Guide des indices

Quel arbre a des boules piquantes ? Ouvrez la boule, puis levez les yeux

Regardez ce que la boule contient, comment elle s'ouvre et quelle feuille pend au-dessus. Ces trois questions départagent les arbres à fruits piquants des parcs, des rues et des forêts.

Planche de fruits : boule brune hérissée de becs, boule duveteuse sur sa tige, coque verte à pointes ouverte sur une graine luisante, bogue épineuse avec deux châtaignes et gros fruit vert bosselé
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Un arbre à boules piquantes, en France, est le plus souvent un marronnier d'Inde (coque verte à pointes, une ou deux graines brunes luisantes) ou un châtaignier (bogue couverte d'épines serrées, 1 à 3 châtaignes). Une petite cupule à épines molles et faînes triangulaires désigne le hêtre ; une boule brune et dure hérissée de becs, vide, le liquidambar ; une boule duveteuse sans épines, le platane.

  • Ne mangez jamais une graine, une noix ou une baie sur la foi d'une page web ou d'une application : les marrons d'Inde sont toxiques, selon la Ville de Paris.
  • Feuille en main à 5 à 7 folioles : marronnier. Feuille simple, allongée et dentée en pointes : châtaignier. Feuille en étoile, alterne : liquidambar.
  • Un arbuste à feuilles piquantes et boules rouges est un houx : ce sont ses feuilles qui piquent, pas ses fruits.

Une boule piquante sous un arbre, en automne, intrigue tout le monde. Bonne nouvelle : en Europe, la liste est courte, et deux questions suffisent presque toujours. Que contient la boule, une graine luisante, une noix ou rien du tout ? Et quelle feuille pend au-dessus ? Plusieurs de ces fruits sont toxiques : ne mangez jamais une graine, une noix ou une baie sur la foi d'une page web ou d'une application, et demandez à un expert local.

Les arbres à boules piquantes en un coup d'œil

Ce que vous voyez Arbre probable Contenu Feuille Le test qui tranche
Grosse coque verdâtre, pointes espacées, s'ouvrant en 3 Marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum) 1 ou 2 graines rondes, brunes, luisantes Opposée, en main, 5 à 9 folioles Feuille composée en éventail
Bogue couverte d'épines fines et serrées, s'ouvrant en 4 Châtaignier (Castanea sativa) 1 à 3 châtaignes aplaties Alterne, simple, 10 à 20 cm, dents en pointe Épines groupées en faisceaux
Petite cupule ligneuse à épines molles, s'ouvrant en 4 Hêtre (Fagus sylvatica) 2 ou 3 faînes triangulaires Ovale, bord entier ou ondulé, cilié Écorce lisse, grise
Boule brune, dure, hérissée de becs, pendante Liquidambar (Liquidambar styraciflua) Vide : graines déjà parties En étoile, alterne Boules accrochées tout l'hiver
Boule duveteuse sans épines, sur un long pédoncule Platane (Platanus × hispanica) Petits fruits secs à poils Grande, palmée, alterne Écorce qui se détache par plaques
Grosse boule vert-jaune bosselée, 7,5 à 15 cm Oranger des Osages (Maclura pomifera) Fruit charnu à suc laiteux Simple, luisante Rameaux épineux

Les descriptions viennent de la Flore de l'abbé Coste et des fiches de Maurice Reille sur Tela Botanica, du Guide des essences de Paris, de NC State Extension pour le liquidambar et du Service des forêts des États-Unis pour l'oranger des Osages.

Marronnier d'Inde : la coque à pointes et la graine luisante

C'est l'arbre à boules piquantes le plus courant en ville : le Guide des essences de Paris indique que le marronnier d'Inde représente plus de 7 % des arbres de la capitale, surtout en alignement, et décrit un fruit épineux contenant 1 à 3 marrons bruns, brillants et toxiques. Coste, sur eFlore, parle d'une capsule très grosse, globuleuse, coriace, épineuse, verdâtre, qui s'ouvre en trois valves sur une ou deux graines subglobuleuses, luisantes, marquées d'une grande tache ronde (le hile). Elle mûrit en septembre et octobre.

La feuille confirme sans hésitation : grande, opposée, digitée, à 5 à 9 folioles en forme de coin, comme une main ouverte. Le marronnier d'Inde est originaire des Balkans ; le Guide des essences de Paris le range parmi les essences exotiques. Il fait partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit au fil de vos identifications.

Châtaignier et hêtre : les bogues de la famille du chêne

Le châtaignier. Maurice Reille le dit facile à reconnaître par la bogue épineuse qui entoure ses fruits. Coste décrit un involucre arrondi, coriace, hérissé d'épines vulnérantes groupées en faisceaux, qui s'ouvre en quatre valves sur 1 à 3 fruits. Les bogues tombent en octobre. La feuille, alterne, mesure 10 à 20 cm, avec 15 à 20 paires de nervures parallèles terminées chacune par une pointe au bout d'une dent. Le châtaignier fuit le calcaire et, d'après Reille, ne monte pas au-dessus de 1 000 m en Lozère. La fiche châtaignier ou marronnier compare les deux arbres en détail.

Le hêtre. Sa boule est petite et ses épines sont molles : Coste décrit un involucre ligneux, velu, hérissé d'épines molles, qui s'ouvre en quatre valves sur 2 ou 3 faînes trigones d'un brun luisant, en août et septembre. Sous un hêtre, le sol est jonché de ces cupules ouvertes en étoile. L'écorce lisse et grise et la feuille ovale au bord cilié achèvent le portrait : voyez la fiche hêtre.

Liquidambar et platane : deux boules de parc souvent confondues

Le liquidambar (copalme d'Amérique) porte des boules dures, brunes à maturité, hérissées de capsules en forme de bec. NC State Extension les décrit de 2,5 à 7,5 cm de diamètre, formées de nombreuses petites capsules contenant chacune une ou deux graines ailées ; elles restent souvent sur l'arbre tout l'hiver avant de tomber. La boule ramassée au sol est donc presque toujours vide. Sa feuille en étoile ressemble à celle d'un érable, mais elle est alterne, et le Guide des essences de Paris signale l'écorce liégeuse de l'arbre. La fiche liquidambar compare sa feuille à celle des érables. Le liquidambar fait partie de la Collection de Tree Identifier.

Le platane n'a pas de boules piquantes, mais on le cherche souvent sous ce nom. Coste décrit des fruits secs entourés de poils à la base, groupés en boules espacées sur de longs pédoncules pendants, mûres en automne ; le Guide des essences de Paris note que ces fruits persistent tout l'hiver. Le platane commun est la première essence de Paris, près de 18 % des arbres. Son écorce qui s'exfolie en plaques gris-vert, brun et crème le trahit de loin ; voyez la fiche platane.

Boules rouges : houx et arbousier

Une recherche fréquente vise un « arbre piquant à boules rouges ». Deux candidats.

Le houx est un arbuste ou un petit arbre de 2 à 10 m, dont les feuilles persistantes, très coriaces et luisantes, sont ondulées et dentées-épineuses, parfois entières avec une seule épine au bout sur les vieux pieds, selon Coste. Ses fruits rouges, luisants, plus gros qu'un pois, restent sur l'arbre en hiver, mais seulement sur les pieds femelles : le Guide des essences de Paris rappelle que l'espèce est dioïque, et que ses feuilles et ses fruits sont toxiques par ingestion.

L'arbousier porte des baies globuleuses hérissées de petits tubercules pyramidaux, rouges à maturité, d'après Coste. Particularité utile : fleurs blanchâtres en grappes et fruits mûrs se côtoient d'octobre à janvier. Ses feuilles persistantes sont dentées en scie mais ne piquent pas, et ses jeunes rameaux sont rouges. On le trouve dans les bois et rochers du Midi et de l'Ouest. Le guide des arbres à baies rouges présente les autres fruits rouges.

