Données forestières

Les arbres les plus communs en France, chiffres de l'IGN à l'appui

Treize essences forestières classées par nombre d'arbres, puis par volume et par surface, avec un indice de terrain pour chacune, et les arbres que l'on croise vraiment en ville.

Illustration des arbres courants des forêts françaises : chênes, hêtre, châtaignier, pin maritime, sapin et charme
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Les arbres les plus communs en France, comptés en nombre d'arbres par l'Inventaire forestier national (IGN, mémento 2024), sont le charme (environ 1 milliard de tiges), le chêne pubescent, le hêtre et le chêne vert. En volume de bois, les chênes pédonculé et sessile arrivent en tête, avec 333 millions de m³ chacun. En surface, le hêtre est présent sur 6 millions d'hectares. En ville, c'est le platane qui domine.

  • Le classement change selon la mesure : le charme compte le plus d'arbres, les chênes pédonculé et sessile le plus de bois, le hêtre la plus grande surface.
  • Les feuillus font 65 % du volume de bois vivant des forêts françaises, les conifères 35 % (IGN, mémento 2024).
  • À Paris, un arbre d'alignement sur trois est un platane (données ouvertes de la Ville, octobre 2026).

Quels sont les arbres les plus communs en France ? La réponse dépend de ce que l'on compte : le nombre d'arbres, le volume de bois ou la surface où une essence est présente. Cette page s'appuie sur l'Inventaire forestier national de l'IGN, qui mesure chaque année des milliers de placettes en forêt, et donne pour chaque essence un indice pour la reconnaître sur le terrain. Un dernier chapitre, à part, montre les arbres que l'on croise réellement en ville, qui ne sont pas les mêmes.

Le classement par nombre d'arbres

Le tableau ci-dessous classe les 13 essences détaillées par le mémento 2024 de l'Inventaire forestier national selon le nombre d'arbres vivants (en millions de tiges), en moyenne sur les campagnes 2019 à 2023. L'IGN compte un arbre dès qu'il atteint 7,5 cm de diamètre à 1,30 m du sol ; la forêt de production en compte au total 11 343 millions. La part indiquée est rapportée à ce total.

Rang Essence Arbres vivants (millions) Part du total Indice pour la reconnaître Notre page
1 Charme 1 035 9,1 % Feuille doublement dentée et gaufrée ; tronc cannelé Charme ou hêtre
2 Chêne pubescent 961 8,5 % Dessous de feuille et rameaux duveteux ; souvent petit, dans le Sud Chêne
3 Hêtre 912 8,0 % Écorce lisse gris clair ; bord de feuille cilié Charme ou hêtre
4 Chêne vert 798 7,0 % Feuilles persistantes, coriaces, grises dessous Chêne
5 Châtaignier 710 6,3 % Feuille simple, longue, bordée de dents en pointe Châtaignier ou marronnier
6 Chêne sessile 642 5,7 % Gland collé au rameau, feuille à long pétiole Chêne
7 Chêne pédonculé 620 5,5 % Gland au bout d'un long pédoncule, feuille presque sans pétiole Chêne
8 Pin sylvestre 495 4,4 % Haut du tronc orangé ; aiguilles courtes par deux Pin
9 Pin maritime 484 4,3 % Aiguilles longues par deux ; gros cônes ; écorce brun-rouge très crevassée Pin
10 Frêne 383 3,4 % Feuilles composées opposées ; bourgeons noirs Frêne
11 Sapin pectiné 380 3,4 % Aiguilles plates à deux bandes blanches ; cônes dressés Sapin ou épicéa
12 Épicéa commun 302 2,7 % Aiguilles piquantes, sans bandes ; cônes pendants Sapin ou épicéa
13 Douglas 194 1,7 % Cônes à bractées en langue de serpent ; aiguilles souples Conifères

Ces 13 essences totalisent 7 916 millions d'arbres, soit 70 % du total. Les 30 % restants se partagent entre des dizaines d'autres : l'IGN suit près de 190 espèces d'arbres, regroupées en 70 essences, et les érables, bouleaux, tilleuls, aulnes ou merisiers n'ont pas de ligne propre dans le mémento. Leur absence du tableau ne veut donc pas dire qu'ils sont rares.

