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Arbres par région
Les arbres de Suisse et comment les reconnaître
Les essences de la forêt suisse classées par l'Inventaire forestier national, leur répartition du Jura au Valais, et les arbres que l'on croise en ville.

En bref
Les arbres de Suisse les plus communs sont l'épicéa (36 % des arbres de 12 cm de diamètre et plus), le hêtre (18 %) et le sapin blanc (11 %), selon le Rapport forestier 2025 de l'OFEV et du WSL. Ces trois essences font environ deux tiers de la forêt. Suivent le mélèze et l'érable (6 % chacun), puis le frêne, le pin, le chêne, le châtaignier et l'arole. Chiffres du cinquième inventaire (2018-2022).
- Épicéa, hêtre et sapin blanc représentent environ deux tiers des arbres de la forêt suisse.
- Dans le Jura, le hêtre détient le plus gros volume de bois (31 %) ; partout ailleurs, c'est l'épicéa.
- Les villes suisses comptent plus de 1300 espèces d'arbres, contre 76 dans les forêts (WSL, 2024).
La forêt couvre 1,3 million d'hectares en Suisse, soit 32 % du territoire. Ce qui y pousse est mesuré par l'Inventaire forestier national suisse (IFN), que le WSL réalise pour l'OFEV, et résumé dans le Rapport forestier 2025, qui publie les résultats du cinquième inventaire (relevés 2018 à 2022). Cette page reprend ce classement, montre comment il change entre le Jura, le Plateau, les Préalpes et les Alpes, avec un regard particulier sur la Suisse romande, et donne pour chaque essence l'indice qui permet de la reconnaître.
Le classement des essences de la forêt suisse
Le tableau classe les essences principales selon le nombre de tiges, c'est-à-dire leur part parmi tous les arbres vivants d'au moins 12 cm de diamètre à hauteur de poitrine. La dernière colonne donne leur part du volume de bois. Les deux chiffres viennent du Rapport forestier 2025 de l'OFEV et du WSL (figures 4.1.1 et 1.2.2, source IFN). Le volume total atteint 420,4 millions de m³.
| Rang | Essence | Part des tiges | Part du volume | Indice pour la reconnaître |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Épicéa | 36 % | 42,2 % | Aiguilles piquantes sur de petits coussinets ; cônes pendants |
| 2 | Hêtre | 18 % | 18,0 % | Écorce lisse gris clair ; feuille ovale, bord cilié |
| 3 | Sapin blanc | 11 % | 15,6 % | Aiguilles plates à deux bandes blanches dessous ; cônes dressés |
| 4 | Mélèze | 6 % | 6,4 % | Aiguilles en bouquets, jaunes en automne, tombées en hiver |
| 5 | Érable | 6 % | 3,5 % | Feuilles opposées et palmées ; fruits ailés par deux |
| 6 | Frêne | 4 % | 3,5 % | Feuilles composées opposées ; bourgeons noirs |
| 7 | Pin | 3 % | 2,5 % | Aiguilles par deux (pin sylvestre) ; haut du tronc orangé |
| 8 | Chêne | 2 % | 1,9 % | Feuilles lobées ; glands |
| 9 | Châtaignier | 2 % | 1,3 % | Longue feuille bordée de dents en pointe ; bogues épineuses |
| 10 | Arole | 1 % | 0,7 % | Aiguilles par cinq ; cônes dressés |
Les autres feuillus totalisent 10 % des tiges mais 3,8 % du volume, les autres résineux 1 % et 0,5 %. L'écart entre les deux colonnes n'est pas une erreur : érables et frênes sont en moyenne plus minces que les épicéas et les sapins, ils pèsent donc plus en nombre qu'en bois. Le volume se partage entre 68 % de résineux et 32 % de feuillus. Le rapport compte 39 essences indigènes de feuillus et 7 de résineux parmi les espèces forestières typiques.
Pour descendre au niveau de l'espèce, le classement du quatrième inventaire (2009-2017) publié sur waldwissen.net par le WSL détaille vingt espèces. Après l'épicéa, le hêtre, le sapin blanc, le mélèze et l'érable sycomore viennent le frêne, le pin sylvestre, le châtaignier, le bouleau verruqueux, l'aulne blanc, le chêne sessile, l'arolle, le pin de montagne, l'alisier blanc, le tilleul à petites feuilles, les saules, le sorbier des oiseleurs, le merisier, le charme-houblon et le chêne pédonculé.
Les arbres de Suisse romande, du Jura au Valais
La moyenne nationale masque de grands écarts. Le taux de boisement atteint presque 55 % au sud des Alpes, 40 % dans le Jura, 35 % dans les Préalpes, 28 % dans les Alpes et environ 24 % sur le Plateau, très peuplé.
