Fiche arbre
Érable à sucre ou érable rouge : comment les distinguer
Regardez le creux entre les lobes, le bord de la feuille et, l'hiver, le bourgeon. Puis cassez un pétiole pour écarter l'érable de Norvège.

En bref
Érable à sucre vs érable rouge : regardez d'abord le creux entre les lobes. L'érable à sucre a des sinus bien ouverts et arrondis, en U, et un bord à quelques grosses dents irrégulières. L'érable rouge a des sinus anguleux et peu profonds, en V, un bord finement denté et un dessous blanchâtre. L'hiver, son bourgeon est rougeâtre ; celui de l'érable à sucre est brun et pointu.
- Sinus en U, peu de dents, dessous vert jaunâtre : érable à sucre. Sinus en V, dents aiguës partout, dessous blanchâtre : érable rouge.
- En hiver, le bourgeon tranche : brun et pointu (6 à 12 mm) chez l'érable à sucre, rougeâtre et petit (3 à 4 mm) chez l'érable rouge.
- Une goutte de sève laiteuse au pétiole cassé : ni l'un ni l'autre, c'est un érable de Norvège.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Acer saccharum et Acer rubrum
- Famille
- Sapindacées (anciennement acéracées)
- Type
- Feuillu, caduc
- Sinus
- Érable à sucre : sinus bien ouverts et arrondis (en U). Érable rouge : sinus larges, anguleux et peu profonds (en V).
- Bord de la feuille
- Érable à sucre : quelques dents irrégulières, bord ondulé. Érable rouge : dents aiguës et irrégulières sur tout le pourtour.
- Lobes et taille
- Érable à sucre : 5 lobes (parfois 3), lobe central presque carré, 8 à 20 cm. Érable rouge : 3 à 5 lobes, 5 à 15 cm.
- Dessous
- Érable à sucre : vert jaunâtre et glabre. Érable rouge : blanchâtre.
- Bourgeon d'hiver
- Érable à sucre : conique étroit, pointe aiguë, brun moyen à foncé, 6 à 12 mm. Érable rouge : lisse, luisant, rougeâtre, 3 à 4 mm, avec des grappes de gros bourgeons à fleurs.
- Écorce
- Érable à sucre : longues crêtes verticales rigides, souvent relevées d'un côté, gris foncé. Érable rouge : crêtes couvertes d'écailles fixées au milieu et libres aux deux bouts, brun grisâtre foncé.
- Samares
- Érable à sucre : ailes de 30 à 35 mm, légèrement divergentes, en grappes pendantes. Érable rouge : ailes de 12 à 25 mm, à environ 60°, mûres au début de l'été.
- Couleur d'automne
- Érable à sucre : jaune à orangé brillant ou rouge vif. Érable rouge : rouge vif.
L'érable à sucre (Acer saccharum) et l'érable rouge (Acer rubrum) poussent côte à côte dans les érablières du sud du Québec, et tous deux colorent les collines à l'automne. Ils se séparent pourtant en trois regards : le creux entre les lobes, le bord de la feuille et, en hiver, le bourgeon. Une quatrième vérification écarte l'érable de Norvège, l'intrus planté en ville.
Érable à sucre ou érable rouge : le tableau des différences
Prenez trois ou quatre feuilles du côté ensoleillé de l'arbre. Chaque ligne vient des fiches de Ressources naturelles Canada (Arbres, insectes et maladies des forêts du Canada) sur l'érable à sucre et l'érable rouge.
| Caractère | Érable à sucre | Érable rouge |
|---|---|---|
| Sinus entre les lobes | Bien ouverts et arrondis (U) | Larges, anguleux, peu profonds (V) |
| Bord | Quelques dents irrégulières, ondulé | Dents aiguës et irrégulières |
| Lobes | 5, parfois 3 ; lobe central presque carré | 3 à 5 ; lobe central à côtés presque parallèles |
| Longueur de la feuille | 8 à 20 cm, plus large que longue | 5 à 15 cm |
| Dessous | Vert jaunâtre, glabre | Blanchâtre |
| Pétiole | 4 à 8 cm | 5 à 10 cm |
| Bourgeon terminal | Conique étroit, pointe aiguë, brun, 6 à 12 mm | Lisse, luisant, rougeâtre, 3 à 4 mm |
| Rameau | Glabre, luisant, brun rougeâtre à vert | Rouge luisant à brun grisâtre |
| Floraison | Fleurs jaune verdâtre sur de longs pédoncules (30 à 70 mm), avant la feuillaison | À la fin de l'hiver, bien avant la feuillaison |
| Samares | Ailes de 30 à 35 mm, légèrement divergentes | Ailes de 12 à 25 mm, à environ 60°, mûres au début de l'été |
| Écorce âgée | Longues crêtes verticales rigides, gris foncé | Crêtes écailleuses, brun grisâtre foncé |
| Automne | Jaune à orangé brillant ou rouge vif | Rouge vif |
| Taille | Jusqu'à 35 m et 90 cm de diamètre, 200 ans | Jusqu'à 25 m et 60 cm de diamètre, 100 ans |
Retenez une image : un U arrondi pour l'érable à sucre, un V pointu pour l'érable rouge. Si le bord de la feuille est denté tout autour et que le dessous est pâle, presque blanc, c'est l'érable rouge.
