Fiche arbre

Reconnaître un ginkgo, l'arbre aux quarante écus

Une feuille en éventail sans nervure centrale, des bouquets de feuilles sur de courts rameaux, un or uniforme en automne : aucun autre arbre de nos villes ne lui ressemble.

Illustration de deux rameaux de ginkgo aux feuilles en éventail, l'un femelle avec deux graines orangées, l'autre mâle avec des chatons de pollen, d'une feuille jaune d'automne et d'un morceau d'écorce grise sillonnée
Illustration (générée par IA, à titre indicatif)

En bref

Pour reconnaître un ginkgo, regardez la feuille : un éventail de 5 à 8 cm sur un long pétiole, souvent échancré au milieu en deux lobes, aux nervures qui rayonnent sans nervure centrale. Les feuilles poussent en bouquets de 3 à 5 sur de courts rameaux et virent au jaune d'or avant de tomber, souvent en quelques jours. Un pied femelle porte des graines charnues orangées à l'odeur forte.

  • Feuille en éventail à nervures rayonnantes, groupée par 3 à 5 sur de courts rameaux : ginkgo, sans hésitation possible.
  • Seuls les pieds femelles portent des graines, à l'odeur très désagréable une fois mûres ; la plupart des ginkgos plantés en ville sont des mâles.
  • Les graines sont classées toxiques par le Guide des essences de Paris : ne les ramassez pas pour les manger.

Les critères en un coup d'œil

Nom scientifique
Ginkgo biloba
Famille
Ginkgoacées
Type
Feuillu, caduc
Feuilles
En éventail, 5 à 8 cm de long, sur un long pétiole, souvent échancrées en deux lobes (d'où biloba) ; nervures fines qui rayonnent depuis la base, sans nervure centrale.
Disposition
Alternes sur les longues pousses, mais surtout en bouquets de 3 à 5 au bout de courts rameaux trapus, les rameaux courts.
Automne
Jaune d'or uniforme, puis chute rapide : les feuilles tombent souvent presque toutes en quelques jours et forment un tapis doré au pied de l'arbre.
Mâle ou femelle
Espèce dioïque. Au printemps, le mâle porte des chatons jaune-vert pendants ; la femelle, de petits pédoncules terminés par deux ovules. Seule la femelle donne des graines.
Graines
Charnues, de la taille d'une prune (environ 2,5 cm), vertes puis jaune orangé, à odeur forte et désagréable une fois mûres. Classées toxiques : ne jamais les manger.
Écorce
Gris-brun, creusée de sillons profonds verticaux avec l'âge (Guide des essences de Paris).
Taille et port
Jusqu'à 30 m de haut et 15 m de large selon le Guide des essences de Paris ; port conique dans la jeunesse, branches étalées avec l'âge. Croissance lente, longévité de plus de 1 000 ans.
Dans l'application
Ginkgo biloba fait partie de la Collection de Tree Identifier, le catalogue de 138 espèces qui se remplit à mesure que vous identifiez des arbres.

Le ginkgo est sans doute l'arbre le plus facile à reconnaître de nos villes, à condition de regarder une feuille de près. Il reste pourtant une question que la feuille ne règle pas : savoir si un pied est mâle ou femelle, ce qui change tout pour l'odeur à l'automne. Cette fiche donne d'abord les trois critères d'identification, puis la méthode pour lire le sexe d'un ginkgo.

Les trois critères qui suffisent

1. La feuille en éventail. La fiche du Muséum national d'Histoire naturelle décrit des feuilles en éventail, de 5 à 8 cm, portées par de longs pétioles, et rappelle que le nom biloba renvoie à leurs deux lobes. Regardez les nervures : elles rayonnent toutes depuis la base, sans nervure centrale, comme les baleines d'un éventail. Aucune feuille de feuillu européen n'a ce dessin. L'échancrure du milieu est plus ou moins marquée ; Oregon State University note qu'elle est plus profonde, parfois découpée, sur les feuilles du bout des pousses.

2. Les bouquets sur rameaux courts. Le ginkgo porte la plupart de ses feuilles en bouquets de 3 à 5 au bout de petits rameaux trapus, et seulement quelques feuilles isolées, alternes, le long des longues pousses. L'Arboretum Morton décrit les deux types de pousses. Sur une branche, ces courts rameaux ressemblent à de petits moignons ridés : en hiver, ils suffisent à reconnaître un ginkgo sans feuilles.