- Jura (Vaud, Neuchâtel, Jura, Berne). C'est la seule région où l'épicéa n'est pas la première essence en volume : le hêtre y tient 31 % du bois, même si ce volume a reculé de 7 % en dix ans. Le sapin blanc y est aussi bien représenté. Selon le glossaire du rapport, les plus beaux pâturages boisés, ces paysages où îlots de forêt et prairies alternent, se trouvent dans le Haut-Jura.
- Plateau (Genève, Vaud, Fribourg). L'épicéa, souvent planté hors de sa station naturelle, y a perdu 15 % de son volume en dix ans. Le hêtre occupe la deuxième place (26 % du volume). D'après waldwissen.net, le frêne y fait 8 % des tiges, le double de sa moyenne nationale, mais il recule partout à cause du dépérissement des pousses du frêne.
- Préalpes (Fribourg, Vaud). Le sapin blanc y est relativement abondant et son volume y a crû de 9 %.
- Alpes (Valais, Alpes vaudoises). L'épicéa reste en tête et son volume y a augmenté de 6 %. Le mélèze, seul conifère indigène qui perd ses aiguilles en automne, est surtout présent dans les vallées intra-alpines. Le rapport note que la mortalité du pin sylvestre augmente en Valais depuis 1996 à cause de la sécheresse, par exemple au bois de Finges.
Au Tessin, le châtaignier fait 15 % des tiges, et le charme-houblon ne pousse qu'au Tessin et dans les vallées méridionales des Grisons. Si vous passez le Simplon ou le Gothard, ces deux arbres deviennent des candidats sérieux.
Les arbres de montagne et la limite de la forêt
Plus on monte, plus la liste raccourcit. Le WSL décrit l'arolle comme l'arbre des altitudes les plus élevées des Alpes, souvent associé au mélèze. Info Flora le décrit avec des aiguilles en faisceaux de cinq, raides, longues de 4 à 8 cm, et des cônes ovoïdes de 5 à 8 cm ; il pousse de l'étage subalpin à l'alpin, dans les forêts, les éboulis et les rochers. Entre les deux inventaires, le nombre d'aroles a progressé de 1,1 % par an.
La forêt monte aussi. Depuis dix ans, elle progresse de 0,4 % par an dans les Alpes, et près de 75 % de cette extension s'est faite au-dessus de 1400 m d'altitude, surtout sur des terrains abandonnés par l'agriculture. Un jeune arbre au milieu d'un alpage sera donc souvent un mélèze, un arole ou un épicéa.
Pour trier les résineux de montagne, trois questions suffisent. Les aiguilles sont-elles isolées (épicéa, sapin blanc), en faisceaux de deux ou cinq (pins, arole) ou en bouquets (mélèze) ? Si elles sont isolées, piquent-elles et laissent-elles un petit talon sur le rameau (épicéa), ou sont-elles plates avec deux bandes blanches (sapin) ? La comparaison complète est sur la page sapin ou épicéa, et le mélèze a sa propre fiche, reconnaître un mélèze.
Ce qui change dans la forêt suisse
Entre le quatrième (2009-2017) et le cinquième inventaire (2018-2022), l'érable a gagné 1,4 % de tiges par an et l'arole 1,1 %, tandis que l'épicéa en perdait 0,5 % par an. L'érable sycomore est la seule essence dont le volume a nettement augmenté dans toutes les régions, de 19 % en moyenne. Le frêne a le plus reculé en volume (moins 10 %) à cause du dépérissement de ses pousses, et le pin sylvestre a reculé presque partout, jusqu'à 4 % par an dans l'ouest du Plateau.
À basse altitude, où l'épicéa a beaucoup souffert des extrêmes climatiques, le rapport s'attend à des forêts plus riches en feuillus. Concrètement, sur le Plateau romand, vous verrez de plus en plus de hêtres, d'érables et de chênes là où se tenaient des plantations d'épicéas. La page reconnaître un hêtre décrit l'écorce lisse et les bourgeons pointus de l'essence feuillue la plus fréquente du pays.
Les arbres des villes et les espèces introduites
En ville, le paysage n'a presque rien à voir avec la forêt. Une étude du WSL, relayée par Swissinfo en septembre 2024, a exploité les cadastres d'arbres de villes suisses, plus de 500 000 arbres au total. Elle y a trouvé plus de 1300 espèces, la plupart non indigènes, contre 76 dans les forêts. Quelques espèces dominent pourtant : surtout des érables et des tilleuls en ville, des épicéas et des hêtres dans les forêts voisines.
