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Fiche arbre
Reconnaître un cèdre : Atlas, Liban et Himalaya
Des aiguilles raides groupées en rosettes sur de courts rameaux, des cônes dressés comme des tonnelets sur les branches : c'est un cèdre. Le port, la flèche et la taille des cônes disent lequel.

En bref
Pour reconnaître un cèdre, cherchez des aiguilles raides et persistantes groupées en rosettes sur de courts rameaux, et des cônes dressés en tonnelet sur les branches, qui se défont sur l'arbre. Une flèche retombante et des aiguilles de 3 à 5 cm désignent le cèdre de l'Himalaya ; des étages horizontaux et des cônes de 8 à 12 cm, le cèdre du Liban ; des cônes de 5 à 8 cm, le cèdre de l'Atlas.
- Rosettes d'aiguilles persistantes et cônes dressés : cèdre. Rosettes d'aiguilles qui tombent en automne et petits cônes : mélèze.
- Le cèdre de l'Atlas est le cèdre des forêts françaises : environ 22 000 ha dans le Midi, selon le ministère de l'Agriculture (fiche 2023).
- Au Québec, le mot « cèdre » désigne d'ordinaire le thuya occidental, à feuillage en écailles : rien à voir avec les cèdres de cette fiche.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Cedrus atlantica, C. libani, C. deodara
- Famille
- Pinacées
- Type
- Conifère, persistant
- Aiguilles
- Raides, persistantes 3 à 6 ans, groupées en rosettes sur de courts rameaux (20 à 45 chez le cèdre de l'Atlas, une trentaine chez celui de l'Himalaya).
- Cônes femelles
- Dressés sur le dessus des branches, ovoïdes à en tonnelet, sans pédoncule ; ils mettent environ 17 à 18 mois à mûrir, puis leurs écailles tombent une à une et laissent l'axe du cône sur la branche.
- Cônes mâles
- Isolés, dressés, en forme de chaton, 3 à 5 cm de long.
- Cèdre de l'Atlas
- Aiguilles de 15 à 25 mm, vert foncé à très bleutées ; cônes de 5 à 8 cm ; port largement conique, flèche souple et fine. Atlas et Rif, au Maroc et en Algérie.
- Cèdre du Liban
- Aiguilles de 20 à 25 mm, vert clair à foncé, parfois bleutées ; cônes de 8 à 12 cm ; port conique puis étalé en plans horizontaux. Turquie, Liban, Syrie.
- Cèdre de l'Himalaya
- Aiguilles de 3 à 5 cm, vert bleuté, les plus longues des trois ; flèche et bout des rameaux retombants ; cônes de 7 à 10 cm. Himalaya occidental et Hindou Kouch.
- Taille
- Jusqu'à 40 m pour le Liban et l'Atlas, 50 m pour l'Himalaya ; le plus haut cèdre de l'Atlas mesuré, 43,8 m, pousse à Jurançon (2020).
- Dans l'application
- Les cèdres de l'Atlas, du Liban et de l'Himalaya font tous trois partie de la Collection de Tree Identifier.
Trois cèdres poussent dans les parcs, les jardins et les forêts de France, de Belgique et de Suisse romande : le cèdre de l'Atlas (Cedrus atlantica), le cèdre du Liban (Cedrus libani) et le cèdre de l'Himalaya (Cedrus deodara). Tous sont des Pinacées venues d'Afrique du Nord, du Proche-Orient ou d'Asie. Reconnaître le genre prend quelques secondes ; distinguer l'Atlas du Liban demande de regarder les cônes. Au Québec, le mot désigne un tout autre arbre, traité plus bas.
Reconnaître un cèdre en trois indices
1. Les rosettes d'aiguilles. Les aiguilles poussent serrées en rosettes au bout de très courts rameaux latéraux. La Gymnosperm Database, référence en ligne sur les conifères, les décrit raides, en forme d'aiguille, et persistantes 3 à 6 ans. Une rosette de cèdre de l'Atlas compte 20 à 45 aiguilles.
2. Les cônes dressés. Les cônes femelles se tiennent debout sur le dessus des branches, sans pédoncule, ovoïdes ou en forme de tonnelet. Ils mettent environ 17 à 18 mois à se développer. À maturité, leurs écailles se détachent une à une et tombent, tandis que l'axe central reste planté sur la branche comme une petite chandelle : on ramasse donc au sol plutôt des écailles qu'un cône entier.