La feuille : le U, le V et les dents
Tenez la feuille à plat et regardez le creux entre le lobe central et le lobe voisin. Chez l'érable à sucre, Ressources naturelles Canada décrit des sinus « bien ouverts et arrondis » et un lobe central presque carré, aux longues pointes obtuses. Chez l'érable rouge, les sinus sont « larges, anguleux et peu profonds », et les côtés du lobe central sont presque parallèles à la nervure médiane.
Passez ensuite le doigt sur le bord. L'érable à sucre n'a que quelques dents irrégulières, et son bord paraît ondulé entre les pointes des lobes. L'érable rouge est denté partout, de dents aiguës et irrégulières. Le compte des lobes aide moins : l'érable à sucre en a parfois 3, l'érable rouge parfois 5. Fiez-vous d'abord aux sinus et aux dents.
Retournez enfin la feuille. Le dessous de l'érable rouge est blanchâtre, celui de l'érable à sucre vert jaunâtre. Le guide pour reconnaître un arbre à ses feuilles détaille la lecture d'une feuille lobée.
L'hiver : bourgeons, rameaux et écorce
Une fois l'arbre dénudé, les feuilles au sol peuvent venir d'un voisin. Le rameau, lui, ne ment pas. Les deux érables ont des bourgeons opposés, mais pas de la même couleur ni de la même forme.
- Érable à sucre : bourgeon terminal conique et étroit, à pointe aiguë, brun moyen à brun foncé, long de 6 à 12 mm, avec 6 à 8 paires d'écailles à peine pubescentes. Le rameau est glabre et luisant.
- Érable rouge : bourgeon terminal lisse et luisant, rougeâtre, de 3 à 4 mm seulement. La plupart des branches portent de petites pousses chargées de grappes de gros bourgeons à fleurs, et le rameau est rouge luisant.
L'écorce demande plus d'habitude. Jeune, celle de l'érable rouge est lisse et gris pâle ; elle se divise ensuite en crêtes couvertes d'écailles fixées au milieu et libres aux deux extrémités. Celle de l'érable à sucre forme de longues crêtes verticales, rigides et irrégulières, souvent relevées d'un côté. Le guide pour reconnaître les arbres en hiver donne la méthode du rameau pour les autres feuillus.
Si les branches sont trop hautes, une photo d'une feuille tombée ou de l'écorce suffit pour que Tree Identifier vous propose un nom. L'application n'affiche ni score de confiance ni liste d'espèces voisines : vérifiez le sinus et le bourgeon avant de retenir sa réponse.
Encadré : l'érable de Norvège, le sosie à écarter
L'érable de Norvège (Acer platanoides) ressemble à l'érable à sucre, et on le croise souvent en ville. Sa fiche du gouvernement du Québec le classe parmi les espèces exotiques envahissantes à risque élevé : originaire d'Europe, introduit en Amérique du Nord au XVIIIe siècle comme arbre d'ornement, il est signalé à l'état sauvage dans toutes les régions sauf l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec, et abonde à Montréal, en Montérégie, en Estrie et dans la Capitale-Nationale.
Le test se fait en deux secondes : cassez le pétiole d'une feuille. Celui de l'érable de Norvège est rougeâtre et laisse voir une sève laiteuse ; celui de l'érable à sucre n'en a pas. Trois indices confirment :
- Feuille : 5 à 7 lobes principaux pointus, quelques grandes dents, 10 à 18 cm de large, dessous luisant.
- Samares : 4 à 5 cm, aux ailes très écartées, presque horizontales ; celles de l'érable à sucre ne sont pas divergentes.
- Automne : jaune, sans les orangés et les rouges de l'érable à sucre.
Le gouvernement du Québec ajoute qu'il peut dominer les boisés urbains et nuire à l'érable à sucre et à l'acériculture. La fiche reconnaître un érable présente aussi les érables de France, dont l'érable plane, nom européen du même arbre.