Les chiffres viennent de l'édition 2024 du mémento, la plus récente dont nous avons pu ouvrir les tableaux. L'IGN publie une nouvelle édition chaque année, sur les cinq dernières campagnes de terrain ; la fiche du jeu de données sur data.gouv.fr en annonce une plus récente.

Pourquoi le classement change selon la mesure

Le charme et le chêne pubescent comptent beaucoup d'arbres, mais des arbres minces : leur volume moyen est de 0,1 m³ par tige, et 87 % des chênes pubescents sont de « petits bois » selon l'IGN. Le chêne vert descend même sous 0,05 m³. À l'inverse, un douglas fait en moyenne 0,7 m³, le volume unitaire le plus élevé du mémento. D'où trois classements différents.

Essence Volume de bois vivant (millions de m³) Part du volume total Surface où l'essence est présente (milliers d'ha)
Chêne pédonculé 333 11,8 % 5 652
Chêne sessile 333 11,8 % 4 151
Hêtre 294 10,4 % 6 050
Sapin pectiné 218 7,7 % 2 501
Épicéa commun 178 6,3 % 1 846
Pin maritime 153 5,4 % 1 540
Pin sylvestre 148 5,2 % 2 438
Douglas 135 4,8 % 1 157
Châtaignier 133 4,7 % 3 440
Charme 122 4,3 % 4 666
Chêne pubescent 117 4,1 % 3 254
Frêne 96 3,4 % 5 560
Chêne vert 34 1,2 % 1 884

Le volume total de bois vivant atteint 2 827 millions de m³ : 65 % de feuillus, 35 % de conifères. Les chênes sessile, pédonculé, pubescent et vert font à eux seuls 44 % du volume feuillu, et l'épicéa commun et le sapin pectiné 40 % du volume résineux. La surface « où l'essence est présente » compte chaque placette où se trouve au moins un arbre recensable de l'essence : c'est la mesure qui dit le mieux vos chances de croiser l'arbre en forêt. Le hêtre (6,05 millions d'hectares), le chêne pédonculé (5,65) et le frêne (5,56) y dominent.

Le chêne pédonculé est aussi l'essence principale du plus grand nombre de peuplements (2,2 millions d'hectares), et le pin maritime le résineux le plus fréquent en peuplement pur (786 000 ha).

Les feuillus, essence par essence

Le charme est rarement seul : il accompagne les chênes et le hêtre en plaine. Il ne forme un peuplement pur que sur 71 000 ha, mais il est présent sur 4,7 millions. Sa feuille doublement dentée et son tronc cannelé le distinguent du hêtre ; la page charme ou hêtre détaille le test du doigt sur le bord de la feuille.

Le hêtre occupe la moitié nord du pays et les montagnes, où il se mêle au sapin pectiné et à l'épicéa. L'IGN note que la part de hêtres ayant au moins 25 % de branches mortes dans la couronne a doublé en dix ans, pour atteindre près de 2 %.

Les chênes se répartissent le territoire. Le pédonculé et le sessile couvrent la majeure partie du pays, le pédonculé manquant surtout dans le Sud-Est ; le pubescent occupe les stations chaudes et sèches du Sud ; le chêne vert, persistant, le pourtour méditerranéen. La page chêne compare leurs glands et leurs pétioles.

Le châtaignier pousse surtout dans l'ouest du pays, sur sols non calcaires. Le bois mort au sol des forêts françaises est plus souvent du châtaignier que de toute autre essence (11 %), et 15 % de ses arbres vivants ont au moins un quart de branches mortes dans la couronne.

