Aussi en English
Fiche arbre
Reconnaître un platane : platane commun, d'Orient et d'Occident
Une écorce qui part en plaques et laisse un tronc en marqueterie, des boules de fruits pendues tout l'hiver, des feuilles palmées une par nœud : trois indices, et le nombre de boules par pédoncule pour l'espèce.

En bref
Pour reconnaître un platane, regardez d'abord le tronc : l'écorce se détache en plaques et laisse une marqueterie gris-vert, brune et crème. Cherchez ensuite les fruits, des boules hérissées pendues à de longs pédoncules tout l'hiver. Les feuilles, grandes et palmées comme celles d'un érable, sont alternes, une par nœud. Deux boules par pédoncule désignent le platane commun, trois à six le platane d'Orient.
- Feuilles alternes et boules de fruits : platane. Feuilles opposées et samares ailées : érable.
- Comptez les boules sur un même pédoncule : une chez le platane d'Occident, deux en général chez le platane commun, trois à six chez le platane d'Orient.
- Le « mûrier platane » des jardineries est un mûrier (genre Morus), pas un platane.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Platanus × hispanica (platane commun), P. orientalis, P. occidentalis
- Famille
- Platanacées
- Type
- Feuillu, caduc
- Écorce
- S'exfolie en plaques et laisse un tronc clair en marqueterie gris-vert, brun et crème ; les plaques sont plus petites chez le platane d'Orient.
- Fruits
- Boules hérissées (glomérules d'akènes plumeux) sur de longs pédoncules, qui persistent tout l'hiver puis se défont en graines munies de poils.
- Boules par pédoncule
- Platane d'Occident : une en général. Platane commun : deux en général (une à quatre). Platane d'Orient : trois à six.
- Feuilles
- Alternes, grandes, palmées et lobées, à nervures partant du pétiole comme les doigts d'une main. Lobes plus profonds et plus étroits, 5 à 7, chez le platane d'Orient.
- Bourgeons
- Un par nœud, caché sous la base élargie du pétiole tant que la feuille est en place ; il n'apparaît qu'à la chute des feuilles.
- Taille
- Platane commun environ 35 m, platane d'Orient 30 m, platane d'Occident 40 m (guide des essences de Paris) ; longévité supérieure à 200 ans.
- Où le voir
- Alignements, places, cours d'école, parcs et bords de canaux ; première essence d'arbre à Paris.
- Dans l'application
- La Collection de Tree Identifier compte le platane d'Occident et le platane commun, ce dernier sous le nom Platanus × acerifolia.
Le platane est l'arbre des routes du Midi, des places de village et des boulevards parisiens. En France, celui que vous croisez est presque toujours le platane commun (Platanus × hispanica), un hybride du platane d'Orient et du platane d'Occident. Ses deux parents sont plantés eux aussi, plus rarement. Trois indices disent « platane » ; le nombre de boules sur un même pédoncule dit lequel.
Reconnaître un platane : l'écorce, les boules, les feuilles
1. L'écorce. Le tronc du platane commun est très clair et droit, et son écorce « s'exfolie en marqueterie gris-vert, brun, crème », selon la fiche du Guide des essences de Paris. Les plaques tombent au pied de l'arbre comme des morceaux de puzzle.
2. Les boules. Les fruits sont des boules hérissées, faites de nombreux akènes munis de poils, pendues à de longs pédoncules. Elles restent sur l'arbre tout l'hiver puis se défont au vent. Si l'arbre porte des boules en janvier, ce n'est pas un érable.
3. Les feuilles. Grandes, palmées, lobées, elles ressemblent à celles d'un érable, mais elles sont alternes : une seule feuille par nœud, alors que les érables en portent deux face à face. Arrachez une feuille en été : la base du pétiole, élargie, recouvre le bourgeon, que l'on ne voit qu'une fois la feuille tombée. Virginia Tech décrit ce caractère chez le platane d'Occident.
Si l'arbre est trop haut pour atteindre un rameau, une photo de l'écorce ou d'une boule tombée suffit souvent à Tree Identifier pour proposer un nom. L'application n'affiche pas de liste d'espèces voisines : comptez ensuite les boules par pédoncule.
