Fiche arbre
Reconnaître le sorbier des oiseleurs, du cormier au sorbier d'Amérique
Des feuilles composées alternes, des bourgeons violets et velus, une écorce lisse et des grappes de baies rouge orangé en automne : le sorbier se reconnaît en toute saison.

En bref
Le sorbier des oiseleurs se reconnaît à ses feuilles alternes composées de 9 à 17 folioles dentées et pointues, à son écorce lisse et grise, et à ses bourgeons violets couverts de poils. En mai-juin, il porte des corymbes plats de fleurs blanches, puis d'août à octobre des grappes de baies rouge orangé de 5 à 8 mm qui restent souvent sur l'arbre une partie de l'hiver.
- Feuilles composées alternes : sorbier. Feuilles composées opposées et bourgeons noirs : frêne.
- Écorce lisse : sorbier des oiseleurs. Écorce crevassée comme celle d'un chêne et fruits en petite poire : cormier.
- Au Québec, le « cormier » désigne le sorbier d'Amérique, pas le cormier d'Europe.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Sorbus aucuparia
- Famille
- Rosacées
- Type
- Feuillu, caduc
- Feuilles
- Alternes, composées de folioles oblongues, dentées et pointues : 9 à 15 selon une fiche belge, 5 à 8 paires plus une terminale selon le Woodland Trust. Teintes orangées à pourpres en automne.
- Bourgeons
- Violets et velus, couverts de poils sur toute leur surface ; le bourgeon terminal mesure jusqu'à 8 mm.
- Écorce
- Lisse, gris clair à gris argenté, sur un tronc fin.
- Fleurs
- En mai-juin, petites fleurs blanches à 5 pétales d'environ 1 cm, en corymbes plats de 10 à 15 cm, à l'odeur un peu amère.
- Fruits
- D'août à octobre, grappes pendantes de baies rondes de 5 à 8 mm, vertes puis jaunes puis rouge vif à rouge orangé, qui restent souvent une partie de l'hiver.
- Taille
- Arbre ou arbuste jusqu'à 15 m ; en Suisse, les sujets de plus de 15 à 20 m sont rares, le maximum relevé par l'inventaire étant de 24 m.
- Milieu
- Pionnier de lumière, sur des sols même pauvres et acides ; de la plaine jusqu'à 2 000 m et plus en montagne. En Suisse, la moitié des arbres poussent au-dessus de 1 300 m.
Le sorbier des oiseleurs (Sorbus aucuparia) est un petit arbre de lumière que l'on croise en lisière de forêt, en montagne et dans les jardins, des Alpes valaisannes à la Wallonie et à l'Île-de-France. Au Québec, il pousse comme arbre planté ou naturalisé à côté du sorbier d'Amérique. Ses grappes de baies attirent l'œil en automne. Ne mangez jamais une baie, une noix, une graine ou une gousse sur la foi d'une page web ou d'une application ; vérifiez auprès d'un expert local.
Reconnaître le sorbier des oiseleurs en toute saison
1. Les feuilles. Elles sont alternes et composées : une série de folioles oblongues, dentées et pointues, disposées par paires le long d'un axe central, avec une foliole au bout. Les sources ne donnent pas tout à fait le même nombre : 9 à 15 folioles selon la fiche de la commune de Donceel, en Belgique ; 5 à 8 paires plus une foliole terminale, soit 11 à 17, selon le Woodland Trust. En automne, elles virent à l'orangé et au pourpre.
2. Les fleurs et les fruits. En mai et juin, de petites fleurs blanches à cinq pétales s'ouvrent en corymbes plats de 10 à 15 cm, à l'odeur un peu amère. D'août à octobre suivent des grappes pendantes de petites baies rondes de 5 à 8 mm, vertes, puis jaunes, puis rouge vif. Elles restent souvent sur l'arbre une partie de l'hiver, et les grives et les merles s'en nourrissent, d'où le nom « des oiseleurs ».
3. Le tronc et les bourgeons. L'écorce est lisse, gris clair, comme le note le Guide des essences de Paris (2024). Les bourgeons sont violets et couverts de poils sur toute leur surface ; le bourgeon terminal atteint 8 mm, selon le Woodland Trust. Ce bourgeon velu reste visible tout l'hiver.