3. L'or de l'automne, puis la chute. Les feuilles virent à un jaune d'or uniforme. Oregon State University note que l'arbre perd souvent l'essentiel de ses feuilles en très peu de temps, parfois en une nuit, et laisse un tapis jaune au pied du tronc s'il n'y a pas de vent. Le Guide des essences de Paris décrit un arbre de 30 m au port conique, aux branches qui s'étalent avec l'âge, et une écorce creusée de sillons profonds verticaux. D'autres arbres jaunissent en même temps : voyez le guide arbre à feuilles jaunes en automne.

Si la feuille est en éventail à nervures rayonnantes, ces trois critères concordent presque toujours. Pour comparer avec les feuilles des autres arbres, voyez le guide reconnaître un arbre à ses feuilles.

Ginkgo mâle ou ginkgo femelle

Le ginkgo est dioïque : le MNHN précise qu'un individu est soit mâle, soit femelle. Seule la femelle produit des graines, et c'est d'elles que vient la mauvaise odeur.

Au printemps. Le mâle porte des chatons jaune-vert pendants, remplis de pollen. La femelle porte de petits pédoncules terminés par deux ovules, selon la description d'Oregon State University. Les deux sont discrets : cherchez-les au moment où les feuilles sortent, au milieu des bouquets.

En automne. Une femelle adulte porte des graines charnues, de la taille d'une petite prune, vertes puis jaune orangé. Une fois mûres, elles tombent et dégagent une odeur que le MNHN qualifie de puissante et fortement désagréable. Pas de graines et aucune odeur : c'est probablement un mâle, ou une femelle encore trop jeune.

Les autres indices. Le MNHN note que les mâles ont parfois un port pyramidal plus élancé. La page des arbres remarquables du Jardin des Plantes ajoute que mâles et femelles ne perdent pas leurs feuilles en même temps, à environ 15 jours d'écart. Ces deux indices ne valent que pour comparer deux arbres voisins.

En ville, surtout des mâles. La fiche parisienne conseille d'éviter de planter des femelles, à cause de l'odeur et des fruits qui peuvent causer des dommages, et cite les variétés 'Fastigiata', 'Princeton Sentry' et 'Saratoga' comme les plus utilisées à Paris. Un ginkgo d'alignement a donc de bonnes chances d'être mâle.

Une photo de feuille prise avec Tree Identifier donne le nom du ginkgo ; pour une question plus précise, comme le sexe d'un arbre que vous avez photographié en fleurs, le chat sous le résultat permet de la poser.

L'arbre aux quarante écus en France

L'origine du nom. Selon la page ginkgo du Jardin des Plantes de Paris, des graines atteignent les Pays-Bas vers le milieu du XVIIe siècle. En 1780, M. de Pétigny rapporte de Londres cinq jeunes ginkgos, payés quarante écus le pied : le surnom vient de ce prix, pas de l'or de l'automne. Thouin en reçoit un, le garde en pot sous verre, puis le plante en 1792 près de la rue Buffon.

La première femelle. Tous les ginkgos d'Europe étaient des mâles jusqu'à la découverte d'une femelle près de Genève en 1814. Les botanistes ont alors greffé des rameaux femelles sur des mâles pour obtenir des graines fertiles. Au Jardin des Plantes, un vieux mâle porte une branche femelle greffée en 1838 à partir d'une greffe de 1830 du jardin botanique de Montpellier ; elle fructifie en abondance, dans la cour arrière de la Galerie de Paléontologie et d'Anatomie comparée.

Un survivant. Le MNHN rapporte qu'à Hiroshima, un ginkgo situé à environ un kilomètre de l'épicentre, près d'un temple détruit, a été la première plante à bourgeonner au printemps qui a suivi le bombardement du 6 août 1945. L'espèce est rare, voire éteinte, à l'état sauvage, et doit sa survie à sa culture près des temples chinois.

Ginkgo, conifère et mélèze

Le ginkgo n'est pas un conifère. Le MNHN le classe parmi les gymnospermes, comme les pins et les sapins, mais dans sa propre famille, les Ginkgoacées, dernier représentant d'une lignée apparue il y a plus de 270 millions d'années. Il n'a ni aiguilles ni cônes : ses graines sont nues, simplement entourées d'une enveloppe charnue.

