Fiche arbre

Reconnaître un saule : bourgeon, feuille, chatons

Un bourgeon plaqué contre le rameau sous une seule écaille en capuchon, des chatons au tout début du printemps, puis la forme de la feuille pour savoir de quel saule il s'agit.

Illustration de saules : rameau retombant de saule pleureur, rameau aux chatons argentés de saule marsault, rameau aux feuilles étroites et bourgeons plaqués, et saule pleureur au bord d'un étang
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour reconnaître un saule, regardez un bourgeon : il est plaqué contre le rameau et couvert d'une seule écaille en forme de capuchon, sans bourgeon terminal. Les feuilles sont alternes et simples : longues et étroites chez le saule blanc, soyeuses sur les deux faces ; larges, ovales, jusqu'à 7 à 10 cm et velues dessous chez le saule marsault, dont les chatons sortent en mars-avril, avant les feuilles.

  • Une seule écaille en capuchon sur chaque bourgeon : c'est la marque du genre Salix, utile en plein hiver.
  • Feuille étroite et soyeuse, arbre de 25 à 30 m au bord de l'eau : saule blanc. Feuille large et ovale, velue dessous : saule marsault.
  • Les saules sont mâles ou femelles : chatons jaunes et épais sur un arbre, chatons verts et minces sur un autre.

Les critères en un coup d'œil

Nom scientifique
Salix alba, S. caprea, S. cinerea, S. × fragilis, S. babylonica
Famille
Salicacées
Type
Feuillu, caduc
Bourgeons
Plaqués contre le rameau, protégés par une seule écaille en capuchon ; pas de bourgeon terminal.
Feuilles
Alternes, simples, lancéolées ou elliptiques, à pétiole court ; les deux faces sont souvent de couleur différente.
Chatons
Mâles et femelles sur des arbres distincts ; fleurs sans pétales ni sépales, avec une ou deux glandes à nectar. Chez le marsault, chatons mâles épais et jaunes, femelles minces et verts.
Graines
Capsules qui libèrent des graines minuscules, munies de longs poils blancs emportés par le vent.
Saule blanc
Jusqu'à 25 à 30 m ; feuilles étroites de 7 à 10 cm, soyeuses sur les deux faces, bleutées dessous ; écorce grise à sillons profonds.
Saule marsault
Feuilles larges et ovales, jusqu'à 7 cm (10 cm sur les pousses longues), bord presque entier, dessous couvert de poils gris-blanc ; nervure médiane courbée vers la pointe.
Saule pleureur
Rameaux retombant jusqu'au sol, olive à jaunâtres ; feuilles très étroites de 8 à 15 cm, finement dentées ; arbre de parc de 10 à 15 m.
Milieu
Bords de cours d'eau, sols alluviaux et humides ; le saule marsault colonise aussi les coupes et clairières, jusqu'à 2 000 m.

Le saule (Salix) est l'arbre des berges, des fossés et des prés humides, en France, en Belgique, en Suisse comme au Québec. Le genre compte plus de 200 espèces dans le monde selon Larousse, et une trentaine d'espèces indigènes en Suisse selon la WSL, du saule blanc de 30 m aux saules nains des Alpes. Reconnaître un saule est facile ; savoir lequel l'est moins. Commencez par le genre, puis passez à la feuille.

Reconnaître un saule en trois gestes

1. Regarder un bourgeon. C'est le meilleur signe, en hiver comme en été. Chez le saule, chaque bourgeon est plaqué contre le rameau et protégé par une seule écaille, en forme de capuchon, qui l'enveloppe entièrement. Il n'y a pas de bourgeon terminal au bout du rameau, note la fiche de Virginia Tech sur le saule pleureur. L'encyclopédie Larousse décrit ce capuchon à écaille unique pour tout le genre. Les fiches d'identification de GoodPlanet Belgium, établies d'après des ressources du Service public de Wallonie, l'utilisent pour le saule marsault et le saule cendré.

2. Regarder la feuille. Elle est alterne et simple, lancéolée ou elliptique, sur un pétiole court, et ses deux faces ont souvent une couleur différente, selon Larousse. Chez la plupart des saules arborescents, elle est longue et étroite ; chez le saule marsault, elle est large et ovale.

