| Deux ailes d'angle variable, coques bossues | Érable sycomore (A. pseudoplatanus) | Intérieur de la samare poilu |
| Deux petites ailes rapprochées en angle aigu | Érable de Montpellier (A. monspessulanum) | Coques ventrues et dures ; feuille à 3 lobes |
| Une aile étroite au bout d'une graine, en longues grappes pendantes | Frêne (Fraxinus excelsior) | Bourgeons noir velouté, opposés |
| Une aile ronde et plate, graine au milieu ou près de l'encoche | Orme (Ulmus) | Feuille à base de travers |
| Une aile torsadée, graine au centre, en grosses grappes orange-rouge | Ailante (Ailanthus altissima) | Très longue feuille composée |
| Petite noisette côtelée sur une bractée à trois lobes | Charme (Carpinus betulus) | Tronc cannelé |
Les descriptions des érables, du frêne et de l'orme viennent de la Flore de l'abbé Coste et des fiches de Maurice Reille publiées par Tela Botanica ; celles de l'ailante, du Guide des essences de Paris et de Virginia Tech.
Samares doubles : les érables
Deux graines soudées, chacune avec son aile : c'est la signature du genre Acer. L'ONF rappelle que les enfants se servent des samares de l'érable sycomore comme pince-nez ou comme « hélicoptères ». Pour l'espèce, regardez l'angle entre les ailes, la forme des coques qui renferment les graines, puis l'intérieur du fruit.
Érable champêtre. Coste décrit des samares à coques peu renflées, lisses, à ailes étalées horizontalement, non rétrécies à la base ; Maurice Reille parle de disamares plates à ailes alignées formant un angle plat. C'est l'érable des haies, un petit arbre qui dépasse rarement 10 m selon Reille, et le dernier érable à fleurir, fin mai.
Érable plane. Coques fortement comprimées, planes, ailes étalées presque horizontalement selon Coste. Reille précise que les deux samares forment toujours un angle obtus, que l'aile s'élargit peu à son extrémité et que l'intérieur du fruit est glabre. Arrachez une feuille : un suc laiteux s'écoule du pétiole. L'érable plane fait partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit à mesure que vous identifiez des arbres.
Érable sycomore. Coste décrit des samares glabres à coques convexes, bossues et nervées, aux ailes dressées-étalées et rétrécies à la base. Mais Reille met en garde : chez le sycomore, l'angle des samares varie entre aigu et obtus et n'est pas un bon critère. Ouvrez plutôt une coque : son intérieur est couvert de poils, un caractère qui suffit à séparer le sycomore de l'érable plane. Le comparatif érable plane ou sycomore reprend tous les tests.
Érable de Montpellier. Petites samares à coques très convexes, ailes dressées et convergentes ; pour Reille, les deux ailes forment toujours un angle aigu. Cherchez-le sur les coteaux secs du Midi, avec sa petite feuille à trois lobes entiers.
La fiche érable compare les feuilles de ces quatre espèces et le piège du platane, dont les fruits sont des boules et non des samares.
Une seule aile : frêne, orme, ailante, ptérocaryer
Frêne. Coste décrit des samares pendantes, oblongues, renflées en bas et ailées au sommet. Reille ajoute qu'elles sont longuement pédonculées, à aile étroite échancrée au bout, en longues grappes pendantes qui restent souvent sur l'arbre jusqu'au début du printemps. Les gros bourgeons opposés d'un noir velouté confirment ; la fiche frêne donne ses sosies.
Orme. La samare est une aile plate et arrondie. Chez l'orme champêtre, Reille décrit des samares oblongues à extrémité échancrée, la graine décentrée du côté de l'échancrure, dispersées par le vent en mai. Chez l'orme de montagne, le sommet est peu ou pas échancré, la graine est au centre et l'aile est ridée, comme froissée. Les ormes fleurissent avant les feuilles : au printemps, le sol se couvre de ces petits disques clairs. Voyez la fiche orme.
Ailante. Le Guide des essences de Paris décrit des fruits ailés orange-rouge en grosses grappes après une floraison blanc verdâtre en été. Virginia Tech précise la forme : une samare oblongue et torsadée de 2,5 à 4 cm, la graine au centre, en longues grappes qui mûrissent en fin d'été et se dispersent tout l'hiver. Le guide parisien classe l'ailante comme espèce exotique envahissante dont la plantation est interdite. La fiche ailante montre la glande à la base des folioles qui le distingue du frêne.
Ptérocaryer du Caucase. Ses samares vert-brun pendent en longs rubans de l'été à l'hiver, selon le Guide des essences de Paris, qui le classe lui aussi comme espèce exotique envahissante à ne pas planter.