Le seul arbre courant qui partage deux de ses traits est le mélèze : feuilles en bouquets sur de courts rameaux et chute en automne après un jaunissement. La Gymnosperm Database décrit chez le mélèze d'Europe des bouquets de 30 à 40 aiguilles de 2,5 à 3,5 cm et des cônes de 2,5 à 4 cm : rien à voir avec un éventail. Voyez la fiche mélèze et le guide reconnaître les conifères.

En hiver, cherchez les courts rameaux trapus et, au pied d'une femelle, les restes de graines : le guide reconnaître les arbres en hiver donne la méthode pour les autres arbres nus. La carte de Tree Identifier garde la position de chaque arbre identifié, utile pour revenir voir les fleurs d'un ginkgo au printemps.

Espèces proches et comment les distinguer

Mélèze d'Europe (Larix decidua)

Lui aussi porte ses feuilles en bouquets sur de courts rameaux et jaunit avant de les perdre en automne, mais ce sont des aiguilles de 2,5 à 3,5 cm, groupées par 30 à 40, et il porte de petits cônes de 2,5 à 4 cm (Gymnosperm Database).

Ce qu'une photo ne permet pas de trancher

  • Hors floraison et sans graines, un jeune ginkgo ne dit pas son sexe : une photo d'été ne permet pas de savoir s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle encore trop jeune pour produire.
  • Les variétés colonnaires plantées en ville ('Fastigiata', 'Princeton Sentry', 'Blagon') ont un port très différent du type : fiez-vous à la feuille, pas à la silhouette.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un ginkgo mâle ou femelle ?

Au printemps, le mâle porte des chatons jaune-vert pendants, la femelle de petits pédoncules à deux ovules ; en automne, seule la femelle a des graines orangées malodorantes. Le MNHN note que les mâles ont parfois un port pyramidal plus élancé, un indice faible à lui seul.

Pourquoi l'appelle-t-on l'arbre aux quarante écus ?

Selon le Jardin des Plantes de Paris, M. de Pétigny rapporta en 1780 cinq jeunes ginkgos de Londres, payés quarante écus le pied. Le nom vient de ce prix, et non de la couleur dorée des feuilles en automne.

Le ginkgo est-il un conifère ?

Non. C'est une gymnosperme, comme les conifères, mais il forme sa propre famille, les Ginkgoacées, dernier représentant d'une lignée apparue il y a plus de 270 millions d'années selon le MNHN. Ses larges feuilles en éventail n'ont rien d'une aiguille.

Pourquoi un ginkgo sent-il mauvais en automne ?

Ce sont les graines des pieds femelles : leur enveloppe charnue dégage une odeur que le MNHN qualifie de puissante et fortement désagréable une fois mûre. Un ginkgo mâle ne sent rien. C'est pourquoi les villes, dont Paris, plantent de préférence des mâles.

Les fruits du ginkgo sont-ils toxiques ?

Le Guide des essences de Paris les classe comme fruits toxiques, et NC State signale une irritation de la peau au contact de la pulpe. Ne ramassez pas les graines pour les manger et lavez-vous les mains si vous en avez manipulé.

Sources

  1. Ginkgo biloba — Muséum national d'Histoire naturelle
  2. Ginkgo biloba — Jardin des Plantes de Paris (MNHN)
  3. Les arbres remarquables du Jardin des Plantes — Jardin des Plantes de Paris (MNHN)
  4. Ginkgo biloba, Arbre aux quarante écus (fiche du Guide des essences de Paris) — Ville de Paris, Paris Data
  5. Ginkgo biloba — Oregon State University, Landscape Plants
  6. Ginkgo — The Morton Arboretum
  7. Ginkgo biloba (Ginkgo, Maidenhair Tree) — NC State Extension Gardener Plant Toolbox
  8. Larix decidua — The Gymnosperm Database (C. J. Earle)

Mis à jour le · Rédigé par l'équipe Tree Identifier · Notre méthode de rédaction

Publié le

Cette page donne des informations générales pour reconnaître les arbres. Ne décidez jamais d'après une page ou une application si une plante est comestible, sans danger au toucher ou pour les animaux : demandez à un spécialiste local.