3. Chercher les chatons. En mars-avril, souvent avant les feuilles, les saules fleurissent en chatons. Les arbres sont mâles ou femelles : chez le saule marsault, les chatons mâles sont épais et jaunes, les chatons femelles minces et verts. Après la floraison, les chatons femelles libèrent des graines munies de longs poils blancs qui volent comme du coton.

Si les branches sont hors de portée, une photo de l'arbre entier ou des chatons suffit souvent à Tree Identifier pour proposer un nom de saule. L'application n'affiche ni score de confiance ni liste de sosies : vérifiez le bourgeon à écaille unique sur un rameau bas.

Saule blanc, saule marsault, saule pleureur

Le saule blanc (Salix alba) est le grand saule des rivières : jusqu'à 25 m selon Larousse et le guide de Paris, jusqu'à 30 m avec un tronc de plus de 3 m de diamètre selon la WSL. Le guide des essences de la Ville de Paris décrit des feuilles lancéolées gris-vert foncé dessus, bleutées dessous, couvertes d'un duvet soyeux sur les deux faces, de jeunes rameaux jaune-brun et une écorce à sillons profonds. Larousse donne des feuilles de 7 à 10 cm. Le saule blanc est l'arbre traditionnellement taillé en têtard, comme le rappelle la WSL.

Le saule marsault (Salix caprea) colonise les lisières, les coupes et les clairières. D'après l'article de la WSL publié sur waldwissen.net, ses feuilles sont larges, ovales, au bord entier, longues de 7 cm au plus (10 cm sur les pousses longues), avec un long pétiole ; leur nervure médiane se courbe vers la pointe, et le dessous, velu, est très doux. Les stipules manquent en général à la base du pétiole. Il dépasse 10 m, monte jusqu'à 2 000 m d'altitude et fleurit très tôt et en abondance.

Le saule pleureur est l'arbre de parc aux rameaux retombant jusqu'au sol. Virginia Tech décrit des feuilles très étroites, de 8 à 15 cm sur 1 à 1,3 cm, finement dentées, des rameaux olive à jaunâtres et une cime ronde de 12 à 15 m ; Larousse le dit haut de 10 m. Selon Larousse, les arbres plantés dans les parcs sont surtout des hybrides, comme Salix × sepulcralis, et les arbres femelles sont rares. Salix babylonica ne vient pas de Babylone : l'hypothèse avancée est une origine chinoise.

Les sosies du saule et les saules qui se ressemblent

Le peuplier appartient à la même famille, les Salicacées, et libère lui aussi des graines cotonneuses. Mais ses feuilles sont triangulaires ou arrondies, sur un long pétiole : la fiche peuplier détaille ses espèces. Au bord de l'eau, le saule partage aussi les berges avec l'aulne, dont les petits cônes noirs restent sur l'arbre l'hiver.

Le saule cendré (Salix cinerea) est le sosie du marsault. GoodPlanet indique des feuilles plus petites et plus étroites, des rameaux poilus la première année et une floraison un peu plus tardive. La WSL ajoute que le saule cendré et le saule à oreillettes ont des stipules à la base du pétiole, quand elles manquent en général chez le marsault.

Le saule fragile (Salix × fragilis), hybride à feuilles étroites, se trahit par ses rameaux qui cassent net à leur base ; emportés par l'eau, ils s'enracinent plus loin, selon la WSL. Les saules à feuilles étroites comme le saule des vanniers (S. viminalis) et le saule à trois étamines (S. triandra) servent à la vannerie : ce sont les osiers.

Le saule à grandes feuilles (Salix appendiculata) ressemble au marsault, selon la WSL. Sa feuille, pubescente à peu velue dessous, montre un réseau saillant de nervures, et il a des stipules.

Pour séparer les espèces proches, les spécialistes regardent les étamines, deux chez la plupart des saules, trois chez S. triandra, cinq en général chez le saule laurier (S. pentandra), et les écailles poilues des chatons. Ce niveau de détail demande une loupe.

Le saule en hiver et au fil des saisons

En hiver, les rameaux souples et colorés trahissent les saules de loin : jaune-brun chez le saule blanc, olive à jaunâtres chez le saule pleureur. De près, le bourgeon à écaille unique suffit. GoodPlanet signale chez le saule marsault une cicatrice foliaire en large triangle sous chaque bourgeon. Pour comparer avec d'autres rameaux d'hiver, voyez reconnaître les arbres en hiver.

