Arbres par région
Reconnaître les arbres méditerranéens
Les arbres typiques du pourtour méditerranéen français, persistants ou caducs, avec pour chacun le caractère qui le sépare de ses voisins, de la garrigue au bord de mer.

En bref
Les arbres méditerranéens les plus typiques du Midi de la France sont le chêne vert, le chêne pubescent, le pin d'Alep, le pin parasol, le chêne-liège, l'olivier, l'arbousier et le micocoulier. Trois tests les séparent : feuillage persistant ou caduc, dessous de feuille blanc ou vert, et pour les pins, longueur des aiguilles et forme du cône. L'IGN compte en France 961 millions de chênes pubescents et 798 millions de chênes verts.
- Retournez la feuille : chêne vert, chêne-liège et olivier ont tous un dessous gris ou blanc, mais seul l'olivier a des feuilles opposées.
- Enfoncez l'ongle dans l'écorce : celle du chêne-liège est spongieuse et très épaisse, celle du chêne vert ne se crevasse pas.
- Pin d'Alep : aiguilles fines et molles de 6 à 10 cm. Pin parasol : cime plate en ombrelle et cônes de 8 à 15 cm.
Quand on parle d'arbres méditerranéens en France, on pense à la Provence, au Languedoc, au Roussillon, à la Côte d'Azur et à la Corse. Les mêmes huit ou dix arbres y reviennent partout, de la garrigue aux pinèdes du littoral, et la plupart gardent leurs feuilles en hiver. Cette page les présente dans l'ordre où vous les rencontrerez, avec à chaque fois le caractère qui tranche, d'après les descriptions de la flore de Coste publiées par Tela Botanica et l'Inventaire forestier national de l'IGN.
Olives, arbouses et autres fruits apparaissent plus bas : ne mangez jamais une baie, une noix, une graine ou une gousse sur la foi d'une page web ou d'une application ; vérifiez auprès d'un connaisseur local.
Les arbres méditerranéens à connaître en premier
Le tableau donne l'essentiel. Le premier tri se fait en touchant la feuille : coriace et persistante, ou mince et caduque.
| Arbre | Feuillage | L'indice qui tranche | Où le voir | Notre page |
|---|---|---|---|---|
| Chêne vert (yeuse) | Persistant | Petites feuilles coriaces, grises et feutrées dessous ; écorce non crevassée | Bois et coteaux calcaires de tout le Midi, jusqu'en Bretagne | Chêne |
| Chêne pubescent | Caduc | Feuilles lobées, duveteuses dessous ; arbre souvent petit | Stations chaudes et sèches du Sud | Chêne |
| Chêne-liège | Persistant | Écorce spongieuse, très épaisse, crevassée | Coteaux siliceux : Pyrénées-Orientales, Var, Alpes-Maritimes, Corse | Chêne |
| Pin d'Alep | Persistant | Aiguilles par deux, fines, molles, vert clair, 6 à 10 cm | Plaines et basses montagnes, jusque dans la Drôme | Pin |
| Pin parasol (pin pignon) | Persistant | Cime plate en ombrelle ; cônes de 8 à 15 cm | Littoral, de la Côte d'Azur au Gard ; Corse ; souvent planté | Pin |
| Olivier | Persistant | Feuilles opposées, vert cendré dessus, blanches et soyeuses dessous | Cultivé partout, spontané çà et là en garrigue | — |
| Arbousier | Persistant | Fleurs et fruits rouges hérissés en même temps, d'octobre à janvier | Bois et rochers du Midi et de l'Ouest | — |
| Micocoulier | Caduc | Feuille dentée à base inégale, rude ; écorce lisse | Haies et coteaux du Midi et du Sud-Ouest | — |
Les chênes : vert, pubescent et liège
Le chêne vert est l'arbre de fond de la garrigue et des bois du Midi. D'après le mémento 2024 de l'Inventaire forestier national, la forêt française compte environ 798 millions de chênes verts, présents sur 1,9 million d'hectares, mais des arbres très minces : moins de 0,05 m³ de bois par tige en moyenne, le volume unitaire le plus faible du mémento. La description de Coste sur Tela Botanica donne les caractères à vérifier : un arbre ou arbrisseau de 2 à 15 m, à écorce non crevassée ; des feuilles coriaces qui persistent deux ou trois ans, vert sombre dessus, grises ou blanches et feutrées dessous, dentées-épineuses ou entières sur les vieilles branches ; un gland dans une cupule hémisphérique grise, aux écailles bien appliquées. Le même arbre peut donc porter des feuilles de houx en bas et des feuilles lisses en haut.