Où pousse chacun, et l'érablière
L'érable à sucre demande des sols profonds, fertiles, humides et bien drainés ; il tolère l'ombre pendant de nombreuses années, et Ressources naturelles Canada situe son aire dans les Maritimes et le sud de l'Ontario et du Québec. L'érable rouge est moins exigeant : typique des marécages et des sols humides, il se développe dans une grande variété de sols et de sites, dans les forêts de l'est de l'Amérique du Nord jusqu'en Floride.
Selon le document Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, l'érable à sucre domine les érablières du sud, et la limite de son aire correspond à peu près à la bordure nord du domaine de la sapinière à bouleau jaune. Le même document note que, favorisé par les coupes, l'érable rouge est devenu l'espèce forestière la plus abondante du domaine de l'érablière à caryer cordiforme, à l'extrême sud du Québec.
La différence compte surtout au temps des sucres. L'Office québécois de la langue française rappelle que l'érable rouge pousse souvent avec l'érable à sucre dans les érablières, mais que l'érable à sucre (aussi appelé érable franc, érable sucrier ou érable dur) est l'espèce la plus abondante et la plus recherchée pour l'exploitation. Repérez vos érables pendant que les feuilles sont là : la carte de Tree Identifier garde l'emplacement de chaque arbre identifié, et vous les retrouverez une fois les feuilles tombées. Pour les autres arbres de la province, voyez le guide pour identifier les arbres du Québec.
Espèces proches et comment les distinguer
Érable de Norvège (Acer platanoides)
Cassez un pétiole : celui de l'érable de Norvège est rougeâtre et laisse voir une sève laiteuse. Ses samares, de 4 à 5 cm, ont des ailes presque horizontales, et ses feuilles jaunissent à l'automne.
Érable argenté (Acer saccharinum)
Retournez la feuille : le dessous est blanc argenté et les sinus sont étroits et profonds, découpés jusque vers le centre. Un rameau meurtri dégage une odeur désagréable, et les ailes des samares mesurent 40 à 70 mm.
Érable noir (Acer nigrum)
Proche de l'érable à sucre, mais la feuille paraît flétrie, son dessous est couvert d'un duvet dense et velouté brunâtre et son bord est à peine denté. Il est rare au Québec, limité au sud de la province.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- La forme des sinus varie d'une feuille à l'autre, surtout sur les feuilles d'ombre : comparez plusieurs feuilles de la partie ensoleillée de la couronne avant de conclure.
- Le test de la sève laiteuse demande un pétiole frais que vous cassez vous-même : une photo ne le montre pas.
- Tree Identifier donne un seul nom par photo, sans score de confiance ni liste de sosies : un érable de Norvège photographié de loin demande encore le test du pétiole.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l'érable à sucre et l'érable rouge ?
La feuille : sinus arrondis en U et peu de dents chez l'érable à sucre, sinus anguleux en V et dents aiguës sur tout le bord chez l'érable rouge, dont le dessous est blanchâtre. L'hiver, le bourgeon de l'érable rouge est rougeâtre et petit ; celui de l'érable à sucre, brun et pointu.
Comment reconnaître un érable à sucre en hiver ?
Au bourgeon terminal : conique, étroit, à pointe aiguë, brun moyen à foncé, de 6 à 12 mm, avec 6 à 8 paires d'écailles selon Ressources naturelles Canada. L'écorce aide aussi : de longues crêtes verticales rigides, souvent relevées d'un côté.
Comment différencier l'érable à sucre et l'érable de Norvège ?
Cassez le pétiole d'une feuille : l'érable de Norvège laisse voir une sève laiteuse, l'érable à sucre non. Les samares de l'érable de Norvège ont des ailes presque horizontales ; celles de l'érable à sucre sont légèrement divergentes. Le gouvernement du Québec classe l'érable de Norvège parmi les espèces exotiques envahissantes.
L'érable rouge et la plaine rouge, est-ce le même arbre ?
Oui. Ressources naturelles Canada donne « plaine rouge » comme synonyme de l'érable rouge (Acer rubrum). L'érable argenté porte, lui, les noms de plaine blanche et d'érable blanc.
Peut-on entailler un érable rouge ?
L'Office québécois de la langue française note que l'érable rouge pousse souvent avec l'érable à sucre dans les érablières du Québec, mais que l'érable à sucre est l'espèce la plus abondante et la plus recherchée pour l'exploitation. Pour entailler, renseignez-vous auprès d'un conseiller acéricole.
Sources
- Érable à sucre (Acer saccharum) — Ressources naturelles Canada, Arbres, insectes et maladies des forêts du Canada
- Érable rouge (Acer rubrum) — Ressources naturelles Canada, Arbres, insectes et maladies des forêts du Canada
- Érable de Norvège — Gouvernement du Québec (Québec.ca)
- Érable à sucre (Grand dictionnaire terminologique) — Office québécois de la langue française
- Zones de végétation et domaines bioclimatiques du Québec — Ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec