En famille et en classe
Reconnaître les arbres avec des enfants
Un guide pour les parents, les animateurs et les enseignants, avec des étapes courtes qu'un enfant peut suivre, des jeux et les règles de sécurité.

En bref
Pour reconnaître les arbres avec des enfants, donnez-leur une routine courte, menée par un adulte : la forme de l'arbre, puis aiguilles ou feuilles, feuille simple ou composée, bord lisse ou denté, lobes ou non, enfin l'écorce et ce qui tombe au sol. Un bingo de 16 arbres communs rend le jeu concret. Un adulte vérifie chaque plante avant qu'on la touche, et rien ne va à la bouche.
- Sécurité d'abord : un adulte vérifie une plante avant que l'enfant la touche, et feuilles, fruits et graines ne vont jamais à la bouche.
- L'Anses cite le marron d'Inde confondu avec la châtaigne parmi les confusions entre plantes toxiques et comestibles.
- Le bingo botanique de Tela Botanica (2025) propose 16 arbres communs en France à trouver et à cocher.
Les enfants apprennent les arbres comme les adultes : en regardant quelques indices, toujours dans le même ordre. Ce guide s'adresse aux parents, aux animateurs et aux enseignants, en France, en Belgique, en Suisse romande et au Québec. Chaque étape est assez courte pour un enfant ; le rôle de l'adulte est de garder tout le monde en sécurité, de poser la question suivante et d'aider à mettre un nom sur les indices.
Les règles de sécurité avant la première sortie
Lisez-les à voix haute avant de partir, et répétez-les devant le premier arbre.
- Un adulte vérifie avant qu'on touche. Les enfants peuvent regarder tout ce qu'ils veulent de près, mais les mains attendent le feu vert d'un adulte.
- Rien ne va à la bouche. Ni feuille, ni baie, ni noix, ni graine, ni fleur, même si cela ressemble à quelque chose qui se mange. Ne mangez jamais une baie, une noix ou une graine sur la foi d'une page web ou d'une application ; vérifiez auprès d'un connaisseur local. L'Anses, dans sa page sur la confusion entre plantes toxiques et plantes comestibles, cite notamment le marron d'Inde confondu avec la châtaigne et la belladone confondue avec du raisin, et précise que les enfants de moins de six ans font partie des personnes touchées.
- En cas d'ingestion, on appelle. L'Association des centres antipoison demande d'appeler un centre antipoison sans attendre les symptômes, de ne pas faire boire et de ne pas faire vomir, et d'appeler le SAMU (15) si la personne ne respire pas ou n'est pas consciente. L'Anses conseille aussi de photographier ce qui a été cueilli, pour faciliter l'identification.
- Au Québec, l'herbe à puce d'abord. C'est la plante à apprendre en premier en sortie. L'extension de l'université de l'Illinois rappelle, dans son guide sur l'herbe à puce (poison ivy), que chaque feuille est composée de 3 folioles, que la plante peut être un petit arbuste ou une liane qui grimpe aux troncs, et que son huile, l'urushiol, peut provoquer une éruption qui démange ; le plus simple est d'éviter tout ce qui ressemble à des feuilles en trois.
- On demande avant de cueillir. Une feuille, pas une branche, et seulement là où c'est permis.
Étape par étape : comment un enfant reconnaît un arbre
Reprenez les mêmes six questions sur chaque arbre. Au bout de quelques sorties, ce sont les enfants qui les posent.
- L'arbre entier. Reculez et décrivez la forme : pointu comme un cône, rond comme une sucette, large comme un parapluie. Un seul tronc ou plusieurs ?
- Aiguilles ou feuilles. Des aiguilles fines désignent un conifère, comme le pin ou le sapin ; des feuilles plates et larges, un feuillu, comme le chêne ou l'érable.
- Simple ou composée. Suivez la queue de la feuille, le pétiole, jusqu'au rameau. Une seule lame : feuille simple. Plusieurs petites folioles sur une même queue : feuille composée. Chaque foliole ressemble à une feuille entière, ce qui fait une bonne énigme pour les plus grands.
- Le bord. Faites glisser un doigt : lisse, ou denté comme une scie ?
- Les lobes. La feuille a-t-elle des parties arrondies ou pointues qui dépassent comme des doigts ? Comptez-les.
- L'écorce et le sol. Touchez le tronc, puis cherchez sous l'arbre des glands, des cônes, des graines ailées ou des bogues, sans ramasser avant le feu vert.
Le bingo botanique de Tela Botanica résume ces indices pour les adultes : feuilles (simples ou composées, opposées ou alternes), bourgeons, fruits, écorce, port de l'arbre et milieu où il pousse. Pour la méthode complète, voyez reconnaître un arbre.
Le bingo des arbres
Un jeu donne un but à la promenade. Le bingo botanique publié par Tela Botanica en 2025, avec le soutien financier de l'Office français de la biodiversité, propose une grille de 16 cases à cocher « à votre rythme » : chêne, frêne, saule, pin, érable, bouleau, hêtre, sapin, châtaignier, aulne, tilleul, épicéa, charme, peuplier, robinier et mélèze, illustrés par les dessins de l'abbé Coste.
La fiche donne aussi des moyens mnémotechniques que les enfants retiennent vite :
- « Le charme d'Adam, c'est d'(h)être à poil » : le charme a des feuilles dentées, le hêtre des feuilles poilues à bord lisse. La page charme ou hêtre détaille la différence.
- « L'épicéa pisse en bas, le sapin se tient droit » : les cônes de l'épicéa pendent, ceux du sapin sont dressés.
Imprimez une grille par enfant ou par équipe, et fixez une règle simple : une case se coche quand l'enfant peut montrer l'indice qui l'a convaincu.
Frottis d'écorce, frottis de feuille et herbier
Un frottis transforme le tronc en dessin à emporter. Il faut du papier fin et quelques crayons de cire sans leur papier.
- Tenez la feuille de papier bien à plat contre le tronc, à hauteur de poitrine de l'enfant ; une deuxième paire de mains aide.
- Frottez avec le côté du crayon, pas avec la pointe.
- Notez la date et le nom de l'arbre, ou un surnom en attendant de le connaître.
- Recommencez sur un deuxième arbre et comparez : écorce lisse du hêtre, crevassée du chêne, qui pèle du bouleau ou du platane.
Le frottis de feuille se fait de la même façon, la feuille posée nervures vers le haut sous le papier. Pour un herbier, faites sécher des feuilles fines et plates entre des feuilles de papier journal, sous des livres lourds, dans un endroit sec, puis collez-les dans un cahier avec le nom, la date et le lieu. Ne cueillez que des feuilles d'arbres qu'un adulte a reconnus.
Une activité par saison
Un même arbre revu à chaque saison apprend plus que vingt arbres vus une fois. Choisissez un arbre près de la maison ou de l'école, et revenez le voir. Le guide de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, écrit pour son service éducatif, propose pour chaque arbre des observations saison par saison. Quelques idées tirées de ce guide et de la Ville de Paris :
- En hiver, les bourgeons. La Ville de Paris propose une chasse aux bourgeons : bourgeons écartés du rameau chez le hêtre, bourgeons opposés charbonneux sur des rameaux verts chez le frêne, bourgeons ronds à pointe, rouges ou violacés, chez le tilleul, minuscules et collés au rameau chez le bouleau. L'IRSNB décrit les très gros bourgeons brun acajou et visqueux du marronnier, posés sur une cicatrice en fer à cheval marquée de 5 à 7 points.
- Au printemps, les fleurs. Comparez les chatons d'un noisetier ou d'un bouleau avec les fleurs d'un pommier.
- En été, l'odeur. L'IRSNB propose de froisser une feuille de noyer entre les doigts : elle dégage une odeur aromatique particulière.
- En automne, les fruits au sol. Glands du chêne, faînes du hêtre, bogues du châtaignier et du marronnier. C'est le bon moment pour apprendre à séparer châtaignier et marronnier, en regardant sans goûter.
Mesurer un arbre avec un bâton
Pour les collégiens, mesurer un arbre transforme la sortie en problème de mathématiques. L'académie de Rennes publie une fiche professeur, Hauteur arbre et bâton, conçue pour le cycle 4 (4e et 3e) comme exercice d'application du théorème de Thalès : il faut un décamètre ou une ficelle, un bâton, et des groupes de 4 élèves, en rappelant que le bâton doit rester parallèle à l'arbre. Notre outil pour mesurer la hauteur d'un arbre fait le calcul à partir des mêmes mesures.
Des idées par âge
- De 3 à 6 ans. Les sens d'abord : toucher l'écorce, écouter les feuilles dans le vent, trier les feuilles tombées par couleur et par taille, faire des frottis. Un seul arbre adopté suffit.
- De 6 à 10 ans. Les six questions, le bingo et un herbier. Visez cinq ou six arbres que l'enfant sait nommer sur le chemin de l'école.
- À partir de 10 ans. Une clé de détermination avec un adulte, les feuilles simples et composées, la chasse aux bourgeons en hiver et la mesure au bâton.
Où trouve sa place une application
Tree Identifier est une application iPhone pensée pour les adultes, pas une application pour enfants, mais elle peut aider un parent ou un enseignant en sortie. Quand personne ne sait nommer un arbre, l'adulte prend une photo d'une feuille, de l'écorce ou de l'arbre entier, et Tree Identifier propose un nom avec les caractères clés de l'espèce ; il faut une connexion Internet. Quand un enfant pose une question, comme la raison pour laquelle les feuilles rougissent, l'adulte peut la taper dans la conversation sous le résultat et lire la réponse à voix haute. Laissez ensuite l'enfant vérifier sur l'arbre lui-même : aiguilles ou feuilles, bord, lobes, écorce. Une application ne décide jamais si une plante peut être touchée ou mangée ; cette décision reste à l'adulte présent.
Ce qu'une photo ne permet pas de trancher
- Aucune application ni aucune page web ne peut dire à un enfant si une plante peut être touchée ou mangée : c'est à l'adulte, sur place, de vérifier, et les fruits et graines restent hors de la bouche.
- Un jeune semis ou une seule foliole se reconnaît mal sur une photo : un jeune frêne ou un jeune érable peut tromper tant qu'on ne voit pas la feuille entière et sa disposition sur le rameau.
- Les feuilles d'ombre et celles des jeunes arbres ne ressemblent pas toujours aux dessins des guides, et la plus belle feuille d'un enfant peut ne correspondre à aucune image.
Questions fréquentes
Comment apprendre les arbres aux enfants ?
Avec une routine courte répétée sur chaque arbre : la forme générale, puis aiguilles ou feuilles, feuille simple ou composée, bord lisse ou denté, lobes, écorce et ce qui tombe au sol. Nommez un ou deux arbres par sortie, et revenez voir le même arbre à une autre saison.
Quel jeu pour reconnaître les arbres avec des enfants ?
Le bingo botanique de Tela Botanica (2025) : une grille de 16 arbres communs en France, du chêne au mélèze, à trouver et à cocher à son rythme. Il propose aussi des moyens mnémotechniques, comme celui qui sépare le charme, aux feuilles dentées, du hêtre, aux feuilles poilues à bord lisse.
Comment différencier un marronnier d'un châtaignier avec un enfant ?
Par la feuille. D'après l'IRSNB, le marronnier d'Inde a 5 à 7 folioles partant d'un même point, comme une main ; le châtaignier, une feuille simple, longue et dentée en scie. La distinction compte : l'Anses cite le marron d'Inde confondu avec la châtaigne parmi les confusions entre plantes toxiques et comestibles.
Que faire si un enfant a mangé une baie ou une graine ?
Appelez un centre antipoison sans attendre les symptômes. L'Association des centres antipoison demande de ne pas faire boire et de ne pas faire vomir, et d'appeler le SAMU (15) si la personne ne respire pas ou n'est pas consciente. Gardez un morceau de la plante ou une photo.
Existe-t-il une application de reconnaissance des arbres pour enfants ?
Tree Identifier est pensée pour les adultes, pas comme une application pour enfants. Le plus simple : l'adulte tient le téléphone, prend une photo de la feuille et lit le résultat à voix haute, puis l'enfant vérifie les indices sur l'arbre lui-même. L'enfant observe, l'adulte se charge de l'application.
Sources
- Bingo botanique : les arbres communs en France (2025) — Tela Botanica, avec le soutien de l'Office français de la biodiversité
- Confusion entre plantes toxiques et plantes comestibles — Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail)
- Accueil (que faire en cas d'intoxication) — Association des centres antipoison et de toxicovigilance
- "Leaves of three": Identifying poison ivy — University of Illinois Extension (Ryan Pankau, The Garden Scoop)
- Arbres et arbrisseaux de Belgique et du nord de la France (Louis Debot, 2003) — Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
- Et si on vous apprenait à reconnaître les arbres grâce à leurs bourgeons ? — Ville de Paris
- Hauteur arbre et bâton : fiche professeur — Académie de Rennes, site pédagogique