Fiche arbre
Reconnaître un houx : feuilles, baies et sexe du pied
Des feuilles persistantes, coriaces et luisantes, piquantes en bas de l'arbre et souvent lisses en haut, et des baies rouges en hiver sur les seuls pieds femelles : c'est le houx.

En bref
Pour reconnaître un houx, regardez d'abord les feuilles : persistantes, coriaces, vert sombre luisant dessus, alternes sur le rameau, et bordées de pointes piquantes jusqu'à hauteur d'homme, alors que celles du sommet sont souvent entières. Vérifiez ensuite les baies rouge corail de la taille d'un pois, mûres en septembre-octobre, qui n'apparaissent que sur les pieds femelles. Le rameau, lui, ne porte aucune épine.
- Feuilles persistantes piquantes et alternes : houx. Les mêmes feuilles opposées deux par deux : osmanthe, le « faux houx » des jardins.
- Un houx sans baies n'est pas forcément malade : c'est souvent un pied mâle. Les fleurs de mai-juin disent le sexe du pied.
- Feuilles et baies sont toxiques par ingestion : ne mangez jamais de baies de houx et gardez-les hors de portée des enfants et des animaux.
Les critères en un coup d'œil
- Nom scientifique
- Ilex aquifolium
- Famille
- Aquifoliacées
- Type
- Feuillu, persistant
- Feuilles
- Persistantes, alternes, coriaces et glabres, vert sombre luisant dessus, vert pâle mat dessous, à pétiole court ; limbe plus ou moins ondulé (IRSNB).
- Piquants
- Jusqu'à hauteur d'homme, feuilles lobées bordées de pointes piquantes ; plus haut, de moins en moins de piquants, et les feuilles du sommet sont entières. Les vieux arbres portent surtout des feuilles lisses (Woodland Trust).
- Rameaux
- Aucune épine sur le bois : le houx pique par ses feuilles seulement (Guide des essences de Paris : « Présence d'épines : Non »).
- Fleurs
- Petites, blanches, à 4 pétales, groupées à l'aisselle des feuilles, en mai-juin ; un même pied ne porte en pratique que des fleurs mâles ou que des fleurs femelles.
- Baies
- Drupes charnues rouge corail, de la taille d’un pois, à 1 à 4 noyaux, mûres en septembre-octobre et souvent restées sur l'arbre l'hiver, sur les pieds femelles seulement. Toxiques : ne jamais les manger.
- Écorce
- Mince et lisse, grise, piquetée de petites verrues brunes (Woodland Trust) ; le Guide des essences de Paris la décrit grise et crevassée sur les sujets âgés.
- Taille
- Souvent un arbuste buissonnant ; en arbre, jusqu'à 15 m de haut pour environ 5 m de large (Woodland Trust, Guide des essences de Paris). Croissance lente, jusqu'à 300 ans.
- Où le voir
- Indigène en Europe, en Afrique du Nord et en Asie occidentale ; sous-bois de chênes et de hêtres, haies ; à Paris, surtout dans les cimetières (Guide des essences de Paris).
Le houx est l'un des rares feuillus de nos bois à rester vert tout l'hiver, avec des feuilles qui piquent et, sur certains pieds seulement, des baies rouges. Trois vérifications suffisent presque toujours : la feuille, sa disposition sur le rameau et la présence ou non de baies. Cette fiche vous les donne dans l'ordre, puis vous apprend à lire le sexe d'un pied.
Les trois critères à vérifier
1. Une feuille persistante, coriace et luisante. D'après le carnet de l'IRSNB Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France (L. Debot, 2003), les feuilles du houx sont alternes, coriaces et glabres, d'un vert sombre luisant dessus et d'un vert pâle mat dessous, avec un limbe plus ou moins ondulé. Elles restent sur l'arbre toute l'année.
2. Des piquants surtout en bas. Le même carnet décrit un phénomène que les botanistes appellent hétérophyllie : jusqu'à hauteur d'homme, les feuilles sont lobées et bordées de pointes piquantes ; plus haut, elles en portent de moins en moins, et celles du sommet sont entières. Le Woodland Trust ajoute que les vieux arbres ont surtout des feuilles lisses. Un grand houx peut donc sembler « sans piquants » si vous ne regardez que le haut : cherchez les feuilles des branches basses ou des rejets au pied.