3. Les chatons mâles. Les cônes mâles sont isolés, dressés, longs de 3 à 5 cm et ressemblent à des chatons ; ils tombent une fois leur pollen libéré.
Rosettes persistantes et cônes dressés : aucun autre arbre courant ne réunit les deux. Si les cônes sont hors de portée, une photo d'un rameau ou de la silhouette suffit souvent à Tree Identifier pour proposer un nom ; les trois cèdres sont dans la Collection de l'application. Celle-ci n'affiche pas de liste de sosies : pour l'Atlas et le Liban, vérifiez ensuite les cônes avec le tableau ci-dessous.
Cèdre de l'Atlas, du Liban ou de l'Himalaya
| Critère | Cèdre de l'Atlas | Cèdre du Liban | Cèdre de l'Himalaya |
|---|---|---|---|
| Aiguilles | 15–25 mm, vert foncé à très bleutées | 20–25 mm, vert clair à foncé, parfois bleutées | 3–5 cm, vert bleuté, une trentaine par rosette |
| Flèche, bout des rameaux | Flèche souple et fine | — | Retombante |
| Port adulte | Largement conique, souvent aplati ou irrégulier chez les vieux arbres | Conique, puis étalé en plans horizontaux | Rameaux pendants au bout, arrondi chez les vieux arbres |
| Cônes femelles | 5–8 cm | 8–12 cm (parfois 5) | 7–10 cm, bleutés jeunes |
| Cônes mâles | 3–4 cm | Jusqu'à 5 cm | — |
| Aire d'origine | Atlas et Rif (Maroc, Algérie), 1 370–2 200 m | Taurus (Turquie), mont Liban, Syrie | Himalaya occidental, Hindou Kouch, 1 100–3 000 m |
Sources : fiches de la Gymnosperm Database pour Cedrus atlantica, Cedrus libani et Cedrus deodara, lues le 21 octobre 2026.
Commencez par l'Himalaya. C'est le plus facile : une flèche qui penche comme une canne et des rameaux qui pendent au bout, avec des aiguilles nettement plus longues que celles des deux autres.
Puis départagez l'Atlas et le Liban. La Gymnosperm Database prévient que les deux sont extrêmement semblables et que tous leurs caractères courants se recoupent, même si les analyses génétiques les séparent nettement ; certains auteurs en ont fait deux variétés d'une même espèce. La différence la plus utile est la taille des cônes : jusqu'à 8 cm pour l'Atlas, 8 à 12 cm pour le Liban. Le port aide sur un arbre isolé et âgé : les grands plateaux horizontaux superposés sont typiques du cèdre du Liban. La couleur, elle, ne tranche pas : un « cèdre bleu » peut être un Atlas comme un Liban.
Les cèdres en France
Le cèdre de l'Atlas, cèdre des forêts. Selon la fiche essence du ministère de l'Agriculture (version du 20 mars 2023), il a été introduit en France dès le milieu du XIXe siècle dans les basses et moyennes montagnes du Midi, surtout en Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, souvent pour reboiser des forêts sinistrées. Il y est l'essence prépondérante sur environ 22 000 hectares et représente 3,5 millions de m³ de bois sur pied (données IGN 2017-2021). En région méditerranéenne, la fiche le situe de préférence entre 600 et 1 200 m selon le versant. La Gymnosperm Database signale que le plus haut cèdre de l'Atlas mesuré avec précision, 43,8 m, pousse à Jurançon, dans les Pyrénées-Atlantiques (2020), et qu'un arbre de 45,6 m à Lourdes a été abattu en 2017.
Le cèdre du Liban, peu planté en forêt. La fiche du ministère sur le cèdre du Liban (version du 14 avril 2020) date son introduction en France de 1733. Son usage forestier y reste faible : moins de 5 000 plants vendus en 2018, en petites surfaces de provenance turque. Plus résistant à la sécheresse que le cèdre de l'Atlas, il craint davantage les gelées de printemps.
Le cèdre de l'Himalaya, cèdre d'ornement. Hors de son aire d'origine, la Gymnosperm Database le décrit surtout comme arbre d'ornement, de 25 à 45 m, reconnaissable à ses rameaux pendants. Pour situer les cèdres parmi les autres conifères, voyez reconnaître les conifères.