Ailes en forme de feuille : charme et tilleul
Certains fruits ailés tournent moins bien mais trompent souvent. Le fruit du charme est, selon l'ONF, une mini noisette côtelée avec trois petites ailes, surnommée elle aussi « hélicoptère » ; Coste décrit plus précisément un involucre foliacé à trois lobes inégaux, le lobe du milieu plus long, qui embrasse à demi le fruit. Le tilleul à petites feuilles porte, selon Reille, de petites nucules globuleuses couvertes d'un très fin duvet, 4 à 10 par inflorescence ; la fiche tilleul décrit la bractée qui les emporte, et la fiche charme ou hêtre compare le charme à son sosie.
Au Québec : les clés de Ressources naturelles Canada
Au Québec, on parle volontiers de « clés » d'érable. La clé des érables de Ressources naturelles Canada donne des repères simples : très grandes samares aux ailes formant un angle d'environ 90 degrés pour l'érable argenté, angle d'environ 60 degrés pour l'érable rouge, disamares aux pédoncules plus longs que les ailes pour l'érable à sucre. L'érable à Giguère (negundo) est le seul érable à feuilles composées. En Colombie-Britannique, l'érable à grandes feuilles porte des ailes presque parallèles. Érable à sucre et érable rouge font partie de la Collection de Tree Identifier ; la fiche érable à sucre ou érable rouge les compare.
En hiver et avec une photo
Les samares tiennent longtemps : celles du frêne pendent jusqu'au printemps, celles de l'ailante se dispersent tout l'hiver. Sur un arbre nu, elles nomment le genre avant même les bourgeons ; le guide reconnaître les arbres en hiver prend le relais pour les rameaux.
Pour une photo, posez la samare à plat sur votre paume ou sur le trottoir, et ajoutez si possible une feuille du même arbre, car les samares voyagent loin. Tree Identifier, une application iPhone, propose un nom commun et un nom scientifique à partir d'une seule photo, mais sans score de confiance ni liste d'espèces voisines : vérifiez l'angle des ailes et la position de la graine avec le tableau ci-dessus. Le chat de suivi sous chaque résultat peut répondre à une question précise, par exemple sur la différence entre le sycomore et l'érable plane.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les samares au sol ont pu venir d'un arbre voisin : confirmez avec les feuilles ou les bourgeons de l'arbre au-dessus de vous.
- L'angle entre les ailes varie d'un fruit à l'autre sur le même érable ; chez le sycomore, Tela Botanica le juge trop variable pour servir de critère.
- Une photo de la couronne ne montre ni les poils à l'intérieur d'une samare ni la position de la graine dans une aile d'orme : photographiez un fruit de près, posé à plat.
Questions fréquentes
Quel arbre à samares en 4, 5, 6 ou 7 lettres ?
Pour les mots fléchés, les réponses habituelles sont ORME (4 lettres), FRÊNE (5), ÉRABLE ou CHARME (6) et AILANTE (7). Tous portent des fruits secs munis d'une aile membraneuse, dispersés par le vent.
Quel arbre produit des samares de forme circulaire ?
L'orme. Sa samare est une aile plate et arrondie, échancrée au sommet, avec la graine au milieu ou décalée vers l'échancrure selon l'espèce. Chez l'orme de montagne, l'aile est ridée, comme froissée, d'après Maurice Reille sur Tela Botanica.
Quel arbre a des samares doubles ?
Un érable, sans exception : ses fruits sont des disamares, deux graines soudées portant chacune une aile. En France, ce sont surtout l'érable champêtre, le sycomore, l'érable plane et l'érable de Montpellier ; en ville s'ajoutent l'érable argenté, l'érable rouge et l'érable negundo.
Quel arbre a des samares rouges ?
En ville, souvent l'ailante, dont le Guide des essences de Paris décrit des fruits ailés orange-rouge en grosses grappes, ou un érable rouge planté. Au Québec, l'érable rouge est indigène ; Ressources naturelles Canada donne à ses ailes un angle d'environ 60 degrés.
Les samares d'érable se mangent-elles ?
Cette page ne répond pas à cette question. Ne mangez jamais une graine, une baie ou une gousse sur la foi d'une page web ou d'une application : demandez à un expert local, et à un vétérinaire si un animal en a avalé.
Sources
- Acer campestre L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Acer pseudoplatanus L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Acer platanoides L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Acer monspessulanum L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Fraxinus excelsior L. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Ulmus minor Mill. (eFlore, description de Maurice Reille) — Tela Botanica
- Fiches essences du Guide des essences de Paris — Ville de Paris, Paris Data
- Groupe 8 : Érable (clé des érables) — Ressources naturelles Canada, Arbres, insectes et maladies des forêts du Canada
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