La grosse boule verte bosselée et l'aide d'une photo

Une boule verte de la taille d'un pamplemousse, à la peau bosselée comme un cerveau, vient de l'oranger des Osages, un arbre nord-américain rare en France : 65 sujets recensés à Paris selon le Guide des essences. Le Service des forêts des États-Unis décrit un fruit de 7,6 à 15 cm, vert-jaune, dont le suc laiteux amer peut irriter la peau ; manipulez-le avec des gants.

En hiver, les boules restées accrochées au liquidambar et au platane, ou les bogues ouvertes au pied des châtaigniers et des hêtres, nomment l'arbre avant les bourgeons ; le guide reconnaître les arbres en hiver prend ensuite le relais. Pour une photo, posez la boule à côté d'une feuille de l'arbre, à la lumière du jour. Tree Identifier, une application iPhone, propose un nom à partir d'une seule photo, mais sans score de confiance ni liste de sosies : vérifiez le contenu de la boule et la feuille avec le tableau ci-dessus. Ses notes de toxicologie sont rédigées par une IA et ne remplacent pas l'avis d'un centre antipoison.

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Une boule seule au sol ne dit pas toujours de quel arbre elle vient : les écureuils et les enfants les déplacent. Confirmez avec les feuilles de l'arbre au-dessus.
  • Une photo ne départage pas un marronnier d'Inde d'un marronnier hybride à fleurs rouges sans les fleurs ; et un châtaignier greffé ne se distingue pas d'un châtaignier sauvage par la bogue.
  • Les arbres plantés brouillent la géographie : liquidambar et oranger des Osages, d'origine nord-américaine, poussent dans des parcs bien loin de leur aire naturelle.

Questions fréquentes

Quel arbre a des boules vertes piquantes ?

En septembre, le marronnier d'Inde (coque verdâtre à pointes espacées, une ou deux grosses graines) ou le châtaignier (bogue couverte d'épines fines et serrées, jusqu'à trois châtaignes). En été, les boules vertes à becs d'un liquidambar mûrissent aussi avant de brunir. Regardez la feuille pour trancher.

Quel arbre a des boules rouges et des feuilles qui piquent ?

Le houx. Ses feuilles persistantes, très coriaces et luisantes, sont bordées de dents épineuses ; ses fruits sont des drupes rouges, plus grosses qu'un pois, qui restent sur l'arbre en hiver. La Ville de Paris signale que ses feuilles et ses fruits sont toxiques par ingestion : n'en mangez jamais.

Les boules du platane piquent-elles ?

Non. Ce sont des boules de petits fruits secs entourés de poils, suspendues à de longs pédoncules et mûres en automne, d'après Coste. Elles se défont en duvet au printemps. Une boule brune et dure, hérissée de pointes en bec, vient plutôt d'un liquidambar.

Quelle est la différence entre une châtaigne et un marron d'Inde ?

La châtaigne vient d'une bogue très épineuse qui s'ouvre en quatre et en contient une à trois, ovoïdes et comprimées, selon Coste. Le marron d'Inde sort, seul ou par deux, d'une coque à pointes espacées qui s'ouvre en trois ; il est rond et toxique selon la Ville de Paris. La fiche châtaignier ou marronnier détaille les feuilles.

Sources

  1. Aesculus hippocastanum L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  2. Castanea sativa Mill. (eFlore, descriptions de Coste et de Maurice Reille) — Tela Botanica
  3. Fagus sylvatica L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  4. Platanus × hispanica (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  5. Liquidambar styraciflua (American sweetgum) — North Carolina Extension Gardener Plant Toolbox, NC State University
  6. Arbutus unedo L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  7. Ilex aquifolium L. (eFlore, description de Coste) — Tela Botanica
  8. Fiches essences du Guide des essences de Paris — Ville de Paris, Paris Data

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les arbres. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les animaux : demandez à un spécialiste local.