Le frêne est une essence d'accompagnement des stations fraîches, présente sur 5,5 millions d'hectares. Touché par la chalarose, il a vu la part de ses arbres très dégarnis passer de 2 % à 18 % en dix ans : c'est l'essence la plus touchée du mémento. Le guide frêne donne ses caractères.

Les conifères et les grandes régions forestières

Le paysage change beaucoup d'une région à l'autre, et l'IGN le décrit essence par essence.

  • Landes de Gascogne : le pin maritime. Le massif landais est le domaine du pin maritime en peuplement pur. Les tempêtes de 1999 et 2009 l'ont rajeuni : 70 % des tiges y sont des petits bois, et le volume de bois des Landes a baissé de 33 % entre 1985 et 2023. C'est aussi, avec les marais littoraux, la région où une placette compte le moins d'espèces d'arbres, moins de deux en moyenne.
  • Montagnes de l'Est (Vosges, Jura, Alpes) : sapin pectiné et épicéa commun. Le sapin se mêle au hêtre et à l'épicéa en montagne. L'épicéa, natif des massifs de l'Est, a été planté dans le Massif central, les Ardennes et les plaines du Nord-Est. Avec les sécheresses et les scolytes, c'est aujourd'hui le résineux le plus prélevé et celui dont la mortalité est la plus forte.
  • Moyenne montagne : le douglas. Introduit d'Amérique du Nord, il a été planté sur le plateau limousin, le nord-est du Massif central, le Morvan et les Vosges, et couvre plus d'un million d'hectares, dont 300 000 en peuplement pur.
  • Nord et Sud : le pin sylvestre. C'est le résineux le plus souvent présent dans les peuplements (2,4 millions d'hectares). Son tronc orangé dans le haut le trahit de loin ; le guide pin le compare au pin maritime.
  • Pourtour méditerranéen : chêne vert et chêne pubescent. Les volumes de bois à l'hectare y sont les plus faibles du pays, alors qu'ils dépassent 200 m³/ha dans une grande partie des montagnes.

Pour trier les résineux, les aiguilles suffisent souvent : seules ou en faisceaux, plates ou piquantes. Le guide pour reconnaître les conifères part de ce critère.

Les arbres des villes : un autre classement

Les forêts ne disent rien de la rue. L'inventaire des arbres gérés par la Ville de Paris, mis à jour le 16 octobre 2026, recense 220 181 arbres dans les rues, les jardins, les cimetières et les équipements municipaux (il exclut les bois de Boulogne et de Vincennes et les arbres privés). Le classement n'a presque rien en commun avec celui de l'IGN.

Rang Arbre (nom de l'inventaire) Nombre à Paris Dont en alignement (rues) Indice Notre page
1 Platane 42 598 35 545 Écorce qui s'exfolie en plaques gris-vert, brun et crème Platane
2 Marronnier 24 797 16 002 Grande feuille composée en main ; bogue épineuse Châtaignier ou marronnier
3 Tilleul 23 043 12 377 Feuille en cœur, asymétrique à la base Tilleul
4 Érable 21 056 6 813 Feuilles opposées et palmées ; samares doubles Érable
5 Sophora 10 923 8 071 Feuille composée de petites folioles ; grappes blanc-crème en été —
6 Chêne 5 847 — Glands en cupule Chêne

Le platane représente 19 % des arbres de l'inventaire et 32 % des 110 069 arbres d'alignement : près d'un arbre de rue sur trois. Platanes, marronniers, tilleuls et érables font à eux quatre la moitié des arbres municipaux. Le sophora du Japon, absent des forêts, est d'après le Guide des essences de Paris une essence « très utilisée en alignement » ; ses gousses grises se resserrent entre les graines en automne. Le marronnier d'Inde, lui, vient des Balkans.

Dans votre ville, la liste sera différente, mais la leçon reste la même : apprenez d'abord les essences de la forêt voisine pour vos promenades, et les platanes, tilleuls, marronniers et érables pour la rue.