En forêt, les essences introduites ne dominent que 0,7 % de la surface, presque toujours sous 1000 m d'altitude. Les principales sont le douglas, le chêne rouge et le pin noir ; dans le Jura et sur le Plateau, le douglas et le pin de Weymouth tendent à se propager seuls. Le Rapport forestier 2025 recense en outre 22 espèces ligneuses comme néophytes envahissantes et dix comme potentiellement envahissantes.
L'ailante en est l'exemple le plus visible en bord de route et de voie ferrée. Info Flora le classe sur la liste des espèces exotiques envahissantes et indique qu'il vient de Chine. Ses feuilles composées mesurent 40 à 60 cm, avec 4 à 12 paires de folioles atteignant 10 cm, entières sauf quelques dents glanduleuses près de la base, un détail à chercher au revers de chaque foliole.
Reconnaître un arbre suisse sur le terrain
La méthode reste celle du guide pour reconnaître un arbre : feuillu ou conifère, feuilles opposées ou alternes, forme de la feuille, écorce, bourgeons, fruits. En Suisse, deux raccourcis font gagner du temps. L'altitude d'abord : près de la limite de la forêt, l'arole, le mélèze et l'épicéa sont les candidats les plus probables. La région ensuite : un feuillu à écorce lisse et grise dans le Jura est le plus souvent un hêtre, un résineux à aiguilles en bouquets en Valais un mélèze.
Quand la branche est trop haute, une photo peut donner une piste. Tree Identifier, une application iPhone, propose un nom commun et un nom scientifique à partir d'une seule photo de la feuille, de l'écorce, d'un cône ou de l'arbre entier. Elle a besoin d'une connexion internet, donc de réseau en montagne, et n'affiche pas de liste d'espèces voisines : vérifiez le résultat avec l'indice du tableau. Le mélèze d'Europe, l'épicéa, le sapin blanc, le hêtre, le châtaignier et le pin sylvestre figurent dans la collection de Tree Identifier, et sa carte garde l'emplacement de chaque arbre identifié pendant une randonnée.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les chiffres de l'inventaire décrivent la forêt. Les parcs, jardins et rues de Genève, Lausanne ou Fribourg abritent des centaines d'espèces plantées qui n'y figurent pas.
- L'inventaire regroupe des espèces : « érable » réunit sycomore, plane et champêtre ; « chêne » plusieurs chênes. L'espèce exacte se vérifie à la feuille ou au fruit.
- Une photo ne dit pas si un douglas ou un chêne rouge a été planté ou s'est semé seul.
Questions fréquentes
Quel est l'arbre le plus répandu en Suisse ?
L'épicéa. Selon le Rapport forestier 2025 de l'OFEV et du WSL, il représente 36 % des arbres de 12 cm de diamètre et plus, et 42 % du volume de bois. Il est la première essence en volume dans toutes les régions sauf le Jura, où le hêtre le dépasse.
Combien d'essences d'arbres indigènes compte la Suisse ?
Le Rapport forestier 2025 cite 39 essences indigènes de feuillus et 7 de résineux parmi les espèces forestières typiques. Les villes en abritent beaucoup plus : plus de 1300 espèces, la plupart non indigènes, d'après une étude du WSL publiée en septembre 2024.
Quelle différence entre l'arole et le pin sylvestre ?
Comptez les aiguilles d'un faisceau. L'arole en a cinq, raides, de 4 à 8 cm, selon Info Flora ; c'est le seul pin indigène à cinq aiguilles. Le pin sylvestre en a deux, et le haut de son tronc est orangé.
Quels arbres sont envahissants en Suisse ?
Le Rapport forestier 2025 recense 22 espèces ligneuses comme néophytes envahissantes et dix autres comme potentiellement envahissantes. L'ailante, originaire de Chine, figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes d'Info Flora.
Quels arbres pousse-t-on en Suisse romande ?
Dans le Jura vaudois et neuchâtelois, le hêtre et le sapin blanc dominent avec l'épicéa ; sur le Plateau, le hêtre et le frêne gagnent du terrain sur l'épicéa planté ; en Valais, mélèze, arole et pin sylvestre marquent les pentes.
Sources
- Rapport forestier 2025 : évolution, état et utilisation de la forêt suisse — Office fédéral de l'environnement OFEV et Institut fédéral de recherches WSL
- Les arbres forestiers les plus fréquents de Suisse — WSL, waldwissen.net
- Les villes suisses abritent 1300 espèces d'arbres différentes — Swissinfo (Keystone-ATS), d'après une étude du WSL
- Pinus cembra L. — Info Flora
- Ailanthus altissima (Mill.) Swingle — Info Flora
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