3. Des baies rouges sur un rameau sans épines. Les baies, rouge corail et de la taille d'un pois, mûrissent en septembre-octobre et restent souvent sur l'arbre en hiver. Le rameau, lui, ne pique pas : la fiche houx du Guide des essences de Paris note « Présence d'épines : Non ». C'est ce qui le sépare des arbres réellement épineux du guide arbres à épines.
Si ces trois points concordent, vous êtes devant un houx commun (Ilex aquifolium). Pour une feuille panachée de jaune ou de blanc, il s'agit très probablement d'une variété horticole : le Guide des essences de Paris en cite plusieurs plantées dans la capitale, dont 'Argentea Marginata', 'Aurea Marginata' et 'Ferox'.
Houx mâle ou houx femelle
Le houx est dioïque en pratique : selon l'IRSNB, ses fleurs sont à l'origine complètes, mais les étamines ou le pistil avortent dans toutes les fleurs d'un même pied. Chaque arbre est donc mâle ou femelle, et seuls les pieds femelles portent des baies. C'est la réponse à la question la plus fréquente : un houx sans baies, à côté d'un autre couvert de fruits, est le plus souvent un mâle, pas une autre espèce ni un arbre malade.
À la floraison, en mai-juin. Approchez-vous des petites fleurs blanches à quatre pétales, groupées à l'aisselle des feuilles. Le Washington State Noxious Weed Control Board décrit les fleurs mâles avec quatre anthères au centre ; une fleur femelle montre à la place un petit ovaire vert et arrondi, l'ébauche de la future baie.
Le reste de l'année. Des baies, ou les restes de baies de l'hiver précédent, désignent un pied femelle. Une absence de baies ne prouve rien : un pied femelle trop éloigné d'un mâle n'est pas pollinisé et reste vide. Le Woodland Trust rappelle que la pollinisation se fait par les insectes.
Pour retrouver un pied et revenir voir ses fleurs au printemps, la carte de Tree Identifier garde chaque identification avec sa position.
Les confusions courantes
L'osmanthe à feuilles de houx, planté en haie, a des feuilles piquantes presque identiques. Le critère est sans appel : d'après la fiche NC State Extension, ses feuilles sont opposées, alors que celles du vrai houx sont alternes. Il fleurit en fin d'automne, avec un parfum puissant, et ses rares fruits sont bleu-noir.
Le mahonia à feuilles de houx, arbuste de parcs, porte des folioles piquantes sur une feuille composée. L'IRSNB le décrit moins coriace et moins épineux que le houx, avec des bouquets de fleurs jaunes. Le Washington State Noxious Weed Control Board ajoute un détail utile : les piquants du houx pointent alternativement vers le haut et vers le bas, ceux du mahonia vers l'extérieur ou vers le haut, et ses baies sont bleu-noir.
L'if est l'autre persistant à fruits rouges de l'hiver, mais il porte des aiguilles plates sur deux rangs. Les deux arbres sont comparés dans le guide arbre à baies rouges et sur la fiche if. Pour les fruits noirs qu'on croise au même endroit, voyez le guide arbre à baies noires.
Une photo prise avec Tree Identifier donne le nom commun et le nom scientifique ; l'outil Toxicologie ajoute des notes, rédigées par l'IA, sur les risques pour les personnes, les chiens et les chats. Pour l'osmanthe, une deuxième photo du rameau entier montre la disposition des feuilles, le critère qui tranche.
Toxicité et cueillette
Ne mangez jamais de baies de houx. La fiche du Guide des essences de Paris classe les feuilles et les fruits parmi les parties toxiques par ingestion. Un article de La Revue du Praticien (décembre 2022), qui s'appuie sur une publication de l'Anses du 15 décembre 2020, rapporte que les centres antipoison reçoivent chaque année 60 à 80 appels pour des enfants de moins de 15 ans ayant mis des baies de houx à la bouche, dont près de 40 % en décembre-janvier. Les baies causent la majorité des cas ; feuilles et baies sont aussi toxiques pour les chiens et les chats. En cas d'ingestion, nettoyez la bouche avec un linge humide, ne donnez pas à boire, appelez un centre antipoison et gardez une photo de la plante.