Reconnaître ces arbres sur le terrain

Commencez par trier feuillu ou conifère, puis regardez la disposition des feuilles ou des bourgeons : opposés (frêne, érables, marronnier) ou alternés (chênes, hêtre, charme, châtaignier, platane, tilleul). Cette seule question écarte la moitié des noms du tableau. La méthode complète, en sept vérifications, est dans le guide pour reconnaître un arbre. En automne, une couleur peut aussi vous orienter : le guide de l'arbre à feuilles rouges distingue les arbres rouges toute l'année de ceux qui ne rougissent qu'en octobre.

Quand une feuille est hors de portée ou qu'un arbre de parc sort des clés forestières, une photo peut donner une piste. Tree Identifier, une application iPhone, identifie un arbre à partir d'une seule photo de la feuille, de l'écorce, d'un fruit ou de l'arbre entier, et affiche son nom commun, son nom scientifique et ses caractères clés. Elle n'affiche pas de score de confiance : vérifiez le nom proposé avec l'indice du tableau. La carte de Tree Identifier garde l'emplacement de chaque arbre identifié, pratique pour retrouver un chêne sessile ou un pin sylvestre repéré lors d'une sortie.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Les chiffres de l'IGN décrivent la forêt, pas les haies, les parcs ni les jardins : un érable, un tilleul ou un bouleau peuvent être communs près de chez vous sans figurer dans le classement.
  • Une photo donne l'essence, pas l'origine : elle ne dit pas si un douglas ou un chêne rouge a été planté ou s'il s'est semé seul.

Questions fréquentes

Quel est l'arbre le plus répandu en France ?

Cela dépend de la mesure. En nombre d'arbres, le charme arrive en tête avec environ 1 035 millions de tiges. En volume de bois, ce sont les chênes pédonculé et sessile, à égalité. En surface, le hêtre est présent sur 6,05 millions d'hectares de forêt (IGN, mémento 2024, moyennes 2019-2023).

Quels sont les arbres de France les plus faciles à reconnaître ?

Le frêne en hiver, à ses bourgeons noirs opposés ; le châtaignier, à sa feuille allongée bordée de dents pointues ; le hêtre, à son écorce lisse et gris clair ; le pin maritime, à ses longues aiguilles par deux ; le platane en ville, à son écorce qui se détache en plaques.

Combien d'essences d'arbres compte la forêt française ?

L'IGN recueille des informations sur près de 190 espèces d'arbres, regroupées en 70 essences. Les 13 essences détaillées dans son mémento représentent environ 70 % de la surface en essence principale et du volume de bois vivant sur pied.

Quelle est la répartition des essences forestières en France ?

Les feuillus font 65 % du volume de bois vivant et les conifères 35 %. Les chênes (sessile, pédonculé, pubescent, vert) font 44 % du volume des feuillus ; l'épicéa commun et le sapin pectiné 40 % de celui des conifères. Le pin maritime domine les Landes, le sapin et l'épicéa les montagnes de l'Est.

Quels sont les arbres les plus courants en ville ?

À Paris, sur 220 181 arbres recensés par la Ville en octobre 2026, les plus nombreux sont les platanes (42 598), les marronniers (24 797), les tilleuls (23 043) et les érables (21 056). Ces quatre genres font la moitié des arbres de l'inventaire municipal.

Sources

  1. Inventaire forestier national, Mémento édition 2024 — IGN (Institut national de l'information géographique et forestière)
  2. Mémento de l'inventaire forestier (fiche du jeu de données) — data.gouv.fr, IGN
  3. Les arbres (jeu de données, mis à jour le 16 octobre 2026) — Ville de Paris, Paris Data
  4. Fiches essences du Guide des essences de Paris — Ville de Paris, Paris Data

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les arbres. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les animaux : demandez à un spécialiste local.