Le chêne pubescent est plus nombreux encore : 961 millions de tiges selon l'IGN, qui le décrit comme une essence du sud du pays, en station chaude ou sèche, souvent en peuplement pur et de petite taille (87 % de ses tiges sont des petits bois). Ses feuilles sont lobées, minces et tombent en hiver ; leur dessous et les jeunes rameaux sont duveteux. C'est la meilleure façon de le séparer du chêne vert en été : feuille lobée et mince d'un côté, petite feuille coriace de l'autre.
Le chêne-liège se reconnaît au toucher. Son écorce est spongieuse, subéreuse, très épaisse et crevassée selon la fiche de Tela Botanica ; c'est le liège. Ses feuilles ressemblent à celles du chêne vert, blanchâtres et feutrées dessous, mais la cupule de son gland porte des écailles supérieures plus longues et dressées. Coste le place sur les coteaux siliceux du littoral, dans les Pyrénées-Orientales, le Var, les Alpes-Maritimes et la Corse : sur un sol calcaire, pensez plutôt au chêne vert. La page chêne compare tous les chênes de France.
Les pins : pin d'Alep et pin parasol
Le pin d'Alep est le pin des collines sèches. La description de Coste donne une écorce d'abord gris argenté, des aiguilles par deux (rarement trois à cinq) longues de 6 à 10 cm, filiformes, molles et vert clair, et des cônes de 8 à 12 cm, rouge-brun luisant, sur un pédoncule très épais, toujours tournés vers le bas. Il pousse en plaine et en basse montagne dans toute la région méditerranéenne, jusque dans la Drôme. Ses aiguilles fines et sa couleur claire le distinguent de loin des autres pins du Midi.
Le pin parasol, ou pin pignon, se reconnaît à sa silhouette avant tout : une cime plane, très étalée, en ombrelle, sur un tronc à l'écorce crevassée en écailles. Selon Coste, ses aiguilles vont par deux et mesurent 8 à 15 cm, et ses cônes sont très gros, 8 à 15 cm de long sur 8 à 10 de large, brun-rouge luisant, avec des graines de 10 à 20 mm. Il est disséminé sur le littoral des Alpes-Maritimes, du Var, des Bouches-du-Rhône et du Gard, en Corse, et souvent planté. La fiche pin compare les sept pins de France, et le cyprès, l'autre silhouette du paysage provençal, est traité avec les autres résineux dans le guide pour reconnaître les conifères.
Olivier, arbousier et micocoulier
L'olivier est le seul des arbres de cette page à porter des feuilles opposées. Coste le décrit de 2 à 10 m, aux rameaux blanc grisâtre, épineux à l'état sauvage, aux feuilles persistantes, entières et coriaces, vert cendré dessus et blanches-soyeuses dessous. Le fruit est une drupe verte puis noire, après une floraison blanchâtre en mai-juin. Cultivé en grand, il pousse aussi spontanément çà et là dans les garrigues, et remonte jusque dans la Drôme et l'Ardèche.
L'arbousier, ou arbre aux fraises, est facile à reconnaître en hiver, quand il porte à la fois ses fleurs et ses fruits, d'octobre à janvier. La fiche de Tela Botanica décrit de jeunes rameaux rouges et poilus, des feuilles persistantes dentées en scie, luisantes, des fleurs blanchâtres en grappes et des fruits globuleux, pendants, hérissés de petits tubercules, rouges à maturité. On le trouve dans les bois et rochers du Midi, jusqu'à la Drôme et la Lozère, et sur la façade ouest.
Le micocoulier est le grand arbre caduc de cette liste, que Coste place dans les haies et sur les coteaux du Midi et du Sud-Ouest. Selon Coste, il mesure 5 à 25 m et garde une écorce lisse. Ses feuilles alternes, ovales-lancéolées, terminées en longue pointe, simplement dentées, sont rudes au toucher et ont une base inégale. Son fruit, de la taille d'un gros pois, pend au bout d'un long pédoncule et noircit en automne.