Si l'arbre est trop haut ou si vous n'avez qu'une feuille tombée, une photo suffit souvent à Tree Identifier pour proposer un nom. L'application ne dresse pas de liste de sosies : vérifiez ensuite la disposition des feuilles et l'écorce avec les critères ci-dessous.
Ne pas le confondre avec le frêne, le cormier ou le sureau
Le frêne est le piège le plus courant, car ses feuilles sont aussi composées de folioles dentées. La différence se voit sur le rameau : les feuilles du frêne sont opposées deux à deux, celles du sorbier alternes, et les bourgeons du frêne sont noirs et veloutés. La fiche frêne détaille ce test. Le Woodland Trust ajoute que les folioles du sorbier sont plus dentées et plus pointues que celles du frêne et du sureau noir.
Le cormier (Sorbus domestica), ou sorbier domestique, est son vrai sosie. La fiche d'action du canton de Vaud (2009) note que le cormier a l'allure générale d'un sorbier des oiseleurs, avec des feuilles d'une douzaine de centimètres à 7 à 9 paires de folioles. Le meilleur critère est l'écorce : crevassée, en écailles rectangulaires qui se détachent par le bas chez le cormier, comme celle d'un chêne ; lisse chez le sorbier des oiseleurs. Le fruit du cormier ressemble à une petite poire, jaune à maturité, d'environ 3 cm.
Le sureau noir a aussi des feuilles composées, mais opposées, et des fruits noirs. D'autres arbres portent des baies rouges en automne, comme l'aubépine ou le houx ; le guide arbre à baies rouges les compare.
Toxicité : ce que dit le centre antipoison
Le Centre antipoison de Lille range le sorbier des oiseaux parmi les plantes à baies toxiques. Selon sa fiche, les fruits contiennent du parasorboside, qui libère par hydrolyse un composé toxique, l'acide parasorbique. Après l'ingestion d'une grande quantité de fruits, il décrit des troubles digestifs (nausées, diarrhées, vomissements). Cette page ne dit rien de plus sur la consommation des fruits. En cas d'ingestion par un enfant ou un animal, appelez un centre antipoison.
Où le rencontrer : France, Suisse, Belgique, Québec
C'est un arbre de montagne autant que de plaine. Pour la Suisse, Urs-Beat Brändli (WSL) a analysé l'Inventaire forestier national dans Le sorbier des oiseleurs en Suisse (2018) : 90 % des arbres poussent à l'étage montagnard supérieur et subalpin inférieur, et la moitié au-dessus de 1 300 m. La placette la plus haute avec des sorbiers se trouve à 2 167 m, au-dessus de Saas-Balen, en Valais ; avec l'aulne vert, l'espèce peut monter vers 2 300 m. Il est présent presque partout en Suisse, plus rare dans le Jura sec et sur le Plateau, et le plus fréquent dans les Alpes externes, le Jura et le Bas-Valais. L'inventaire y comptait 2,7 millions de tiges d'au moins 12 cm de diamètre, soit 0,5 % des tiges. Les arbres de plus de 15 à 20 m sont rares, et sa longévité ordinaire est de 80 à 100 ans, 150 au plus ; le Woodland Trust parle, lui, de sorbiers vivant jusqu'à 200 ans au Royaume-Uni.
En France, le Guide des essences de Paris le classe indigène régional d'Île-de-France, mais rare dans les rues de la capitale. La fiche de Donceel le décrit en Belgique dans les forêts claires, les lisières et les landes, sur des sols même pauvres et acides.
Au Québec, l'Office québécois de la langue française décrit le sorbier des oiseaux comme une espèce européenne naturalisée en Amérique du Nord et plantée comme arbre d'ornement, aux folioles de 2 à 5 cm, oblongues et plus ou moins velues. Le sorbier indigène est le sorbier d'Amérique, aux folioles lancéolées, qui atteint une dizaine de mètres dans le sud du Québec, l'Ontario et les Maritimes. On l'y appelle souvent cormier, ou maskouabina, un mot d'origine innue. Le guide identifier les arbres du Québec le situe parmi les autres feuillus.
