Fiche arbre
Reconnaître un noyer : commun, noir, cendré
Une grande feuille composée qui sent fort quand on la froisse, une moelle en échelle dans le rameau, puis le nombre de folioles pour savoir de quel noyer il s'agit.

En bref
Pour reconnaître un noyer, cherchez une grande feuille composée, alterne, très odorante quand on la froisse, puis fendez un rameau en long : la moelle est cloisonnée en petites chambres, comme une échelle. Le noyer commun n'a que 5 à 9 folioles, souvent à bord entier ; le noyer noir en a 10 à 24, finement dentées ; le noyer cendré du Québec, 11 à 17.
- Moelle cloisonnée en échelle : noyer. Grosse moelle brun-rouge et rameau à odeur forte : ailante. Feuilles composées opposées : frêne.
- 5 à 9 folioles : noyer commun, celui des noix du commerce. Plus de 10 folioles dentées : noyer noir ou noyer cendré.
- À Paris, le noyer noir d'Amérique est plus présent que le noyer commun, selon le guide des essences de la Ville.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Juglans regia, J. nigra, J. cinerea
- Famille
- Juglandacées
- Type
- Feuillu, caduc
- Feuilles
- Alternes, composées pennées, longues de 30 à 45 cm chez le noyer commun ; très odorantes froissées ; brun pourpré à l'éclosion, tardives au printemps.
- Folioles
- Noyer commun : 5 à 7, parfois 9, ovales, à bord entier ou finement denté. Noyer noir : 10 à 24, finement dentées. Noyer cendré : 11 à 17, finement dentées.
- Moelle
- Coupez un rameau en long : la moelle est cloisonnée, divisée en petites chambres ; chamois chez le noyer commun et le noyer noir.
- Fruits
- Une noix dans un brou vert. Noyer commun : coque mince et assez lisse. Noyer noir : boule de 5 à 6,5 cm, coque dure et profondément sillonnée. Noyer cendré : fruit de 5 à 8 cm, à enveloppe duveteuse et collante.
- Fleurs
- Arbre monoïque : chatons mâles pendants jaune-vert, fleurs femelles en petits groupes au bout des rameaux, avec ou juste après les feuilles.
- Écorce
- Noyer commun : gris clair, en crêtes aplaties formant des losanges, puis à sillons profonds. Noyer noir : brun foncé, crêtes et sillons en losanges.
- Taille
- Noyer commun jusqu'à 30 m selon le guide des essences de Paris, cime large et arrondie ; noyer cendré jusqu'à 25 m au Québec.
- Répartition
- Noyer commun : toute la France métropolitaine, surtout à l'étage collinéen jusqu'à 700-800 m, plus rare en climat océanique et en Corse.
Le noyer commun (Juglans regia) est l'arbre des noix du commerce, cultivé depuis plusieurs millénaires et présent dans toute la France métropolitaine. Deux noyers d'Amérique du Nord s'y ajoutent : le noyer noir, planté dans les parcs et pour son bois, et, au Québec, le noyer cendré indigène. Un seul test sépare tous les noyers de leurs sosies : la moelle du rameau. Ne mangez jamais une noix, une baie ou une graine sur la foi d'une page web ou d'une application ; vérifiez auprès d'un connaisseur local.
Reconnaître un noyer en trois gestes
1. Froisser une feuille. La feuille du noyer est composée : une tige centrale porte plusieurs folioles, disposées par paires avec une foliole au bout. Elle est alterne sur le rameau et, chez le noyer commun, longue de 30 à 45 cm. Froissée, elle dégage une odeur forte et aromatique, note la fiche de Virginia Tech sur le noyer commun. Les jeunes feuilles sortent brun pourpré, tard au printemps, puis deviennent d'un vert luisant.
2. Compter les folioles. Le noyer commun n'en a que 5 à 7, parfois 9, larges, ovales, à bord entier ou à peine denté. Le noyer noir en porte 10 à 24 selon Virginia Tech, fines et finement dentées. Le noyer cendré en compte 11 à 17 selon la fiche d'identification du gouvernement du Québec. Peu de folioles et larges : noyer commun. Beaucoup de folioles et dentées : un noyer américain.
