Santé des arbres
Chenille processionnaire : la reconnaître et s'en protéger
Un nid blanc en haut d'un pin en hiver, une procession au sol au printemps, une masse soyeuse sur un tronc de chêne en juin : trois signes, deux espèces, et une règle, ne pas toucher.

En bref
La chenille processionnaire existe en France sous deux espèces. Celle du pin tisse en hiver un nid blanc et soyeux au sommet des pins, puis descend en procession au sol entre janvier et mai. Celle du chêne vit d'avril à août en colonies sur le tronc et les grosses branches des chênes. Toutes deux portent des poils urticants dès le troisième stade : ne les touchez pas, ni leurs nids, même vides.
- Selon l'ANSES, l'exposition aux processionnaires du pin culmine en mars, celle du chêne en juin.
- Dans un cas sur deux, les personnes exposées n'avaient pas vu de chenille : les poils voyagent avec le vent et restent dans les nids vides.
- Chien qui bave beaucoup après une promenade : vétérinaire ou centre antipoison vétérinaire, sans attendre.
Les chenilles processionnaires sont classées parmi les espèces nuisibles à la santé humaine depuis avril 2022 (décret n° 2022-686, selon l'ANSES et l'ONF, pages lues le 30 octobre 2026). Ce guide vous aide à reconnaître les deux espèces de France à leurs nids et à leur calendrier, résume les risques tels que l'ANSES les décrit, et dit qui appeler. Il ne donne aucun mode d'emploi pour détruire un nid ou traiter un arbre : c'est le travail de professionnels équipés.
Ce qu'il faut regarder sur l'arbre
Commencez par l'arbre, de loin, sans vous approcher à moins de quelques mètres.
- Un pin, un cèdre en hiver, avec une boule blanche en haut. C'est le nid d'hiver de la processionnaire du pin. Ephytia (INRAE) le décrit comme un tissage soyeux, dense et blanc, construit à l'automne dans la partie la plus ensoleillée de l'arbre, en général en hauteur ; l'ONF parle de nids blancs en forme de fuseau. Des aiguilles rongées et une cime dégarnie l'accompagnent.
- Une file de chenilles au sol, entre janvier et mai. C'est la procession de nymphose de la processionnaire du pin : les chenilles descendent du tronc pour s'enterrer. Ephytia la situe de fin janvier à fin mai selon les régions, et parfois avant l'hiver sur la côte atlantique. Selon le DSF, une procession vue au sol en hiver ou au printemps est celle du pin, car la processionnaire du chêne se transforme dans l'arbre. L'ANSES compte jusqu'à 300 chenilles dans un cordon.
- Un chêne, au printemps ou en été, avec une masse soyeuse sur le tronc. C'est la processionnaire du chêne. Le guide du DSF décrit, de mi-avril à fin juin, des colonies qui forment de gros amas de soie et de chenilles sur le tronc et les grosses branches ; l'ONF précise que les chenilles en sortent à la tombée du jour, en procession, pour manger les feuilles.
- Un chêne en hiver, avec un vieux nid sur le tronc. Les restes de nids de nymphose restent urticants même en hiver, selon le DSF.
Les chenilles elles-mêmes : brun orangé pour celle du pin, gris argenté pour celle du chêne, jusqu'à 4 cm selon l'ANSES (près de 5 cm au dernier stade pour celle du pin selon Ephytia).
Pin ou chêne : les deux espèces côte à côte
| Processionnaire du pin | Processionnaire du chêne | |
|---|---|---|
| Nom scientifique | Thaumetopoea pityocampa | Thaumetopoea processionea |
| Arbres | Pins ; aussi cèdres, quelques sapins, Douglas | Chênes à feuilles caduques seulement |
| Nid | Boule soyeuse blanche en haut de l'arbre, en hiver | Amas soyeux sur le tronc et les grosses branches |
| Chenilles actives | Automne et hiver dans le nid, procession au sol de janvier à mai | De mi-avril à fin juin dans l'arbre |
| Pic d'exposition (ANSES) | Mars | Juin |
| Où elles se transforment | Dans le sol | Dans le nid, sur l'arbre, début juillet |
Sources : ANSES, Ephytia (INRAE) et le guide du DSF sur la processionnaire du chêne. Si vous hésitez sur l'arbre lui-même, les fiches pin et chêne aident à le nommer.
Les risques pour vous, vos enfants et votre chien
Le danger vient des poils, pas d'une piqûre. Selon l'ANSES, ils se détachent facilement, sont portés par le vent sur plusieurs dizaines de mètres et restent dans les nids vides ; dans un cas sur deux, les personnes exposées n'avaient pas vu de chenille, parce que les poils s'étaient déposés sur des vêtements, le pelage d'un animal, des outils de jardin ou une terrasse. Le DSF et l'ONF situent l'apparition des poils urticants au troisième stade de la chenille, et l'ONF les dit irritants pendant deux à trois ans.
L'ANSES décrit ces atteintes :
- La peau, dans 90 % des cas, en général sans gravité : boutons rouges en cloques et plaques qui grattent, comme des piqûres d'ortie.
- Les yeux : douleur, larmes, rougeur, paupières gonflées ; dans les cas graves, des lésions de la cornée et des troubles de la vue qui persistent.
- Les voies respiratoires : toux, nez qui coule, éternuements, parfois crise d'asthme.
- La bouche, surtout chez les tout-petits qui portent une chenille à la bouche : gonflement du visage et de la gorge, difficultés à respirer.