Au Québec, le « cèdre » est un thuya
Au Québec, le mot « cèdre » désigne d'ordinaire le thuya occidental (Thuja occidentalis), un conifère de la famille des cyprès. La Gymnosperm Database lui donne d'ailleurs les noms français de « thuier cèdre » et de « cèdre-thuya occidental ». Il n'a pas d'aiguilles en rosettes : ses feuilles sont de petites écailles de 1 à 4 mm, sur des rameaux aplatis en éventails, et ses cônes ne dépassent pas 14 mm. La même source le signale au Québec jusqu'à environ 50° de latitude nord, avec des arbres d'au moins 802 ans au lac Duparquet. Pour l'identifier, voyez la fiche thuya occidental et le guide identifier les arbres du Québec.
Le cèdre et le mélèze
Le seul autre arbre courant à aiguilles en rosettes est le mélèze. D'après la Gymnosperm Database, le mélèze d'Europe porte 30 à 40 aiguilles de 2,5 à 3,5 cm par rosette, mais il est caduc : ses aiguilles jaunissent et tombent en automne. Ses cônes ovoïdes, de 2,5 à 4 cm, sur un court pédoncule recourbé, restent entiers. En hiver, un conifère dénudé est donc un mélèze ; un arbre resté vert, aux aiguilles en rosettes, un cèdre. Voyez la fiche mélèze.
Si vous voulez retrouver un beau cèdre pour photographier ses cônes à l'automne, la carte de Tree Identifier garde chaque identification avec sa position.
Espèces proches et comment les distinguer
Mélèze d'Europe (Larix decidua)
Ses aiguilles sont aussi en rosettes (30 à 40, de 2,5 à 3,5 cm), mais elles jaunissent et tombent en automne, et ses cônes ovoïdes de 2,5 à 4 cm restent entiers, sur un court pédoncule recourbé (Gymnosperm Database).
Thuya occidental, le « cèdre » du Québec (Thuja occidentalis)
Pas d'aiguilles : des feuilles en écailles de 1 à 4 mm, sur des rameaux aplatis en éventails, et de petits cônes de 9 à 14 mm. C'est une Cupressacée, pas un vrai cèdre.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Le cèdre de l'Atlas et le cèdre du Liban sont si proches que leurs caractères se recoupent (Gymnosperm Database) ; sans cônes mûrs, l'espèce d'un cèdre de parc reste parfois incertaine, et certains auteurs n'en font qu'une espèce.
- Les cultivars de jardin, comme les formes bleutées du cèdre de l'Atlas, brouillent la couleur et parfois le port, les premiers indices qu'on regarde de loin.
- Les cônes poussent sur le dessus des branches hautes : une photo prise du sol avec un zoom, ou un cône tombé, aide plus qu'un rameau bas.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un cèdre de l'Atlas ?
Par élimination et par les cônes : flèche non retombante, aiguilles courtes de 15 à 25 mm en rosettes de 20 à 45, cônes de 5 à 8 cm. Le cèdre du Liban a des cônes plus grands, 8 à 12 cm, et des branches étalées en plans horizontaux. La couleur, verte ou bleutée, ne tranche pas.
Comment reconnaître un cèdre du Liban ?
Au port d'abord : conique jeune, il s'étale ensuite, ses branches secondaires disposées en plans horizontaux. Puis aux cônes, de 8 à 12 cm, plus grands que ceux du cèdre de l'Atlas. La Gymnosperm Database rappelle que les deux espèces se ressemblent énormément : en l'absence de cônes, restez prudent.
Un cèdre bleu est-il un cèdre de l'Atlas ?
Pas forcément. Le feuillage du cèdre de l'Atlas va du vert foncé au très bleuté, et ses cultivars glauques sont très prisés en ornement, mais le cèdre du Liban est lui aussi parfois bleuté, et celui de l'Himalaya est vert bleuté. Vérifiez la flèche et la taille des cônes.
Quelle différence entre un cèdre et un mélèze ?
Les deux portent leurs aiguilles en rosettes sur de courts rameaux. Le mélèze les perd en automne après les avoir vues jaunir ; le cèdre les garde 3 à 6 ans. Les cônes du mélèze, de 2,5 à 4 cm, restent entiers ; ceux du cèdre, en tonnelet et plus gros, se défont sur la branche.
Sources
- Cedrus atlantica Manetti, Cèdre de l'Atlas (fiche essence, version du 20/03/2023) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Cedrus libani A. Richard, Cèdre du Liban (fiche essence, version du 14/04/2020) — Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
- Cedrus (genre) — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)
- Cedrus atlantica — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)
- Cedrus libani — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)
- Cedrus deodara — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)
- Thuja occidentalis — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)
- Larix decidua — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)