La cueillette peut être encadrée. Le houx figure sur la liste de l'arrêté du 13 octobre 1989, qui permet aux préfets d'interdire ou de réglementer la cueillette et la vente de certaines plantes sauvages dans leur département. Les règles varient d'un département à l'autre : avant de couper des branches en forêt pour Noël, consultez la préfecture.
Un arbre utile à la faune. Le Guide des essences de Paris souligne que ses fruits nourrissent les oiseaux et les petits mammifères en hiver et que son feuillage dense leur sert d'abri. En hiver, quand presque tous les feuillus sont nus, le houx est d'ailleurs l'un des repères les plus faciles du guide reconnaître les arbres en hiver.
Espèces proches et comment les distinguer
Osmanthe à feuilles de houx (Osmanthus heterophyllus)
Ses feuilles piquantes sont opposées, deux par deux face à face sur le rameau ; celles du houx sont alternes. Il fleurit en fin d'automne, avec un parfum fort, et ses fruits sont bleu-noir (NC State Extension).
Mahonia à feuilles de houx (Mahonia aquifolium)
Ses folioles piquantes sont rangées sur une feuille composée, moins coriace ; il porte des grappes de fleurs jaunes au printemps puis des baies bleu-noir (IRSNB, Washington State Noxious Weed Control Board).
If (Taxus baccata)
Autre persistant à fruits rouges en hiver, mais avec des aiguilles plates sur deux rangs, pas de larges feuilles piquantes, et un fruit rouge ouvert en coupe autour d'une graine. Toxique lui aussi : ne jamais le manger.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Les variétés horticoles (feuilles panachées, bord jaune ou blanc, feuilles presque sans piquants) brouillent les critères : une photo du rameau entier, avec la disposition des feuilles, aide plus qu'un gros plan d'une seule feuille.
- Le sexe d'un pied sans baies ne se lit sûrement qu'à la floraison de mai-juin, en regardant le cœur des fleurs de près : une photo prise en hiver ne peut pas le dire.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un houx mâle et un houx femelle ?
En mai-juin, regardez le cœur des petites fleurs blanches : une fleur femelle porte au centre un ovaire vert arrondi, une fleur mâle quatre étamines à anthères jaunes. En hiver, seuls les pieds femelles portent des baies. Un pied femelle isolé, sans mâle à proximité, peut rester sans baies.
Le houx est-il un arbre ou un arbuste ?
Les deux. Il pousse le plus souvent en arbuste buissonnant dans les haies et les sous-bois, mais, laissé libre, il forme un petit arbre conique qui peut atteindre 15 m selon le Woodland Trust et le Guide des essences de Paris.
Pourquoi les feuilles du haut du houx ne piquent-elles pas ?
C'est l'hétérophyllie : selon l'IRSNB, les feuilles sont piquantes jusqu'à hauteur d'homme, puis de moins en moins, et celles du sommet sont entières. Les biologistes y voient une défense contre les herbivores, limitée à la partie de la plante qu'ils peuvent brouter.
Le houx est-il une espèce protégée en France ?
Il n'est pas protégé partout, mais il figure sur la liste nationale du 13 octobre 1989 des plantes sauvages dont les préfets peuvent réglementer la cueillette. Certains départements l'encadrent : renseignez-vous auprès de la préfecture avant de couper des rameaux en forêt.
Les baies de houx sont-elles toxiques ?
Oui. Le Guide des essences de Paris indique feuilles et fruits toxiques par ingestion, et les baies causent la majorité des intoxications d'enfants. Ne les mangez jamais. En cas d'ingestion, appelez un centre antipoison et gardez une photo de la plante.
Sources
- Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France (L. Debot, 2003) — Institut royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB)
- Ilex aquifolium, Houx (fiche du Guide des essences de Paris) — Ville de Paris, Paris Data
- Holly (Ilex aquifolium) — Woodland Trust
- Un enfant a ingéré des baies de houx, est-ce grave ? — La Revue du Praticien
- Arrêté du 13/10/89 relatif à la liste des espèces végétales sauvages pouvant faire l'objet d'une réglementation préfectorale permanente ou temporaire — AIDA (INERIS)
- Osmanthus heterophyllus (False Holly) — NC State Extension Gardener Plant Toolbox
- English holly (Ilex aquifolium) — Washington State Noxious Weed Control Board