- Une exposition importante peut entraîner une chute brutale de la tension, un malaise ou une perte de connaissance.
Sur plus de 1 200 expositions étudiées par l'ANSES entre 2012 et juillet 2019, moins de 5 % étaient de gravité moyenne, surtout quand des poils avaient atteint les yeux.
Les chiens sont exposés en reniflant le sol ou en attrapant une chenille. L'ANSES signale de graves réactions inflammatoires pouvant aller jusqu'à la nécrose de la langue, avec une salivation importante comme signe d'alerte : vétérinaire ou centre antipoison vétérinaire, rapidement.
Que faire après un contact
Les consignes de l'ANSES, dans l'ordre :
- Prenez une douche, rincez-vous bien et changez de vêtements. Ne frottez pas la peau ni les yeux.
- Détresse respiratoire, malaise ou perte de connaissance : appelez le 15 ou le 112 (le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes).
- Poils dans l'œil : consultez rapidement un ophtalmologue.
- Rougeurs, démangeaisons ou autre symptôme : appelez un centre antipoison ou consultez un médecin. Si possible, photographiez la chenille pour aider à identifier l'espèce.
- Animal exposé : vétérinaire ou centre antipoison vétérinaire.
Pour éviter le contact, l'ANSES conseille aussi de surveiller les enfants, d'éviter les parcs et jardins aux arbres atteints, de ne pas faire sécher le linge dehors près de ces arbres, de prendre garde en tondant et de porter des vêtements longs en forêt.
Qui appeler pour un nid
- Dans votre jardin : un professionnel équipé. L'ANSES et l'ONF déconseillent tous deux de toucher un nid, même vide ; le DSF rappelle que sa destruction exige masque, gants, lunettes et combinaison. Un arboriste-élagueur ou une entreprise spécialisée peut intervenir.
- Sur l'espace public ou chez un voisin : la mairie. L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes indique que la commune peut informer le propriétaire d'un terrain infesté et, en cas de risque avéré pour la santé publique, que le maire peut user de ses pouvoirs de police ; les préfets fixent par arrêté des mesures par département, et toute observation peut être signalée sur la plateforme nationale.
- En forêt domaniale : l'ONF indique qu'il n'utilise pas d'insecticide dans les forêts de l'État et peut reporter des travaux pendant les pullulations.
Les autres problèmes courants des arbres, de la chalarose aux scolytes, sont résumés dans le guide maladies des arbres.
Avec une photo, de loin
Restez à distance et zoomez. Tree Identifier peut nommer l'arbre à partir d'une photo de ses aiguilles, de ses feuilles ou de sa silhouette, ce qui suffit souvent à savoir à quelle espèce de processionnaire vous avez affaire. L'outil Diagnostiquer de Tree Identifier donne un premier avis sur l'état de l'arbre, avec un badge de gravité, et l'historique garde la photo datée, utile pour la mairie ou le professionnel que vous appellerez. Ce n'est pas un avis médical : en cas de contact, suivez les consignes ci-dessus.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Ne vous approchez pas d'un nid pour le photographier : les poils urticants se détachent et voyagent avec le vent.
- Une photo ne dit pas si un nid est vide ou habité, et un nid vide reste dangereux.
- Aucune page ni application ne remplace un médecin, un vétérinaire ou un centre antipoison après un contact.
Questions fréquentes
Quelle est la période des chenilles processionnaires ?
Selon l'ANSES, les expositions à la processionnaire du pin vont de janvier à mai, avec un pic en mars, et celles du chêne d'avril à août, avec un pic en juin. Les nids vides restent urticants hors saison : l'ONF parle de deux à trois ans.
Que faire en cas de contact avec une chenille processionnaire ?
L'ANSES conseille de se doucher, de bien se rincer et de changer de vêtements, sans frotter. Détresse respiratoire ou malaise : appelez le 15 ou le 112 (114 pour les personnes sourdes ou malentendantes). Poils dans l'œil : ophtalmologue rapidement. Autres symptômes : centre antipoison ou médecin.
Que faire si mon chien a touché une chenille processionnaire ?
Consultez rapidement un vétérinaire ou appelez un centre antipoison vétérinaire. L'ANSES cite une salivation importante comme signe d'alerte ; une chenille prise dans la gueule peut provoquer de graves réactions inflammatoires, jusqu'à la nécrose de la langue.
Qui appeler pour enlever un nid de chenilles processionnaires ?
Un professionnel équipé, jamais vous-même : l'ANSES et l'ONF le disent tous deux. Sur l'espace public, prévenez la mairie ; l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que les observations peuvent aussi être signalées sur la plateforme nationale.
Sur quels arbres trouve-t-on la chenille processionnaire ?
Celle du pin vit sur tous les pins, ainsi que sur les cèdres et quelques sapins (DSF) ; INRAE cite aussi le Douglas et le cyprès de Lambert comme hôtes possibles. Celle du chêne ne vit que sur les chênes à feuilles caduques.
Sources
- Les chenilles processionnaires : des chenilles urticantes à ne pas toucher ni approcher — ANSES
- Soyez vigilants face aux dangers des chenilles processionnaires du chêne et du pin — Office national des forêts
- Forêts - Processionnaire du pin — Ephytia, INRAE
- La processionnaire du chêne : mieux la connaître pour mieux s'en protéger (édition avril 2022) — DRAAF Nouvelle-Aquitaine, Département de la santé des forêts
- Chenilles processionnaires : ressources clés pour les communes — ARS Auvergne-Rhône-Alpes