Au printemps, les chatons sont l'une des premières sources de nectar et de pollen de l'année : la WSL relève qu'environ 20 % des grands papillons de nuit d'Europe centrale dépendent des saules, et que les chenilles de plus de 110 espèces de papillons se nourrissent du saule marsault. Le guide de Paris associe le saule blanc à plus de 200 espèces d'insectes.

Le saule blanc et le saule pleureur font partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit au fil de vos identifications. Si vous voulez retrouver un saule au moment de sa floraison, enregistrez-le : la carte de l'application garde la position de vos trouvailles.

Espèces proches et comment les distinguer

Peuplier (Populus)

Même famille et mêmes graines cotonneuses, mais les feuilles sont triangulaires ou arrondies, portées par un long pétiole, jamais longues et étroites comme chez la plupart des saules.

Saule cendré (Salix cinerea)

Souvent pris pour un marsault : feuilles plus petites et plus étroites, rameaux de l'année poilus, stipules présentes à la base du pétiole. Fleurit un peu plus tard que le marsault.

Saule fragile (Salix × fragilis)

Feuilles étroites comme le saule blanc, mais les rameaux cassent net à leur base d'une petite pression et leurs fragments s'enracinent dans l'eau. Le saule blanc a des feuilles soyeuses sur les deux faces.

Saule à grandes feuilles (Salix appendiculata)

Ressemble au marsault, mais le dessous de la feuille montre un réseau saillant de nervures, et des stipules sont présentes à la base du pétiole.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Les saules s'hybrident beaucoup entre eux : la WSL cite environ 75 hybrides dans le genre, et un saule d'arbuste au bord d'un fossé peut ne correspondre à aucune espèce de manuel.
  • Les détails qui tranchent entre espèces proches, comme les stipules, les étamines ou les poils des écailles des chatons, mesurent quelques millimètres et demandent une loupe plutôt qu'une photo.
  • Les saules pleureurs des parcs sont surtout des hybrides et des cultivars : une application peut donner « saule pleureur » sans pouvoir dire quel croisement a été planté.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un saule marsault ?

À ses feuilles larges et ovales, jusqu'à 7 cm, au bord presque entier, dont le dessous est couvert de poils gris-blanc et doux au toucher, et dont la nervure médiane se courbe vers la pointe. En mars-avril, avant les feuilles, il porte des chatons : épais et jaunes sur les arbres mâles, minces et verts sur les femelles.

Comment reconnaître un saule blanc ?

C'est un grand arbre, 25 m et jusqu'à 30 m, au bord de l'eau, au feuillage gris-vert. Ses feuilles, étroites, longues de 7 à 10 cm, sont couvertes d'un duvet soyeux sur les deux faces et bleutées dessous. C'est aussi l'arbre traditionnellement taillé en têtard.

Comment reconnaître un saule en hiver ?

Aux bourgeons : plaqués contre le rameau, ils ne portent qu'une seule écaille, en forme de capuchon, et il n'y a pas de bourgeon terminal. Les jeunes rameaux souples, jaune-brun à brun-rouge chez le saule blanc, et la présence d'eau à proximité confirment.

Saule : arbre ou arbuste ?

Les deux. Le genre compte des arbres de 20 à 30 m comme le saule blanc, des arbustes comme le saule cendré, et des saules nains de montagne rampant à quelques centimètres du sol. La WSL recense une trentaine d'espèces indigènes en Suisse.

Sources

  1. Les saules (Salix) : arbres pionniers de grande valeur écologique (Boch et Bornand, 2022, version web du 13.02.2026) — WSL, sur waldwissen.net
  2. Fiches d'identification des arbres et arbustes, kit de plantation 2, sol humide — GoodPlanet Belgium
  3. Salix alba, Saule blanc (fiche du guide des essences de Paris) — Ville de Paris
  4. Saule (encyclopédie) — Larousse
  5. Weeping willow, Salix babylonica (fact sheet) — Virginia Tech Dendrology

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les arbres. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les animaux : demandez à un spécialiste local.