Persistant ou caduc : le tri rapide
Beaucoup de recherches portent sur l'arbre méditerranéen « qui ne perd pas ses feuilles ». Dans cette liste, les persistants sont le chêne vert, le chêne-liège, l'olivier, l'arbousier et les pins ; les caducs, le chêne pubescent et le micocoulier. En hiver, le tri est donc immédiat. En été, retournez une feuille : un dessous gris ou blanc et feutré oriente vers le chêne vert, le chêne-liège ou l'olivier, et la disposition des feuilles finit le travail, opposées chez l'olivier, alternes chez les chênes. Le guide pour reconnaître un arbre à ses feuilles détaille ces critères.
La région méditerranéenne a aussi ses particularités forestières : l'IGN y relève des volumes de bois à l'hectare parmi les plus faibles du pays et une production annuelle inférieure à la moyenne nationale, alors que la forêt s'y étend. Attendez-vous donc à des arbres bas et nombreux plutôt qu'à de grandes futaies.
Pour un arbre que vous ne pouvez pas approcher, une photo donne une piste. Tree Identifier, une application iPhone, propose un nom commun et un nom scientifique à partir d'une seule photo de la feuille, de l'écorce, d'un fruit ou de l'arbre entier, et sa discussion de suivi permet de poser une question sur le résultat. Elle n'affiche ni score de confiance ni liste d'espèces voisines : vérifiez avec l'indice du tableau. L'olivier, le pin parasol, le chêne-liège et le cyprès de Provence figurent dans la collection de Tree Identifier.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les jardins du Midi sont pleins d'espèces plantées venues d'ailleurs (palmiers, mimosas, eucalyptus) qui ne figurent pas dans cette liste d'arbres spontanés ou anciennement cultivés.
- Les chênes s'hybrident : un chêne aux feuilles à demi persistantes, entre vert et pubescent, ne se tranche pas toujours sur photo.
- Une photo ne dit pas si un olivier ou un pin parasol a été planté ou s'il pousse spontanément.
Questions fréquentes
Quels sont les arbres typiques du climat méditerranéen ?
En France, le chêne vert et le chêne pubescent dominent les bois du Midi, avec le pin d'Alep en plaine et en basse montagne. Sur le littoral s'ajoutent le pin parasol, le chêne-liège sur sols siliceux, l'olivier, l'arbousier et le micocoulier.
Quel arbre méditerranéen ne perd pas ses feuilles ?
Le chêne vert, le chêne-liège, l'olivier et l'arbousier gardent leurs feuilles en hiver, comme les pins et le cyprès. Le chêne vert garde chaque feuille deux ou trois ans selon Coste. Le chêne pubescent et le micocoulier, eux, sont caducs.
Comment reconnaître un chêne vert ?
Ses feuilles sont petites, coriaces et persistantes, vert sombre dessus, grises ou blanches et feutrées dessous, dentées-épineuses, souvent entières sur les vieilles branches. Son écorce ne se crevasse pas en liège, ce qui le sépare du chêne-liège.
Comment distinguer le pin d'Alep du pin parasol ?
Regardez la cime et le cône. Le pin parasol a une cime plate très étalée et des cônes massifs de 8 à 15 cm. Le pin d'Alep a des aiguilles fines, molles, vert clair, de 6 à 10 cm, et des cônes rouge-brun tournés vers le bas sur un pédoncule épais.
L'arbousier est-il un arbre ?
Coste le décrit comme un arbrisseau de 1 à 3 mètres ; on le range pourtant souvent parmi les arbres du Midi. Il fleurit et porte ses fruits rouges hérissés en même temps, d'octobre à janvier, ce qui le rend facile à reconnaître en hiver.
Sources
- Inventaire forestier national, Mémento édition 2024 — IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
- Quercus ilex L. (chêne vert, yeuse), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Quercus suber L. (chêne-liège), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Pinus halepensis Mill. (pin d'Alep), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Pinus pinea L. (pin pignon, pin parasol), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Olea europaea L. (olivier), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Arbutus unedo L. (arbousier, arbre aux fraises), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
- Celtis australis L. (micocoulier), eFlore : description de Coste — Tela Botanica
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