Platane commun, d'Orient ou d'Occident
| Platane | Boules par pédoncule | Feuilles | Écorce | En France |
|---|---|---|---|---|
| Commun (P. × hispanica) | 2 en général (1 à 4) | Lobes moins profonds, souvent 5 | Marqueterie gris-vert, brun, crème | Le plus planté, partout |
| D'Orient (P. orientalis) | 3 à 6 | Très grandes, brillantes, 5 à 7 lobes profonds et étroits | Jaune-vert-gris, en plaques plus petites | Parcs, cimetières, alignements |
| D'Occident (P. occidentalis) | 1 en général | Grandes, palmilobées, à grosses dents | Brun clair, se desquame | Moins planté, surtout en alignement |
Le décompte des boules et des lobes vient du New Zealand Plant Conservation Network, qui donne pour le platane commun des boules « typiquement deux » par tige, d'une à quatre, contre trois à six chez le platane d'Orient, et des feuilles à 5 lobes moins profonds contre 5 à 7. Virginia Tech décrit une seule boule sur un pédoncule de 8 à 15 cm chez le platane d'Occident. L'écorce et la taille viennent des fiches de Paris sur le platane d'Orient et le platane d'Occident.
Un même arbre peut porter des pédoncules à une, deux ou trois boules : comptez-en une dizaine et retenez le cas le plus fréquent.
Le platane, arbre des villes et des routes
À Paris, le platane commun est la première essence : il représente près de 18 % des arbres recensés et presque 30 % des arbres d'alignement, selon le guide des essences de la Ville. Les fiches sur les platanes d'Orient et d'Occident rappellent qu'on les plante dans la capitale dès 1850, lors des travaux du Second Empire : le baron Haussmann recommandait le platane « pour ses qualités de grandeur et d'esthétique », d'où sa place le long des nouvelles avenues ; l'un des plus anciens alignements est boulevard Diderot. Le guide signale aussi que le platane commun, déjà très présent, est aujourd'hui à limiter dans les nouvelles plantations. Le guide des arbres les plus communs en France compare ce classement des rues parisiennes à celui de la forêt.
Le long des routes et des canaux du Sud, le platane donne l'ombre des alignements. Le canal du Midi en est l'exemple le plus connu : selon la réponse du ministère de l'Écologie publiée en janvier 2014, 42 000 platanes y formaient 90 % des arbres d'alignement sur 250 km.
Le chancre coloré du platane, en contexte
Ces alignements sont menacés par le chancre coloré, causé par le champignon Ceratocystis platani. Il est réglementé en France : l'arrêté du 31 janvier 2025 dispose que « la lutte contre le chancre coloré du platane est obligatoire sur tout le territoire national » et que toute présence ou suspicion de symptômes doit être déclarée au préfet de région. Le même texte définit les platanes comme « tous les végétaux du genre Platanus ».
Sur le canal du Midi, le ministère jugeait en 2014 la propagation de la maladie irréversible et prévoyait qu'elle toucherait à terme les 42 000 platanes en dix à vingt ans. Des replantations tests ont été faites dans l'Aude : des platanes résistants au chancre à Trèbes, des tilleuls argentés à Villedubert (voir la fiche tilleul). Cette page ne traite pas des symptômes ni des soins ; pour un arbre suspect, adressez-vous aux services de l'État ou à un professionnel.
Le mûrier platane n'est pas un platane
En jardinerie, le « mûrier platane » est vendu comme arbre d'ombrage, souvent en version stérile. C'est un mûrier. La fiche de la Ville de Trouy le présente sous le nom Morus kagayamae, famille des Moracées, avec de grandes feuilles en forme de cœur, rugueuses, pouvant atteindre 30 cm, et une hauteur de 10 à 12 m. Le nom vient de ces grandes feuilles ; les platanes, eux, appartiennent au genre Platanus, de la famille des Platanacées.
Trois indices les séparent : pas d'écorce en marqueterie, pas de boules hérissées en hiver, et des feuilles en cœur plutôt que palmées comme une main. Une variété stérile ne porte pas de mûres ; les autres en portent de petites.
Platane ou érable plane
Le sosie le plus fréquent reste l'érable, surtout l'érable plane (Acer platanoides) et l'érable sycomore, aux grandes feuilles palmées. La fiche érable détaille les érables de France ; retenez ici le test décisif : feuilles et bourgeons opposés chez l'érable, alternes chez le platane. Les fruits confirment : samares ailées pour l'érable, boules pour le platane. L'écorce ne suffit pas toujours, car celle de l'érable sycomore se détache aussi par plaques.
La Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit au fil de vos identifications, compte le platane d'Occident et le platane commun. Pour comparer d'autres écorces, voyez reconnaître un arbre par son écorce.
Espèces proches et comment les distinguer
Érable plane et érable sycomore (Acer)
Les feuilles et les bourgeons des érables sont opposés, deux par nœud, et leurs fruits sont des samares ailées en hélicoptère, jamais des boules. L'écorce du sycomore peut aussi partir en plaques : vérifiez toujours la disposition des feuilles.
Mûrier platane (Morus kagayamae)
Un mûrier de la famille des Moracées, planté pour son ombre : grandes feuilles en cœur, rugueuses, sans boules hérissées en hiver ni écorce en marqueterie. Il porte de petites mûres ou aucun fruit selon la variété.
Platane d'Orient (Platanus orientalis)
Feuilles découpées plus profondément, en 5 à 7 lobes étroits, et trois à six boules par pédoncule au lieu d'environ deux. Son écorce s'exfolie en plaques plus petites que celles du platane commun.
Platane d'Occident (Platanus occidentalis)
En général une seule boule par pédoncule, des feuilles à grosses dents et une écorce brun clair qui se desquame. Moins planté que le platane commun ; à Paris, on le voit surtout en alignement, comme boulevard Kellermann.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les platanes d'alignement sont surtout des platanes communs, mais aussi des variétés et des platanes d'Orient ou d'Occident ; le nombre de boules varie d'un pédoncule à l'autre, alors comptez-en plusieurs avant de conclure.
- Les boules de fruits ne sont visibles que de la fin de l'été à la fin de l'hiver ; au printemps, il faut s'en remettre aux feuilles et à l'écorce.
- Une photo d'une feuille isolée ne montre pas si elle était alterne ou opposée : photographiez un rameau entier pour séparer un platane d'un érable.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un platane en hiver ?
Au tronc d'abord, dont l'écorce s'exfolie en plaques et laisse une marqueterie gris-vert, brune et crème. Puis aux boules de fruits, qui restent accrochées tout l'hiver selon le guide des essences de Paris. Les bourgeons sont alternes, un par nœud, ce qui écarte les érables, à bourgeons opposés.
Quelle différence entre un platane et un érable ?
La disposition des feuilles : alternes chez le platane, opposées chez l'érable. Le fruit ensuite : boules hérissées chez le platane, samares ailées chez l'érable. L'écorce en plaques ne suffit pas, car celle de l'érable sycomore se détache aussi par plaques.
Le mûrier platane est-il un platane ?
Non. Le « mûrier platane » est un mûrier, Morus kagayamae, de la famille des Moracées, que l'on plante pour l'ombre de ses grandes feuilles en cœur. Il doit son nom à la taille de ses feuilles. Les platanes forment le genre Platanus, de la famille des Platanacées.
Pourquoi abat-on les platanes du canal du Midi ?
À cause du chancre coloré du platane, un champignon contre lequel la lutte est obligatoire en France. En 2014, le ministère de l'Écologie jugeait sa propagation irréversible sur le canal et estimait qu'elle toucherait à terme les 42 000 platanes qui le bordent sur 250 km.
Sources
- Platanus × hispanica, Platane commun (fiche du Guide des essences de Paris) — Ville de Paris, Paris Data
- Platanus orientalis, Platane d'Orient (fiche du Guide des essences de Paris) — Ville de Paris, Paris Data
- Platanus occidentalis, Platane d'Occident (fiche du Guide des essences de Paris) — Ville de Paris, Paris Data
- Arrêté du 31 janvier 2025 relatif à la lutte contre Ceratocystis platani, agent pathogène du chancre coloré du platane — AIDA, INERIS (texte publié au Journal officiel n° 31 du 6 février 2025)
- Question écrite n° 37765 sur les platanes du canal du Midi (réponse publiée au JO le 7 janvier 2014) — Assemblée nationale
- Morus kagayamae, Mûrier platane (fiche arbre) — Ville de Trouy
- Platanus orientalis — New Zealand Plant Conservation Network
- American sycamore (Platanus occidentalis) fact sheet — Virginia Tech Dendrology