3. Fendre un rameau. Coupez en long, au couteau, un rameau de l'année. Chez tous les noyers, la moelle, au centre, n'est pas pleine : elle est cloisonnée en une série de petites chambres, comme les barreaux d'une échelle. Chez le noyer commun et le noyer noir, elle est de couleur chamois. Ce test marche en toute saison, feuilles ou pas.
Si l'arbre est trop haut pour atteindre une feuille, une photo de la couronne, de l'écorce ou d'une noix tombée suffit souvent à Tree Identifier pour proposer un nom. L'application n'affiche pas de liste de sosies : comptez ensuite les folioles d'une feuille tombée.
Noyer commun, noyer noir, noyer cendré
Le noyer commun vient, selon la fiche essence du ministère de l'Agriculture (version du 18 mars 2024), des Balkans et d'Asie centrale, et il est cultivé depuis plusieurs millénaires. On le trouve dans toute la France métropolitaine, surtout à l'étage collinéen jusqu'à 700-800 m, plus rarement en climat océanique et en Corse. Hors vergers, il représente environ 1,5 million de m³ de bois sur pied (IGN 2018-2022). C'est un arbre de pleine lumière, qui supporte mal la forêt. Son écorce est gris clair, en crêtes aplaties formant des losanges, et sa noix a une coque mince, assez lisse, aux sillons peu profonds.
Le noyer noir (Juglans nigra) vient d'Amérique du Nord. Ses folioles sont plus nombreuses et plus étroites, la terminale souvent absente ou plus petite que les autres. Son fruit est une boule verte de 5 à 6,5 cm dont la coque, dure, est profondément sillonnée, et son écorce est brun foncé, en losanges, d'après la fiche de Virginia Tech sur le noyer noir. Il est plus courant qu'on ne le pense : dans le guide des essences de la Ville de Paris, le noyer commun est dit beaucoup moins présent à Paris que le noyer noir.
Les noyers hybrides brouillent la frontière. La fiche du ministère sur les noyers hybrides explique que des noyers noirs s'hybrident naturellement avec le noyer commun en France ; le plus ancien hybride connu fut planté près de Paris en 1815 par la famille Vilmorin. Les noyers hybrides plantés aujourd'hui pour le bois en sont issus.
Le noyer cendré (Juglans cinerea) est le noyer indigène du Québec. Selon la fiche du gouvernement du Québec (mise à jour le 14 septembre 2026), il est désigné espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable, et le chancre du noyer cendré, un champignon signalé au Québec depuis 1990, est sa principale menace. Le noyer noir, lui, y est parfois planté mais n'y pousse pas naturellement ; son fruit rond sent l'agrume. La fiche d'identification le situe dans les régions les plus chaudes du Québec, dans les érablières avec l'érable à sucre, le tilleul d'Amérique et le frêne blanc ; le guide identifier les arbres du Québec présente ces voisins.
Les sosies du noyer
Le frêne a lui aussi des feuilles composées, mais elles sont opposées, deux par deux face à face sur le rameau, et ses bourgeons sont noirs et veloutés ; la fiche frêne détaille ce test. Un regard sur la disposition des feuilles suffit.
L'ailante, ou faux vernis du Japon, a des feuilles bien plus longues, de 11 à 41 folioles, avec une ou deux grosses dents glanduleuses près de la base de chaque foliole, selon Virginia Tech. Son rameau cassé montre une grosse moelle brun-rouge et dégage une odeur forte. Les fruits sont des samares tordues en grappes, jamais des noix. La fiche ailante en dit plus.
Le sorbier des oiseleurs et le robinier ont aussi des feuilles pennées, mais leurs fruits sont des baies rouges pour le premier et des gousses pour le second : à la fin de l'été, l'absence de noix suffit à les écarter.
Le noyer en hiver, en été et à l'automne
En hiver, le noyer se reconnaît à ses rameaux épais et clairs, à ses gros bourgeons terminaux, souvent par deux et poilus chez le noyer commun, et à ses cicatrices foliaires à trois lobes. Les chatons mâles sont déjà formés à l'aisselle des feuilles tombées. La moelle cloisonnée confirme. Pour les autres rameaux d'hiver, voyez reconnaître les arbres en hiver.