Le sorbier en hiver
Sans feuilles, cherchez les bourgeons violets et velus, alternes, sur des rameaux à l'écorce lisse et grise. Les dernières grappes de baies, souvent encore accrochées, achèvent l'identification. Le sorbier des oiseleurs fait partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit au fil de vos identifications ; enregistrez l'arbre avec sa position, et la carte de l'application vous le retrouvera au moment de sa floraison.
Espèces proches et comment les distinguer
Frêne élevé (Fraxinus excelsior)
Le frêne a lui aussi des feuilles composées, mais opposées deux à deux, et des bourgeons noirs veloutés. Les folioles du sorbier sont plus nettement dentées et plus pointues.
Cormier ou sorbier domestique (Sorbus domestica)
Même feuille composée, de 7 à 9 paires de folioles, mais une écorce crevassée en écailles rectangulaires, comme celle d'un chêne, et des fruits en petite poire jaune d'environ 3 cm.
Sureau noir (Sambucus nigra)
Feuilles composées elles aussi, mais opposées, aux folioles moins pointues et moins finement dentées que celles du sorbier ; fruits noirs, pas rouge orangé.
Sorbier d'Amérique (Sorbus americana), au Québec
Folioles lancéolées, plus longues que celles du sorbier des oiseleurs, qui mesurent 2 à 5 cm, sont oblongues et plus ou moins velues. Mêmes grappes de fruits rouge orangé.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les variétés horticoles du sorbier des oiseleurs, fréquentes dans les parcs et jardins, peuvent s'écarter de l'arbre sauvage par le port : fiez-vous aux feuilles, aux bourgeons et à l'écorce plutôt qu'à la silhouette.
- Au Québec, le sorbier des oiseleurs planté côtoie les sorbiers indigènes : la taille et la pilosité des folioles se voient mal sur une photo prise de loin, photographiez une feuille entière de près.
- Une application ne dit pas si un fruit peut être mangé : Tree Identifier nomme l'arbre, il ne remplace ni un centre antipoison ni un expert local.
Questions fréquentes
Le sorbier des oiseleurs est-il toxique ?
Le Centre antipoison de Lille le classe parmi les plantes à baies toxiques : ses fruits contiennent du parasorboside, qui libère de l'acide parasorbique, et une grande quantité de fruits peut causer nausées, vomissements et diarrhées. Ne mangez jamais une baie sur la foi d'une page web ou d'une application ; en cas d'ingestion, appelez un centre antipoison.
Quelle différence entre un sorbier et un frêne ?
La disposition des feuilles. Celles du sorbier sont alternes, celles du frêne opposées. En hiver, le sorbier porte des bourgeons violets et velus, le frêne des bourgeons noirs veloutés. En automne, seul le sorbier porte des grappes de baies rouge orangé.
Sorbier des oiseleurs ou cormier ?
Regardez l'écorce : lisse chez le sorbier des oiseleurs, crevassée en écailles rectangulaires chez le cormier, comme celle d'un chêne. Le cormier porte des fruits en petite poire jaune d'environ 3 cm, le sorbier des baies rouges de 5 à 8 mm. Le canton de Vaud fait de l'écorce le meilleur critère.
Qu'appelle-t-on cormier au Québec ?
Au Québec, « cormier » désigne couramment le sorbier d'Amérique, appelé aussi maskouabina ou masco, selon l'Office québécois de la langue française. En Europe, le même mot désigne le sorbier domestique, un autre arbre.
Sources
- Rowan (Sorbus aucuparia) — Woodland Trust
- Le sorbier des oiseleurs en Suisse (Bündnerwald 71, 2018 ; en ligne le 13.08.2019) — Urs-Beat Brändli, WSL, sur waldwissen.net
- Le sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia (fiche arbre) — Commune de Donceel (Belgique)
- Sorbier des oiseaux : plante à baies toxique — Centre antipoison de Lille, CHU de Lille
- Fiche d'action no 16 : cormier (version 5.1, 16.06.2009) — Canton de Vaud, Inspection cantonale des forêts
- Sorbus aucuparia, sorbier des oiseleurs (Guide des essences de Paris, 2024) — Ville de Paris
- Sorbier d'Amérique (Grand dictionnaire terminologique, fiche de 2017) — Office québécois de la langue française
- Sorbier des oiseaux (Grand dictionnaire terminologique, fiche de 2000) — Office québécois de la langue française
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