Au printemps, les chatons mâles jaune-vert pendent aux rameaux ; les fleurs femelles, en petits groupes, s'ouvrent avec les feuilles ou juste après. En été, des taches brunes sur les feuilles signalent souvent l'anthracnose du noyer, le pathogène foliaire le plus commun selon le ministère de l'Agriculture ; lors de fortes attaques, les feuilles jaunissent et tombent avant l'heure. À l'automne, le feuillage devient jaune-brun, et les noix tombent dans leur brou.
Sous un noyer noir, beaucoup de plantes poussent mal. L'Université du Wisconsin, dans sa page Black Walnut Toxicity to Plants, l'explique par la juglone, présente dans tout l'arbre mais surtout dans les bourgeons, le brou et les racines ; tomates, pommes de terre, pivoines ou rhododendrons y sont sensibles.
Le noyer commun et le noyer noir font tous deux partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit au fil de vos identifications. Si un noyer vous intrigue, posez votre question dans le chat sous le résultat, par exemple sur la différence avec un noyer hybride.
Espèces proches et comment les distinguer
Frêne commun (Fraxinus excelsior)
Feuilles composées elles aussi, mais opposées, deux par deux sur le rameau, avec des bourgeons noirs veloutés. Les fruits sont des samares, pas des noix.
Ailante (Ailanthus altissima)
Feuilles beaucoup plus longues, de 11 à 41 folioles portant une ou deux grosses dents glanduleuses près de leur base. Le rameau cassé montre une grosse moelle brun-rouge et sent fort.
Noyer noir (Juglans nigra)
Comptez les folioles : 10 à 24 fines et dentées, la terminale souvent absente ou plus petite, contre 5 à 9 larges chez le noyer commun. Écorce brun foncé au lieu de gris clair.
Noyer hybride (J. nigra × J. regia)
Planté en forêt pour son bois, il porte des caractères mêlés de ses deux parents. Sans étiquette de plantation, il reste difficile à séparer avec certitude.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les noyers noirs et communs s'hybrident en France, et les noyers hybrides plantés pour le bois portent des caractères intermédiaires : sans étiquette, l'espèce exacte reste parfois incertaine.
- La moelle cloisonnée ne se voit pas sur une photo de l'arbre : il faut couper un rameau en long et photographier la coupe.
- Les variétés fruitières du noyer commun (franquette et autres) ne se distinguent pas à la feuille : seul le producteur ou un pépiniériste peut confirmer une variété.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un jeune noyer ?
Un jeune noyer n'a pas encore de noix, mais il a déjà la feuille composée odorante et la moelle cloisonnée : coupez en long un rameau de l'année et cherchez les petites cloisons. Le nombre de folioles distingue ensuite le noyer commun, 5 à 9, du noyer noir, 10 à 24.
Comment reconnaître un noyer noir ?
À ses folioles nombreuses, 10 à 24 selon Virginia Tech, 14 à 22 selon le gouvernement du Québec, fines et dentées, la terminale souvent absente ou réduite. Son fruit est une boule verte de 5 à 6,5 cm, à la coque très sillonnée, et son écorce est brun foncé en losanges.
Le noyer est-il toxique pour les autres plantes ?
Le noyer noir produit la juglone, une substance qui freine la croissance de nombreuses plantes dans sa zone racinaire, selon l'Université du Wisconsin ; tomates, pommes de terre ou rhododendrons y sont sensibles. Le noyer cendré en produit moins. Cette source ne traite pas du noyer commun.
Comment reconnaître un noyer en hiver ?
Aux rameaux épais, aux grosses cicatrices foliaires en forme de trèfle à trois lobes et à la moelle cloisonnée visible quand on coupe le rameau en long. Chez le noyer commun, l'écorce gris clair en losanges aplatis complète le portrait.
Sources
- Juglans regia L., Noyer commun (fiche essence, version du 18/03/2024) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Juglans × intermedia, Noyers hybrides (fiche essence, version du 18/03/2024) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Juglans regia, Noyer commun (fiche du guide des essences de Paris) — Ville de Paris
- Noyer cendré (fiche d'espèce floristique, mise à jour le 14 septembre 2026) — Gouvernement du Québec
- Noyer cendré, Juglans cinerea (fiche d'identification) — Gouvernement du Québec, CDPNQ
- English walnut, Juglans regia (fact sheet) — Virginia Tech Dendrology
- Black walnut, Juglans nigra (fact sheet) — Virginia Tech Dendrology
- Black Walnut Toxicity to Plants — University of Wisconsin–Madison Division of Extension
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